15-06-2003, 21:15
Suite à la lecture de la nouvelle-essai de Cédric et Semprini, j'en viens à m'interroger sur un autre sens de la quête : celui de "quête initiatique", en d'autres termes, le postulat selon lequel Frodo ne serait pas en quête (ou en anti-quête) de l'Anneau mais de lui-même, idée que semble corroborer le terme de "sanctification" finale, employé par Tolkien. Ou si vous préférez, quel résultat importe le plus à la fin de l'histoire, la destruction de l'Anneau ou la transformation de son porteur ?
Par ailleurs, une courte anecdote : la critique (pour le moins lapidaire) d'un professeur de français : "Le dernier avatar du roman initiatique moyênnageux, à grand renfort de monstres gluants, vous connaissez, c'est Le Seigneur des Anneaux". Passons sur les termes peu élogieux, cette qestion reste néanmoins : peut-on seulement qualifier le SdA de roman initiatique, où les "monstres gluants" sont des épreuves à surmonter pour chaque fois obtenir un gain de soi ? Il me semble au contraire que Frodo se perd plus qu'il ne se gagne, que le récit est celui de la disparition de la créature vivante au profit du personnage de légende, figé dans un passé révolu ; que la sanctification, c'est la disparition du soi. En cela, le SdA serait un anti-quête, mais plus précisément une anti-quête initiatique, et mettrait finalement en exergue les aspects négatifs de l'héroïsme, à cause de ses conséquences sur l'individu. Ou vous semble-t-il que dans la "sanctification" il ne faut voir qu'une élévation ?
Par ailleurs, une courte anecdote : la critique (pour le moins lapidaire) d'un professeur de français : "Le dernier avatar du roman initiatique moyênnageux, à grand renfort de monstres gluants, vous connaissez, c'est Le Seigneur des Anneaux". Passons sur les termes peu élogieux, cette qestion reste néanmoins : peut-on seulement qualifier le SdA de roman initiatique, où les "monstres gluants" sont des épreuves à surmonter pour chaque fois obtenir un gain de soi ? Il me semble au contraire que Frodo se perd plus qu'il ne se gagne, que le récit est celui de la disparition de la créature vivante au profit du personnage de légende, figé dans un passé révolu ; que la sanctification, c'est la disparition du soi. En cela, le SdA serait un anti-quête, mais plus précisément une anti-quête initiatique, et mettrait finalement en exergue les aspects négatifs de l'héroïsme, à cause de ses conséquences sur l'individu. Ou vous semble-t-il que dans la "sanctification" il ne faut voir qu'une élévation ?

