22-06-2003, 14:23
(6.2) le chant joyeux
L’autre aspect étonnant du chant de Bombadil est qu’il s’agit souvent d’un chant de joie ; nous touchons là à la nature même de Tom ; n’oublions pas la première phrase qui l’introduit, en 1934 :
Ainsi, puisque le Vieux Tom est, par essence, « joyeux », il est normal que ses chansons le soient également (cf. « Tom’s merry song » BB 66) et surtout, cette joie, par le chant, est une joie qui se communique.
Tom génère la joie autour de lui, on le sent à la lecture de la section bombadilienne qui regorge du vocabulaire de la joie, le seul mot ‘merry’ apparaissant 24 fois dans le texte ( ‘joy’ : 4x ; ‘glad’ : 7x ; ‘merrily’ : 3x : mirth : 1x) !
Ceci explique pourquoi Tom Bombadil peut « éclater » de rire comme il peut « éclater » en chansons :
et ce lien entre le rire et le chant comme mode de vie rend le rire omniprésent (‘laughter’, ‘laugh’, ‘laughing’: 18x), premièrement chez Tom :
Ensuite chez Baie d’Or :
et finalement chez les hobbits :
Ainsi, non seulement la joie de Tom est communicative pour ceux qu’il accueille dans sa maison (« the joy of this house » [128]{152}), mais les chants et « le charme des paroles de Tom » ont le pouvoir d’« enchanter » leurs auditeurs (‘enchanted’ : 3x) :
Ainsi, Frodon et ses amis, « enchantés » par une joie indéfinissable découvrent, « émerveillés » (‘wonder’ : 6x), un monde de « plaisirs / délices » (‘delight’ : 6x), sous le « charme » des « voix claires » de Tom ou de Baie d’Or (‘spell’ : 3x) qui inspirent leurs cœurs et délie leurs langues :
Sosryko
Lucy -- Chacun de nous a un caddie, et le monde est notre supermarché...
...le monde est rempli de choses merveilleuses. Pousse ton caddie dans les travées Charlie Brown!...
... la caddie, c'est ta vie. Pousse-le, Charlie Brown! Pousse-le jusquà la caisse!
Charlie Brown -- Laquelle?...j'ai acheté au moins six articles je crois!
:-))
L’autre aspect étonnant du chant de Bombadil est qu’il s’agit souvent d’un chant de joie ; nous touchons là à la nature même de Tom ; n’oublions pas la première phrase qui l’introduit, en 1934 :
Old Tom Bombadil was a merry fellow
=
Le Vieux Tom Bombadil était un joyeux drille [ATB 1]
Ainsi, puisque le Vieux Tom est, par essence, « joyeux », il est normal que ses chansons le soient également (cf. « Tom’s merry song » BB 66) et surtout, cette joie, par le chant, est une joie qui se communique.
Tom génère la joie autour de lui, on le sent à la lecture de la section bombadilienne qui regorge du vocabulaire de la joie, le seul mot ‘merry’ apparaissant 24 fois dans le texte ( ‘joy’ : 4x ; ‘glad’ : 7x ; ‘merrily’ : 3x : mirth : 1x) !
La conséquence de cette vague de joie communicative, c’est le rire, un rire qui forme pour Tom Bombadil une trilogie avec la joie et le chant :
Run, fair Sun, through heaven all the morning,
Rolling golden ! Merry is our singing !
Cool the pools, though summer be a-burning ;
In shady glades let laughter run a-ringing ! »
[HVI, p.116]
Ceci explique pourquoi Tom Bombadil peut « éclater » de rire comme il peut « éclater » en chansons :
Tom Bombadil burst out laughing
[118]{142}
(…) the voice rose up loud and clear and burst into this song
[116]{140}
There was another burst of song
[117]{141}
et ce lien entre le rire et le chant comme mode de vie rend le rire omniprésent (‘laughter’, ‘laugh’, ‘laughing’: 18x), premièrement chez Tom :
(…) his eyes were blue and bright, and his face was red as a ripe apple, but creased into a hundred wrinkles of laughter.
=
(…) ses yeux étaient bleus et brillant, et sa figure d’un rouge de pomme mûre, mais plissée de mille rides de rire.
[117]{141}
He laughed, and going to Goldberry, took her hand.
=
Il rit et, s’avançant vers Baie d’Or, il lui prit sa main.
[122]{147}
Then suddenly he put it to his eye and laughed. (…) Tom laughed again, and then he spun the Ring in the air (…)
=
Tom le porta soudain à son œil et rit. (…) Tom rit de nouveau, puis il lança l’Anneau en l’air (…)
[130]{155}
Ensuite chez Baie d’Or :
But before they could say anything, she (…) ran laughing towards them (…)
‘Come dear folk!’ she said, taking Frodo by the hand. ‘Laugh and be merry! I am Goldberry, daughter of the River.’
(…)
Goldberry laughed.
=
Mais avant qu’ils n’eussent pu prononcer un mot, (…) elle accourut vers eux en riant (…)
– Venez, chers amis ! dit-elle, prenant Frodon par la main. Riez et soyez joyeux ! Je suis Baie d’Or, fille de la Rivière. »
(…)
Baie d’Or rit.
[121-2]{145-6}
‘The rain has ended,’ she said (…) ‘Let us now laugh and be glad!’
=
– La pluie a cessé, dit-elle (…) Rions maintenant, et soyons heureux !
[129]{154}
et finalement chez les hobbits :
Then Tom and Goldberry set the table; and the hobbits sat half in wonder and half in laughter : so fair was the grace of Goldberry and so merry and odd the caperings of Tom.
=
Puis Tom et Baie d’Or mirent la table, et les Hobbits restèrent assis, mi-étonnés et mi-riant, tant était séduisante la grâce de Baie d’Or et joyeuses et bizarres les gambades de Tom.
[129]{154}
It was a supper even better than before. The hobbits under the spell of Tom’s words may have missed one meal or many, but when the food was before them it seemed at least a week since they had eaten. They did not sing or even speak much for a while, and paid close attention to business. But after a time their hearts and spirit rose high again, and their voices rang out in mirth and laughter.
=
Ce fut un souper encore meilleur que le précédent. Peut-être, sous le charme des paroles de Tom, les Hobbits avaient-il manqué un ou plusieurs repas; mais, quand la nourriture fut devant eux, il leur sembla qu'il devait y avoir une semaine qu'ils n'avaient mangé. Ils ne chantèrent, ni même ne parlèrent durant un moment, consacrant toute leur attention aux affaires. Mais après quelque temps, leurs coeurs et leur entrain s'élevèrent bien haut, et leurs voix retentirent, dans la joie et le rire.
[129-130]{154}
Ainsi, non seulement la joie de Tom est communicative pour ceux qu’il accueille dans sa maison (« the joy of this house » [128]{152}), mais les chants et « le charme des paroles de Tom » ont le pouvoir d’« enchanter » leurs auditeurs (‘enchanted’ : 3x) :
Hey! Come derry dol! Can you hear me singing?
Frodo and Sam stood as if enchanted.
=
Holà ! Viens derry dol ! M’entends-tu chanter ?
Frodon et Sam se tenaient comme sous l’effet d’un enchantement. [117]{141}
Ainsi, Frodon et ses amis, « enchantés » par une joie indéfinissable découvrent, « émerveillés » (‘wonder’ : 6x), un monde de « plaisirs / délices » (‘delight’ : 6x), sous le « charme » des « voix claires » de Tom ou de Baie d’Or (‘spell’ : 3x) qui inspirent leurs cœurs et délie leurs langues :
(…) Tom went singing out into ancient starlight, when only the Elf-sires were awake.
Then suddenly he slopped, and they saw that he nodded as if he was falling asleep. The hobbits sat still before him, enchanted; and it seemed as if, under the spell of his words, the wind had gone, and the clouds had dried up, and the day had been withdrawn, and darkness had come from East and West, and all the sky was filled with the light of white stars.
Whether the morning and evening of one day or of many days had passed Frodo could not tell. He did not feel either hungry or tired, only filled with wonder. The stars shone through the window and the silence of the heavens seemed to be round him. He spoke at last out of his wonder (…)
=
(…) Tom chantait la lumière d'anciennes étoiles, du temps que seuls les aïeux Elfes étaient éveillés. Puis il s'arrêta brusquement, et ils le virent dodeliner de la tête comme s'il s'assoupissait. Les Hobbits étaient assis devant lui, immobiles, enchantés, et il semblait que, sous le charme de sa parole, le vent fût parti, les nuages se fussent desséchés le jour eût été retiré, les ténèbres fussent venues de l'est et de l'ouest, et que tout le ciel fût empli de la clarté de blanches étoiles.
Frodon n’aurait su dire s’il s’était écoulé le matin et le soir d’un seul jour ou bien des jours. Il ne. Il ne ressentait ni faim ni lassitude, il était seulement empli d'étonnement. Les étoiles brillaient à travers la fenêtre, et le silence des cieux semblait l'environner. Il finit par exprimer son étonnement (…)
[128-9]{153}
‘Come dear folk!’ she said, taking Frodo by the hand. ‘Laugh and be merry! (…)
The hobbits looked at her in wonder; and she looked at each of them and smiled.
‘Fair lady Goldberry!’ said Frodo at last, feeling his heart moved with a joy that he did not understand. He stood as he had at times stood enchanted by fair elven-voices; but the spell that was now laid upon him was different: less keen and lofty was the delight, but deeper and nearer to mortal heart; marvellous and yet not strange.
‘Fair lady Goldberry!’ he said again. ‘Now the joy that was hidden in the songs we heard is made plain to me.
O slender as a willow-wand! O clearer than clear water!
O reed by the living pool! Fair River-daughter!
O spring-time and summer-time, and spring again after!
O wind on the waterfall, and the leaves’ laughter!’
Suddenly he stopped and stammered, overcome with surprise to hear himself saying such things. But Goldberry laughed.
=
-- Venez, chers amis! Dit-elle, prenant Frodon par la main. Riez et soyez joyeux! (…)
Les Hobbits la regardaient avec étonnement ; et elle les regarda chacun tout à tour et sourit.
« Belle dame Baie d’Or ! » dit enfin Frodon, le cœur gonflé d’une joie qu’il ne comprenait pas. Il se tenait là, comme il lui était arrivé parfois de rester, enchanté par les belles voix elfiques ; mais le charme sous lequel il se trouvait à présent était différent : le plaisir était moins aigu et moins sublime, mais plys profond et plus proche d’un cœur de mortel ; merveilleux et pourtant point étrange :
– Belle dame Baie d’Or ! répéta-t-il. À présent, la joie cachée dans les chants que nous entendions m’est rendue claire.
Ô toi, svelte comme une baguette de saule !
Ô toi, plus claire que l’eau claire !
Ô toi, roseau pris du vivant étang ! Belle fille de la Rivière !
Ô toi, printemps et été, et de nouveau printemps après !
Ô toi, vent sur la cascade et rire des feuilles !
Il s’arrêta soudain et se mit à bégayer, succombant à la surprise de s’entendre prononcer pareilles choses. Mais Baie d’Or rit.
[121]{145-6}
Sosryko
Lucy -- Chacun de nous a un caddie, et le monde est notre supermarché...
...le monde est rempli de choses merveilleuses. Pousse ton caddie dans les travées Charlie Brown!...
... la caddie, c'est ta vie. Pousse-le, Charlie Brown! Pousse-le jusquà la caisse!
Charlie Brown -- Laquelle?...j'ai acheté au moins six articles je crois!
:-))

