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De la crème jaune et des rayons de miel ...
#1
"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine..."
13-06-2002 13:58
C'est toi qui poses la question, Vinyamar?
pourtant c'est toi qui l'a évoqué sur ce fuseau ;-)
Si tu désires que je développe, c'est bien ce que j'ai plus ou moins l'intention de faire si j'arrive à trouver le temps de présenter le parallélisme entre Väinö et Tom; mais là, je n'ai vraiment pas le temps. Il te faudra être patient (tout comme moi, qui trépigne!)
...à bientôt j'espère

Houm houm..."trépigner",Houm humm... c'était un peu fort peut-être, Houm...puisqu'il aura fallu attendre pus d'un an pour que Hummm je m'y mette vraiment...;-)
Mais Vinyamar revenu, je lui devait bien ça.
Houm ;-))



Tom Bombadil a commencé, modestement, entre 1925 et 1934, par être le personnage d’une histoire jamais achevée qui aurait eu pour but d’amuser les enfants de Tolkien, John et Michael. Seules nous sont parvenues les premières phrases du conte qui commençait par : « Tom Bombadil était le nom d’un des plus vieux habitants du royaume »…l’amusement étant à trouver dans la description du personnage, description qui restera attachée à Tom, celle d’une poupée hollandaise qui appartenait à Michael [Carpenter, p.216]. Et si John n’aimait pas la poupée de son petit frère, Tolkien s’attache au personnage qu’elle avait permis d’engendrer visuellement.
Ainsi, Tom Bombadil réapparaît dans un poème, achevé celui-là, Les aventures de Tom Bombadil, publié pour la première fois le 13 février 1934 dans The Oxford Magazine.
Il existe un autre poème, à placer certainement autour de cette période, mais non publié à l’époque [cf. HVI, p.115-6]. Et si Les Aventures de Tom Bombadil commence par un « Old Tom Bombadil was a merry fellow » des plus programmatiques, le poème inédit du vivant de Tolkien se termine par une « chanson » de Tom sur deux strophes tout aussi porteuses d’une synthèse du personnage :

(And he sang)
« Go, boat ! Row ! The willows are a-bending,
reeds are leaning, wind is in the grasses.
Flow, stream, flow ! The ripples are unending ;
Green they gleam, and shimmer as it passes.

Run, fair Sun, through heaven all the morning,
Rolling golden ! Merry is our singing !
Cool the pools, though summer be a-burning ;
In shady glades let laughter run a-ringing ! »

[HVI, p.116]


Alors, et au moins jusqu’en 1938, Tom Bombadil représente « the spirit of the (vanishing) Oxford and Berkshire countryside » [L19, 16/12/1937].
Tolkien, à cette époque (fin 1937), suite au succès de Bilbo le Hobbit, continue d’écrire, et commence « une nouvelle histoire sur les Hobbits », le premier chapitre est déjà écrit : ‘Une réception depuis longtemps attendue’…et, souhaitant également au fil du temps faire de Tom « le héros d’une histoire » [L19], décide de l’introduire dans l’univers littéraire naissant du Seigneur des Anneaux et donc de le rendre participant du Légendaire de la Terre-du-milieu :

« In historical fact I put him in because I had already 'invented' him independently (he first appeared in the Oxford Magazine) and wanted an 'adventure' on the way. » [L153, 09/1954]

Tom Bombadil, par cet acte, est devenue « une énigme […] (intentionnellement)» [L144, 25/04/1954]

Tolkien à l’époque où il compose et enrichit le personnage de Tom Bombadil connaît depuis fort longtemps déjà (1911) la mythologie finnoise grâce au Kalevala, une collection de poèmes épiques recueillis, organisés et façonnés par Elias Lönnrot au XIXème siècle à partir de la tradition poétique populaire finnoise.
L’influence du Kalevala sur Tolkien fut énorme, on le sait ; ne serait ce que dans la création du Quenya (cf. [Carpenter, p.86] et la section Sources Mythologiques, sur JRRVF ) ou dans ses premiers écrits annonçant le Légendaire (cf. la réécriture, inachevée, en 1914, du cycle de Kullervo qui deviendra la tragédie de Túrin Turambar et de sa sœur Níniel ; cf. [L131, p.150] et [L257].)

L’objet des comparaisons littéraires qui vont suivre est, tout en essayant de faire découvrir la beauté des chants du Kalevala, de montrer que la nature et les caractéristiques de Tom Bombadil s’inspirent (en partie seulement) de la mythologie finnoise, et plus particulièrement du héros finnois qu’est Väinämöinen.
En partie seulement, car il serait ridicule d’affirmer que Tom est Väinö, tant les deux personnages sont, sur certains points, si radicalement éloignés. De plus ce serait faire une grave confusion : le Monde Secondaire de Tolkien n’est pas le monde du Kalevala.
Pourtant, si, comme je le pense, on peut accepter certains rapprochements sur des traits communs et fondamentaux de Tom et de Väinö, la matière dont nous disposons sur Väinö ne pourrait-elle pas éclairer en partie l’énigme qu’est Tom ?

« Car un détail ‘vu’ peut ne pas avoir été ‘fait’ ;
un détail peut être ‘inventé’, au sens archéologique du terme,
par le désir de celui qui regarde.
Mais, si ce détail a été incontestablement voulu et fait par le peintre,
qu’en est-il alors du peintre dans ce détail et dans le tableau ? »
Daniel Arasse -- Le Détail



Rques:
(1) J’appellerai la “section Bombadilienne” cette partie du Seigneur des Anneaux qui s’étend depuis la première apparition de Bombadil (“Soudain il s’arrêta” = SdA I.6 {140}) à son adieu aux quatre hobbits (“…et s’en fut en chantant dans le crépuscule” = SdA {170})
(2) les citations du Kalevala seront tirées de la traduction de G. Rebourcet pour la collection de L’aube des Peuples, Gallimard et notée [K. chant] ou [chant.vers] ou (vers) en référence au dernier chant cité.
(3) Les citations du Seigneur des Anneaux peuvent avoir leurs références entre crochets (auquel cas, elles renvoient à l’édition anglaise en trois volume d’Houghton Mifflin (renewed 1993-1994 by Ch. Tolkien) ou bien entre accolades ( édition française dite « du centenaire » (1992)).
(4) Les poèmes de Tom Bombadil seront référencés par les termes ATB (Les Aventures de Tom Bombadil) et BB (Bombadil en Bateau).



(1) Le Premier et le sans âge

Au cours du Conseil d’Elrond, Glorfindel dit de Tom qu’« il fut le Premier » (« he was First »[259]{294}), Elrond, juste avant, venait de dire que Tom, autrefois (il y a si longtemps qu’il en avait oublié le bonhomme !), « même alors, était plus vieux que les vieux » et se nommait « Iarwain Ben-adar, le plus ancien et le sans-père » ( « oldest [= le plus vieux] and fatherless » [258]{293}).
Tolkien dans une lettre révélera que Tom est un être « premier » (‘primeval’), qui était là au commencement des temps d’Arda :

« and if 'in time' Tom was primeval he was Eldest in Time. »
=
et si ‘dans le temps’ Tom fut primordial il fut l’Aîné dans le Temps. [L153]

Et Tom Bombadil confirmera cela de son propre aveu, parlant aux quatre hobbits qu’il a secouru (Frodon, Sam, Merry et Pippin) de temps les plus reculés, avant l’arrivée des Hobbits, avant celle des Hommes, avant même celle des Elfes, un temps où la Terre-du-milieu, déserte d’hommes, était également sans arbres, car sans pluie et sans gland pour faire pousser le chêne :

When they caught his words again they found that he had now wandered into strange regions beyond their memory and beyond their waking thought, into times when the world was wider, and the seas flowed straight to the western Shore; and still on and back Tom went singing out into ancient starlight, when only the Elf-sires were awake. Then suddenly he slopped, and they saw that he nodded as if he was falling asleep. The hobbits sat still before him, enchanted; and it seemed as if, under the spell of his words, the wind had gone, and the clouds had dried up, and the day had been withdrawn, and darkness had come from East and West, and all the sky was filled with the light of white stars.
(…)
‘Who are you, Master?’ he asked.
‘Eh, what?’ said Tom sitting up, and his eyes glinting in the gloom. ‘Don’t you know my name yet? That’s the only answer. Tell me, who are you, alone, yourself and nameless? But you are young and I am old. Eldest, that’s what I am. Mark my words, my friends: Tom was here before the river and the trees; Tom remembers the first raindrop and the first acorn. He made paths before the Big People, and saw the little People arriving. He was here before the Kings and the graves and the Barrow-wights. When the Elves passed westward, Tom was here already, before the seas were bent. He knew the dark under the stars when it was fearless - before the Dark Lord came from Outside.’
=
Quand ils entendirent de nouveau ses paroles, ils s'aperçurent qu'il était passé à présent dans des régions étranges qui dépassaient leur mémoire et leur pensée éveillée, en des temps où le monde était plus vaste et où les mers montaient droit à la côte ouest; et toujours allant et venant, Tom chantait la lumière d'anciennes étoiles, du temps que seuls les aïeux Elfes étaient éveillés. Puis il s'arrêta brusquement, et ils le virent dodeliner de la tête comme s'il s'assoupissait. Les Hobbits étaient assis devant lui, immobiles, enchantés, et il semblait que, sous le charme de sa parole, le vent fût parti, les nuages se fussent desséchés le jour eût été retiré, les ténèbres fussent venues de l'est et de l'ouest, et que tout le ciel fût empli de la clarté de blanches étoiles.
(…)
– Qui êtes-vous, maître ? demanda [Frodon].
– Hein, quoi? dit Tom, se redressant, les yeux étincelant dans la pénombre. Ne connaissez-vous pas encore mon nom ? C'est la seule réponse. Dites-moi qui vous êtes, vous même, seul et anonyme? Mais vous êtes jeune et je suis vieux. L'Ainé, voilà ce que je suis. Notez mes paroles, mes amis: Tom était ici avant la rivière et les arbres, Tom se souvient de la première goutte de pluie et du premier gland. Il a tracé des sentiers avant les Grandes Gens, et il a vu arriver les Petites Personnes. Il était ici avant les rois et les tombes et les Etres des Galgals. Quand les Elfes sont passés à l'ouest, Tom était déjà ainsi, avant que les mers ne fussent infléchies. Il a connu l'obscurité sous les étoiles quand elle était sans appréhension – avant que le Seigneur Ténébreux ne vint de l'extérieur.
[128-9]{153-4}

Il se trouve que Väinämöinen est, lui aussi, « le Premier » !
Par trois fois, Väinämöinen est présenté comme le premier homme, surgi de la mer, venu s’échouer sur un monde sans arbres : une « terre ferme, terre sans arbres » [1.334], une « terre nue, la terre sans arbres » [2.4], « coulant sa vie dans l’île rase, île sans nom, toute nue, la terre sans arbres » [2.6-8].
Pellervo, le fils de la terre, vient l’ensemencer des graines de tous les arbres [chant 2.13-42], Väinämöinen « vient regarder la levée des grains » (45-6), mais constate que « manque aux semailles le chêne, l’arbre Dieu » (49-50), ce qui l’énerve puisqu’«il peste et maudit la canaille » (51), attendant une « longue semaine » de le voir pousser, en vain.
Heureusement :

Tursas surgit de la mer (…)
jette au feu la fenaison (…)
La feuille aimée s’y trouve prise,
la feuille aimée, le gland du chêne
d’où jaillit la très belle pousse,
la brindille verte levée.
Fraise tendre, elle sourd de terre,
elle pousse en fourche fragile.
L’arbre déploie ses branches grandes,
il s’étire en rameaux feuillus.
la cime se hisse aux nuages,
le ramage envahit le ciel,
brise la courre des nuages,
déchire les flocons pressés,
soleil étouffé, jour couvert,
il noie les lueurs de la lune.
[2.67, 69, 75-88]

Il faut donc désormais « abattre le chêne grand » (107) comprend Väinämöinen qui fait appel à l’aide de sa mère, laquelle envoie un « homme pareil à l’homme (…) venu casser le chêne et fracasser l’arbre fragile » (139, 141-2)
Et c’est ainsi que depuis :

Lors, qui lui chaparde une branche
a pris le bonheur éternel ;
qui lui casse et cueille la cime
a pris le savoir éternel ;
qui coupe le rameau de feuilles
se taille l’amour éternel.
[2.191-196]

Väinämöinen qui, jusque là, s’était contenté d’observer, participe à l’ensemencement de la terre avec « sept grains pour la semaille » (299). Il crée donc l’agriculture.
En cela il se dissocie radicalement de Tom Bombadil, pur observateur de la Nature et hors de l’histoire humaine.
Mais il le rejoint lorsque, pour « faire lever les germes par mille », il demande à « Ukko, Dieu dessus les dieux » de faire pleuvoir visiblement pour la première fois tant la description de la prière et de la pluie proprement dite est conséquente :

« Ô Ukko, Dieu dessus les dieux,
père vieux par-dessus le ciel,
poigne de puissance aux nuages
et maître des traînes pansues !

Mande le haut conseil des nues,
le parlement clair des nuages !

Fais germer la nuée de l’est,
lève au norois la toison blanche,
rameute du ponant les autres,
flocons houspillés de midi !

Éclabousse l’aigue du ciel,
égoutte le miel des nuages
sur les bons grains d’orge levant,
sur le chuchotis des semailles ! »

Lors Ukko, Dieu dessus les dieux,
père vieux par-dessus le ciel,
mande le haut conseil des nues,
le parlement clair des nuages.

Il fait germer la nuée d’est,
lève au norois la toison blanche,
rameute du ponant les autres,
flocons houspillés du midi ;
les tasse en monceaux côte à côte,
flanc sur blanc les cahote en masse ;
il éclabousse l’eau du ciel,
le miel des nuées, goutte à goutte
sur les bons grains d’orge levant,
sur le chuchotis des semailles.

L’orge barbé, l’orge se lève,
poilu comme souche, il se dresse
de la terre, le sillon tendre,
le champ sacré de Väinö.
[2.317-348]


Ainsi, Väinö, le premier habitant de Kaleva, tout comme Tom, premier habitant de la terre-du-milieu, fut l’observateur de la « première pluie » et de la venue des arbres, tout particulièrement du chêne à partir du « premier gland ».
Voilà pourquoi on l’appellera le « sans âge », expression qui souligne le caractère « primordial » de son apparition, évoquant un temps sans observateur pour enregistrer sa venue.
Mais une autre expression, plus prosaïque, s’attachera aux deux personnages.



(2) Vieux Tom et Väinö le vieux

Dès qu’il apparaît et tout au long de la section Bombadilienne, Tom est décrit débordant de vitalité mais également associé à la vieillesse : c’est un « vieux chapeau cabossé» qu’il porte ([117]{141}) et « sa figure [est] plissée de mille rides », certes des rides « de rire », mais des rides malgré tout.
Il demeure dans une Vieille Forêt ([127]{152}) et près des Hauts de Galgals, une contrée qui évoque les « vieux contes » ([133]{158}), hantée par de « vieilles créatures » (« old Wight » [139]{165}), dont les arbres « furent plantés dans les temps anciens » (« old days » [134]{159}).
Tom lui-même se présente comme un « vieil homme » (« I am old ») et plusieurs expressions le désignent ainsi : « Old Tom Bombadil » (5 fois), « Old Tom » (2x) et « Old man » (2x).

Son ennemi, l’Homme-Saule ( « the Willow-man » ([124]{149}), est également un « vieil » ennemi, aux désignations diverses mais jouant toujours sur son âge avancé :
« Old Man Willow » (5x : [117, 118, 124, 127]{141, 142, 148, 152} et ATB 35, 64, 86, 125)
« Old Willow man » (1x : [117]{141})
« Old grey Willow-man » (1x : [117]{141})
« Old Grey Willowman, he’s a mighty singer » (1x : [124]{148})

En 1934, le premier texte qui met en scène Bombadil fait également profusion de références à « Old Tom Bombadil » (ATB 1, 70, 93, 117, 129), « Old Tom » (ATB 7,50) et « Wise old Bombadil » (ATB 101).



Note internaliste : Curieusement, le second poème des Aventures de Tom Bombadil et autres vers tirés du Livre Rouge, rédigé beaucoup plus tard (en 1962, cf [L240]), reprend exceptionnellement ces dénominations pour l’Homme-Saule (« old Willow-man » : BB 150) ou pour Tom (« Old Tom » en BB 62 & 135). Par contre il y est question du « Vieux Cygne » (BB 67, 75, 151) et du « Vieux Maggot » (BB 141 ; « old farmer » : 115 ; « old friends » : 120). Manifestement, ce poème tiré du Livre Rouge est d’une main autre que celle de l’auteur du premier poème, car l’utilisation de l’adjectif « old » est bien différente : plutôt que d’être appliquée à l’Aîné, au « plus ancien que les anciens » (Tom) et à un « des pères des pères d’arbres, qui se souvenaient du temps où ils étaient seigneurs » (le « dangereux Grand saule » {152}), l’adjectif sert à qualifier un oiseau et un hobbit, êtres qui, certes, peuvent être âgés, mais dont la durée de vie est finalement très limitée.



On retrouve cette manière de désigner un même personnage par diverses variations autour d’un groupe de mots similaires (« vieux », « chanteur », « sage », barbe « grise », « l’aïeul » ou « l’ancêtre ») pour désigner Väinämöinen dans le Kalevala; le phénomène est encore plus impressionnant et s’appuie systématiquement sur la vieillesse de Väinö :

« Le vieux Väinämöinen, chanteur sage, barde sans âge » [25.407-8]
« Le vieux Väinämöinen, le mage, le barde sans âge » [50.443-4]
« Le vieux Väinämöinen, barbe sage » [3.135-6, 211-2]
« Le vieux Väinämöinen, barbe sage, barde sans âge » [3.85-6]
« Le vieux Väinämöinen, barde sage, mage sans âge » [8.165-6]
« Le vieux Väinämöinen, barde sage, barbe sans âge, le chanteur » [41.1-2]
« Le vieux Väinämöinen » [1.31, 289 ; 2.89, 101, 125, 237, 287, 359 ; 3.115, 467 ; 4.11 ; 5.35, 144 ; 7.17, 363 ; 9.1, 561 ; 10.55, 131, 497 ; 16.159, 181, 225, 293, 385 ; 17.113, 505 ; 18.111, 191, 683 ; 25.688 ; 37.211 ; 38.293 ; 39.149,243,325 ; 40.1, 13, 253 ; 41.17 ; 42.157, 217, 251, 407, 461 ; 43.75, 99 ; 44.1, 35, 47, 232 ; 46.223, 243, 331 ; 47.129 ; 49.205, 225]
« Le vieux Väinämöinen, le sage » [2.257-8 ; 5.5-6 ; 7.195-6 ; 8.17-8, 133-4, 207-8, 219-220, 259-260 ; 10.1, 67-8, 139-140 ; 17.25-6 ; 18.1-2, 175 ; 40.103-4, 205-6, 221-2 ; 42.17, 65-6, 377-8, 428-9 ; 43.23-4, 385-6, 55-6 ; 44.177-8, 197-8 ; 46.81-2 ; 48.157-8, 169-170, 180-1, 201-2 ; 49.191-2]
« Le vieux Väinämöinen, mage sage » [49.273-4]
« Väinämöinen le sage, le vieux » [46.159-160]
« le vieux Väinämöinen, le barde sage » [2.43-4 ; 3.1-21 ; 6.1-2 ; 7.57-8, 209-210, 245-6, 323-4 ; 8.81-2 ; 16.197-8, 211-2, 363-4 ; 17.505-6, 615-6 ; 39.1-2 ; 42.37-8, 53-4, 177-8 ; 43.207-8 ; 47.161-2 ; 49.75-6]
« Le vieux Väinämöinen, le sage, (le) barde sans âge » [16.1-2, 101-2, 119-120]
« Väinämöinen le vieux barde » [7.183-4 ; 42.101-2]
« le vieux Väinämöinen le barde » [7.103-4 ; 9.25 ; 10.113-4 ; 43.333-4, 399-400 ; 46.45-6, 352-3 ; 49.53-4, 259-260, 279-280]
« le vieux Väinämöinen le vieux barde » [42.117-8]
« Väinämöinen le chanteur de Suvantola » [6.99-100]
« Väinämöinen l’enfant des gens de Kaleva » [6.118]
« le vieux Väinö » [3.521 ; 5.134 ; 6.178, 217 ; 7.115 ; 9.536 ; 16.209, 273, 309 ; 37.200 ; 38.325 ; 41.256 ; 42.370 ; 44.159 ; 49.385]
« Väinö le vieux » [2.365 ; 3.263, 295, 353 ; 7.295 ; 9.11 ; 10.21, 81, 125 ; 16.195, 384 ; 17.581, 592 ; 18.155 ; 21.257, 375 ; 37.221 ; 39.23,41,229,285,409 ; 40.180 ; 46.277 ; 47.357 ; 48.85, 183]
« Väinö le barde » [3.433 ; 9.520 ; 50.479]
« Väinö le chanteur de Suvantola » [6.61-2]
« Le vieux Väinö, barde sage » [8.99]
« Le vieux Väinö, le chanteur aux runes sans âge » [25.735-6]
« Väinö le vieux barde, le chanteur aux runes sans âge » [46.145-6]
« Väinö le vieux barde sage, le chanteur des runes sans âge » [48.1-2]
« Väinö, le vieux chanteur, le sage » [39.401-2]
« Väinö, le vieux barde sage » [7.1]
« Väinö le vieux (le) barde » [3.235, 365, 381, 397 ; 5.164 ; 6.111-2 ; 9.547 ; 10.31 ; 16.245 ; 17.93, 131, 573, 599 ; 18.463-4 ; 21.315, 353, 383 ; 49.231, 399]
« Väinö le vieux barde sage » [8.41, 197, 237 ; 10.59 ; 17.1, 49 ; 39.93,207 ; 40.121, 151, 175 ; 42.1, 233, 261, 415, 521 ; 43.173, 289 ; 44.69, 215 ; 46.171, 471, 567, 577 ; 47.1, 313, 319 ; 48.193 ; 49.253, 295 ; 50.448]
« Väinö le vieux barde, le sage » [40.230-1]
« Väinö le barde sage » [16.280 ; 46.607]
« Väinö le barde sage, le vieux » [8.113-4]
« Väinö le vieux barde » [7.110 ; 39.129,141,161,257,275,383,421 ; 41.169, 212, 217, 233 ; 42.189, 446 ; 43.164 ; 46.299 ; 47.111, 147, 149 ; 48.107]
« Väinö le vieux chanteur » [10.159 ; 40.167 ; 42.493 ; 44.167, 249, 307 ; 48.121, 267 ; 50.501]
« Väinö le vieux chanteur, le sage » [49.159-160]
« Väinö le vieux chanteur, le grand sage » [46.21-2]
« Väinö le vieux chanteur, barbe sage, barde sans âge » [49.81-2 ; 6.89-90]
« le vieux barde sans âge, Väinö le vieux » [9.577-8]
« Väinö le vieux barde, barbe sage, chanteur sans âge » [6.27-8]
« Väinö le vieux barde sage, le chanteur » [46.95-6 ; 47.215-6 ; 48.259-260 ; 49.111-2, 393-4]
« Väinö le vieux sage » [8.31 ; 40.189]
« Väinö, le mage sage, le vieux barde, chanteur sans âge » [42.81-2]
« Väinö le vieux barde, chanteur mage, barbe sans âge » [45.191-2, 312-3]
« Väinö le vieux barde sage, chanteur mage, barbe sans âge » [45.355-6]
« Väinö le barde sage, le vieux chanteur » [7.275-6]
« Väinö la barbe vieille » [18.661]
« Väinö le vieux barde, le chanteur des runes sans âge » [25.711-2]
« Le vieux Väinö, le sage, le barreur de rune outre mémoire » [25.673-4]
« Le vieux Väinämöinen, barreur des runes par les âges » [21.363-4]
« le barde sage » [37.214]
« le barde brave » [1.342]
« le vieux brave » [3.534]
« le barde sans âge » [1.287-8]
« le sage » [2.9 ; 38.294 ; 43.102]
« le vieux » [3.415]
« le mage » [3.536]
« le barde » [5.145 ; 10.22]
« le vieux barde » [21.369 ; 38.295 ; 39.129 ; 42.527 ; 46.86]
« le vieux sage » [3.183]
« le vieux chanteur » [4.14]

Ilmarinen l’appelle « Väinö, barbe vieille » [10.64 ; 37.206], « Väinö, barbe blanche » [10.102 ; 18.457], « Väinö, barbe blanche, barde sage, chanteur sans âge » [10.77-78] et « Väinö, vieille barbe ! Mage sage, barde sans âge ! » [49.387-8]
Lemminkäinen l’appelle « Väinö le vieux chanteur » [39.378] et « Väinö, vieille barbe » [39.392], « Väinö, barbe vieille » [49.288]
Ahto l’appelle « le très-vieux barde » [41.142]
Vellamo l’appelle « Väinö, bon vieux barde ! » [43.169]
Aino : « Väinö, barbe très-vieille » [5.99]
Louhi, patronne de Pohjola, ennemi de Väinö l’appelle « Ô Väinö, barbe très-sage, mage vieux, grand barde sans âge ! » [7.305-6], « Väinö, la barbe blanche » [18.618], « le vieux de Väinölä » [18.632], « Väinö le vieux barde » [20.573], « vieillard crotteux, Väinö vilain, vieille barbe ! » [43.214-5]
Joukahainen : « Väinö, barbe vieille et barde sans âge » [3.129-130], « Väinö, barbe grise, mauvais chanteur et grand gousier ! » [3.259-260], « Väinö, grand barde, grand sage, mage de savoir éternel ! » [3.345-6], « Väinö, vieux barde sage » [3.407, 427], « Väinö, vieux barde sage ! Mage du savoir éternel ! » [3.450-1], « Väinö vieux barde » [6.197]
Väinö se présente lui-même comme « Väinö le vieux barde » [47,149]
Jouka et deux femmes, la mère de Jouka et Louhi la vieille, le désignent comme « le fils (de) Kaleva » [6.122, 218], « l’homme grand de Suvantola , la perle de Kalevala» [6.233-4], « l’enfant de Kaleva » [6.214], « l’enfant des gens de Kaleva » [6.118], « le fiancé d’Uvanto » [7.186], « le fils d’Uvanto » [7.242]
Annikki l’appelle « vieux Väinö » [18.131, 173], « l’aïeul d’outre-temps » [18.658] et « l’ancêtre » [18.660]



(3) Sans Père

Le mystère des deux personnes augmente lorsqu’on découvre que toutes deux sont sans père. Pour Tom, nous le savons grâce à Elrond qui rappelle que son ancien nom Iarwain Ben-adar signifiait « le plus ancien et sans-père » (« oldest and fatherless » [258]{293}).

Rque : bien qu’un poème du Livre Rouge attribue, à un certain « Tom », un oncle « Tim », frère du père de Tom (« Tam » ? ;-) ; cf. Stone Troll 10, 17 et24 en [201-203]), et tout en reconnaissant que ce « Tom » est décrit portant des bottes comme Tom Bombadil, rien ne nous est dit sur l’auteur de cette chanson très populaire à l’époque de Sam (« vieil air » [201]) ; un auteur qui, plutôt que de rapporter des faits, semble avoir voulu faire œuvre éducative et festive.
Aussi, et parce qu’il s’agit de la lectio difficilor, il faut accepter la tradition elfique d’un Tom Bombadil sans-père.

Väinämöinen lui aussi, est sans géniteur masculin. Et sa conception hors norme a lieu alors que le monde est vide de vie :

les nuits nous viennent seules, noires,
les jours lèvent seuls, soleils pâles,
tout seul Väinämöinen
un jour est né, barde sans âge
par le ventre de la porteuse,
Ilmatar, la mère du monde.
[1.105-109]

Väinämöinen n’a pas de père puisque Ilmatar n’a pas connu d’homme : « la vierge vit […] jour et jours en vie de pucelle », elle est « fille du ciel » et « dame belle de la nature » (111-114).
En fait c’est « la mer [qui] engrosse la pucelle » (136), mais il s’agit d’une auto fécondation, puisque Ilmatar est « mère de l’eau » (143), « la mère des eaux , dame de l’eau, vierge du ciel » (195-6), « vierge de l’air » (218) et « mère du monde » (344).

le temps passe, le temps s’avance,
les années chassent les années
[1.245-6]
(…)
Or mais Väinämöinen
n’est point né, le barde sans âge.
(…)

[1.287-8]

S’ennuyant, il décide de naître pour « regarder la lune au ciel, le soleil aux rayons de joie, (…) apprendre la Grande Ourse et reguigner vers les étoiles » (310-314).

Lors il dévale vers la mer,
tête et bras roulant à la houle ;
(…)
Cinq ans vaque, cinq ans dérive,
cinq années, six année tantôt,
puis l’an septième, et le huitième.
Il se dresse enfin sur l’eau grande,
vers le cap aux rives sans nom,
terre ferme, terre sans arbres.
Il se hisse, genoux en terre,
se cambre à la force des bras :
il est debout pour voir la lune,
pour s’ébahir au pied du jour,
il suit les voies de la Grande Ourse
et ses yeux boivent les étoiles.

Ainsi Väinämöinen
a vu le jour, le barde brave,
par le ventre de la porteuse,
Ilmatar la mère du monde.
[1.325-6, 329-344]

Nous retrouvons l’écho du cheminement de Väinö dans celui de Tom ; rappelons-nous ses propres paroles (en revenant à la version primitive entre crochets d’après [HVI, p.121)]) où il se présente comme « L’Aborigène » de la Terre-du-milieu, véritable témoin cosmogonique («primeval [being] ») :

« [Je suis un Aborignè, c’est ce que je suis, l’Aborig,nèe de cette terre]. (…)
[Tom] a tracé des sentiers avant les Grandes Gens, et il a vu arriver les Petites Personnes. Il était ici avant les rois et les tombes et les Etres des Galgals. [Il a vu le Soleil se lever et la Lune le suivre, avant que le nouvel ordre des jours ne fût fixé]. Quand les Elfes sont passés à l'ouest, Tom était déjà ainsi, avant que les mers ne fussent infléchies. Il a connu l'obscurité sous les étoiles quand elle était sans appréhension (…) »

Notons que ce plaisir qu’il a de contempler les astres traverse des Âges puisqu’il invite les hobbits à chanter « soleil, étoiles et lune » :

« Now let the song begin! Let us sing together
Of sun, stars, moon (…) »
=
Que les chants commencent ! Chantons en chœur
Le soleil, les étoiles, la lune (…)
[131]{144}

Notons encore que la chanson qu’il apprend à Frodon et à ses compagnons repose, en partie, sur une invocation « par le feu, le soleil et la lune » ([145]{156}) et relevons plus particulièrement combien Tom, tout comme Väinö, semble attaché ou lié aux étoiles :

(…) and it seemed as if, under the spell of his words,
the wind had gone,
and the clouds had dried up,
and the day had been withdrawn,
and darkness had come from East and West,
and all the sky was filled with the light of white stars.
(…)The stars shone through the window and the silence of the heavens seemed to be round him.
=
et il semblait que, sous le charme de sa parole [Tom], (…) tout le ciel fût rempli de la clarté de blanches étoiles.
(…) Les étoiles brillaient à travers la fenêtre, et le silence des cieux semblait l’environner [Frodon].
[128-9]{153}

Sosryko
To be continued...
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