05-07-2003, 02:26
(9) « La table est toute chargée » « pour en régaler les convives »
Un point surprenant lorsqu’on découvre Bombadil est son régime alimentaire, végétarien et lacté, trois fois mentionné dans les textes ; une première fois lorsqu’il persuade Baie d’Or de l’épouser :
Une seconde fois, lorsqu’il invite les Hobbits à venir se reposer et se restaurer dans sa maison :
Les termes identiques et dans le même ordre apparaissent, complétés, une dernière fois :
Or le Kalevala regorge littéralement de ces aliments, comme s’ils étaient, avec le poisson, la seule nourriture, comme s’ils étaient, avec la bière, omniprésente, les seules boissons.
Ainsi, Lemminkä (=Lemminkäinen) évoque l’île paradisiaque où il a séjourné :
Car si le Kalevala est la pays de la bière, boisson qu’affectionnait tant Tolkien, il est aussi celui du miel [9.225-8, 249, 423-4, 428-430, 433-4 ; 14. 67-70, 169-170 ; 15.387-534 ; 18.577-8, 581-2, 602, 623 ; 28.75 ; 45.205-228 ; 46.78, etc…], ‘miel’ dont on fait des gâteaux (« la miche de miel » [28.75]) mais également ‘miel’ lié à la bière par la « miessée » qui est une boisson de miel fermentée.
Dans le Kalevala, lors des grands repas, tel le repas de noces d’Annikki et d’Ilmarinen, chez les parents de la fiancée [Chant 20], « la bière épatante » (493) doit être « bien brassée » (499) « pour la soif de la troupe grande » (495), et le pain est visiblement un aliment noble et essentiel de ces « ripailles » (516,564), du « long festin » (515) :
Il y a du lait également à disposition :
Le lait qui, avec le miel, sont deux boissons chères et chéries pour les hommes de Kalevala et de Pohjola, puisque exaltées par le chant de Väinö lors du repas de noces :
Un point surprenant lorsqu’on découvre Bombadil est son régime alimentaire, végétarien et lacté, trois fois mentionné dans les textes ; une première fois lorsqu’il persuade Baie d’Or de l’épouser :
‘Here's my pretty maiden!
You shall come home with me!
The table is all laden:
yellow cream, honeycomb,
white bread and butter; (…)’ (ATB 112-3)
Une seconde fois, lorsqu’il invite les Hobbits à venir se reposer et se restaurer dans sa maison :
‘Well, my little fellows!’ (…)
‘You shall come home with me!
The table is all laden
with yellow cream, honeycomb,
and white bread and butter. (…)’ [118]{142}
Les termes identiques et dans le même ordre apparaissent, complétés, une dernière fois :
‘Here’s my pretty lady!’ (…)
‘Here’s my Goldberry
clothed all in silver-green with flowers in her girdle!
Is the table laden?
I see yellow cream and honeycomb,
and white bread, and butter;
milk, cheese,
and green herbs and ripe berries gathered.
Is that enough for us?
Is the supper ready?’
=
– Voici ma belle dame ! (…) Voici ma Baie d’Or vêtue de vert-argent avec des fleurs à sa ceinture ! La table est-elle mise ? je vois de la crème jaune et des rayons de miel, du pain blanc et du beurre ; du lait, et du fromage, des herbes vertes et des baies mûres récoltées. Cela nous suffit-il ? La souper est-il prêt ? [122]{147}
Or le Kalevala regorge littéralement de ces aliments, comme s’ils étaient, avec le poisson, la seule nourriture, comme s’ils étaient, avec la bière, omniprésente, les seules boissons.
Ainsi, Lemminkä (=Lemminkäinen) évoque l’île paradisiaque où il a séjourné :
« Là-bas je vivais de vie douce,
(…)
Là-bas les tertres sont miessée,
les rocailles sont des œufs ronds ;
les sapins saignent le miel
et le lait coule aux pins baraines,
le beurre gicle aux coins des clos,
les palis ruissellent de bière. » [29.577,583-588, cf 29.201-214]
Car si le Kalevala est la pays de la bière, boisson qu’affectionnait tant Tolkien, il est aussi celui du miel [9.225-8, 249, 423-4, 428-430, 433-4 ; 14. 67-70, 169-170 ; 15.387-534 ; 18.577-8, 581-2, 602, 623 ; 28.75 ; 45.205-228 ; 46.78, etc…], ‘miel’ dont on fait des gâteaux (« la miche de miel » [28.75]) mais également ‘miel’ lié à la bière par la « miessée » qui est une boisson de miel fermentée.
« Le fabre aussitôt dit ces mots :Abeille, ma dame fluette !
‘‘Porte la miessée sur tes ailes,
Viens livrer le miel à ta langue,
Le miel butiné à six fleurs,
Lippé de sept barbes de foin (…)’’
Or donc le fabre Ilmarinen
(…) il croit
que l’abeille est venue à l’aide,
tout empesée de miel aux ailes,
livrant la miessée sur sa langue. » [9.233-228, 245, 247-250]Le gamin demande au grand chêne :
« Caches-tu le miel à tes branches,
la miessée dessous ton écorce ? » [9.428-430]
Dans le Kalevala, lors des grands repas, tel le repas de noces d’Annikki et d’Ilmarinen, chez les parents de la fiancée [Chant 20], « la bière épatante » (493) doit être « bien brassée » (499) « pour la soif de la troupe grande » (495), et le pain est visiblement un aliment noble et essentiel de ces « ripailles » (516,564), du « long festin » (515) :
La patronne de Pohjola
Crémaille la soupe à bouillir,
(…)
elle boulange les grands pains,
brouille en grands brouets la farine,
pour en régaler les convives,
les bons mets pour la troupe grande,
au long festin de Pohjola,
les ripailles de Sariola.
Miches de pain sont boulangées,
Brouillées les brouets de farine. [20.507-8, 511-518]Et la mère de Pohjola,
Gorge, gave, abreuve ses hôtes,
Pleines bouchées de beurre tiède,
Gâtées de crème à grandes paumes
Pour les convives de la noce,
Et pour le bon gendre surtout. [21.227-232]
Il y a du lait également à disposition :
Un marmot joue sur la plancher,
Barbe de lait sur le banc d’âtre [ 21.291-2]
Le lait qui, avec le miel, sont deux boissons chères et chéries pour les hommes de Kalevala et de Pohjola, puisque exaltées par le chant de Väinö lors du repas de noces :
« Si le seigneur venait chanter
(…) Il chanterait la mer en miel
(…) Il chanterait les runes mages,
(…) des génisses plein les étables,
(…) les essarts couverts de laitières,
(…) les pis gonflés, pesant, par mille »

