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De la crème jaune et des rayons de miel ...
#30
Dix, cent coups de chapeau, Sosryko ! Voilà un parallèle fascinant. Je pense sincèrement qu'une fois terminé, il méritera largement une place dans la section "essais" de JRRVF... ce serait d'ailleurs vrai de bon nombre de tes contributions :-)

Il ne faudrait pas venir sans biscuit au festin tout de même... La "section bombadilienne" n'est pas le seul passage chez Tolkien où l'on voit le pain, la crème, le miel, la bière et la miessée (joli mot que Rebourcet est allé chercher en moyen français pour éviter "hydromel", dont les résonances lui paraissaient trop grecques dans un contexte finnois) faire office d'aliments par excellence. On retrouve des scènes très semblables dans The Hobbit chez Beorn (chapitre 7 "Un curieux logis") :

(...) comme homme, il [=Beorn] entretient du bétail et des chevaux presque aussi étonnants que lui-même. Ils travaillent pour lui et lui parlent. Il ne les mange pas ; non plus qu'il ne chasse ni ne mange les bêtes sauvages. Il a un grand nombre de ruches d'abeilles féroces, et il vit principalement de crème et de miel.
Enfin, Gandalf repoussa son assiette et son pichet – il avait mangé deux miches entières (avec des masses de beurre, de miel et de crème caillebottée) et bu pour le moins un litre d'hydromel – et il tira sa pipe :
[Beorn à Bilbo] Jeannot Lapin redevient gras et appétissant, à force de pain et de miel, ajouta-t-il en gloussant. Venez donc en prendre encore un peu !

Le même genre de repas en gros se trouve tôt dans le SdA, pendant la rencontre de Frodon, Sam, Pippin en route vers Creux-de-Crique avec la compagnie de Gildor Inglorion (il n'est peut être pas insignifiant qu'ils s'annoncent d'abord par leur chant ?):

Pippin se rappela peu de chose, par la suite, de la nourriture ou de la boisson, car il avait l'esprit accaparé par la lumière sur les visages des elfes et le son de voix si variées et si belles qu'il avait l'impression de vivre un rêve éveillé. Mais il se souvint d'un pain qui surpassait en saveur une belle miche blanche pour un affamé ; et de fruits aussi doux que des baies sauvages et plus parfumés que les fruits cultivés des jardins ; il vida un coupe remplie d'une boisson odorante, fraîche comme une source claire, dorée comme un après midi d'été.

Assurément il y a entre ces festins des ressemblances singulières... N'y aurait-il pas là comme une sorte d'archétype ?

Moraldandil

[small]> J’en fus quelque peu enivré ; (…) et ma « propre langue » – ou les séries de langues inventées – ont été fortement finnoicisées [« Finnicized » (sic)] quant à leur structure et leur style phonétique. »
Ne serait-ce pas plutôt "finnisées" ? ;-)[/small]
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