02-07-2003, 16:28
(7.2) Tom l’observateur avide de connaissance
Tom est celui qui « connaît », celui qui cherche à « savoir », à accumuler de la connaissance :
Ce point est essentiel, puisque Tolkien fait de cette « aspiration à la connaissance » le fondement de son interprétation allégorique de Tom dans ses Lettres :
Cet aspect qui place Tom au rang des perpétuels étudiants, de l'intellectuel et non pas de l'ingénieur, du poète et non pas de l'artisan, et qui se retrouve, imagé, dans la définition que Gandalf donne du personnage (« un ramasseur de mousse » [974]{1061}) était présent très tôt dans la rédaction du Seigneur des Anneaux ; ainsi, dans une première version, Pippin demandait à Sylvebarbe s’il connaissait Tom Bombadil qui « semblait comprendre les arbres » à la façon d’un Ent, et Sylvebarbe de répondre :
Tom est donc celui qui « place ses délices dans les choses pour elles-mêmes, sans référence à lui-même, regardant, observant et connaissant jusqu’à un certain point. » [L144, 25/04/1944]
« jusqu’à un certain point »…Son savoir n’est donc pas illimité ; d’ailleurs, Tom est le premier à le reconnaître lorsqu’il répond à Pippin que « vers l’est, le savoir [lui] manque. » ([144]{170})
Sosryko
dont l'emploi du temps vient de changer ;-)
Tom est celui qui « connaît », celui qui cherche à « savoir », à accumuler de la connaissance :
(1) He appeared already to know much about them and all their families,
(2) and indeed to know much of all the history and doings of the Shire down from days hardly remembered among the hobbits themselves. It no longer surprised them; but he made no secret that he owed his recent knowledge largely to Farmer Maggot, whom he seemed to regard as a person of more importance than they had imagined. ‘There’s earth under his old feet, and clay on his fingers; wisdom in his bones, and both his eyes are open,’ said Tom. It was also clear that Tom had dealings with the Elves, and it seemed that in some fashion, news had reached him from Gildor concerning the flight of Frodo.
(3) Indeed so much did Tom know, and so cunning was his questioning, that Frodo found himself telling him more about Bilbo and his own hopes and fears than he had told before even to Gandalf.
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Il semblait déjà connaître beaucoup de choses sur eux et leurs familles; et, en fait, beaucoup de choses sur toute l'histoire et les événements de la Comté jusqu'à une époque à peu près oubliée des Hobbits eux-mêmes. Cela ne les étonna plus; mais il ne cacha pas qu'il devait une bonne part de son récent savoir au père Maggotte, qu'il semblait considérer comme un personnage plus important qu'ils ne l'avaient imaginé. - Il y a de la terre sous ses vieux pieds, et de l'argile sur ses doigts; de la sagesse dans ses os, et il a les deux yeux ouverts, dit Tom. Il était également clair que Tom avait des rapports avec les Elfes, et il apparaissait que, d'une façon ou d'une autre, des nouvelles lui étaient parvenues de Gildor au sujet de la fuite de Frodon.
En vérité Tom savait tant de choses et ses questions étaient si habiles que Frodon se trouva lui en dire davantage sur Bilbon et ses propres espoirs et craintes qu'il n'en avait dit auparavant même à Gandalf. [130]{155}
Ce point est essentiel, puisque Tolkien fait de cette « aspiration à la connaissance » le fondement de son interprétation allégorique de Tom dans ses Lettres :
[Tom] he is (…) a particular embodying of pure (real) natural science: the spirit that desires knowledge of other things, their history and nature, because they are 'other' and wholly independent of the enquiring mind, a spirit coeval with the rational mind, and entirely unconcerned with 'doing' anything with the knowledge: Zoology and Botany not Cattle-breeding or Agriculture .
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[Tom] est (…) une incarnation particulière des sciences naturelles pures (véritables) : l’esprit qui aspire à la connaissance des autres choses, de leur histoire et de leur nature, parce qu’ils sont ‘autres’ et totalement indépendant de l’intelligence qui s’informe, un esprit du même ordre que l’intelligence rationnelle, et sans aucun désir de ‘faire’ quoique ce soit de cette connaissance : la Zoologie et la Botanique mais ni l’Élevage ni l’Agriculture.
[L153, 09/1954]
He is in a way the answer to them in the sense that he is almost the opposite, being say, Botany and Zoology (as sciences) and Poetry as opposed to Cattle-breeding and Agriculture and practicality.
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Il est d'une certaine façon une réponse [aux femmes des Ents] dans le sens qu'il est presque leur opposé, étant tourné vers la Botanique et la Zoologie (en tant que sciences) et la Poésie par opposition à l'Élevage, l'Agriculture et le sens pratique.
[L144, 25/04/1944]
Cet aspect qui place Tom au rang des perpétuels étudiants, de l'intellectuel et non pas de l'ingénieur, du poète et non pas de l'artisan, et qui se retrouve, imagé, dans la définition que Gandalf donne du personnage (« un ramasseur de mousse » [974]{1061}) était présent très tôt dans la rédaction du Seigneur des Anneaux ; ainsi, dans une première version, Pippin demandait à Sylvebarbe s’il connaissait Tom Bombadil qui « semblait comprendre les arbres » à la façon d’un Ent, et Sylvebarbe de répondre :
‘Tombombadil? Tombombadil? So that is what you call him. Oh, he has got a very long name. He understands trees, right enough; but he is not an Ent. He is no herdsman. He laughs and does not interfere. He never made anything go wrong, but he never cured anything, either. Why, why, it is all the difference between walking in the fields and trying to keep a garden; between, between passing the time of day to a sheep on a hillside, or even maybe sitting down and studying sheep till you know what they feel about grass, and being a shepherd.’
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« Tombombadil ? Tombombadil ? Alors voilà comment vous le nommez. Oh, il a un très long nom. Il comprends les arbres, suffisamment bien ; mais il n’est pas un Ent. Il n’est pas un gardien de troupeau. Il rit et il n’intervient pas. Il ne fait jamais allez mal les choses, mais il n’en a jamais guérie une non plus. Pourquoi, pourquoi, c'est toute la différence entre marcher à travers champs et essayer d’entretenir un jardin ; entre, entre passer toute une journée avec un mouton sur le versant d’une colline, ou même s’asseoir et étudier les moutons jusqu’à connaître ce qu’ils ressentent vis-à-vis de l’herbe, et être un berger. »
Tom est donc celui qui « place ses délices dans les choses pour elles-mêmes, sans référence à lui-même, regardant, observant et connaissant jusqu’à un certain point. » [L144, 25/04/1944]
« jusqu’à un certain point »…Son savoir n’est donc pas illimité ; d’ailleurs, Tom est le premier à le reconnaître lorsqu’il répond à Pippin que « vers l’est, le savoir [lui] manque. » ([144]{170})
Sosryko
dont l'emploi du temps vient de changer ;-)

