Oui, troublant. On savait que Sauron avait enseigné son art aux elfes, mais de Morgoth, je ne m'en souvenais pas.
Enfin, si Morgoth s'sest inscrit dans toute la matière, et que les elfes ont par "magie" pouvoir sur la matière, c'est peut-être bien que Morgoth y est pour quelque chose.
Mais c'est un peu louche, car les elfes ont quand même ce "don" d'Iluvatar d'être capable (donc d'avoir le pouvoir) d'embellir la création.
Linguistiquement, "gûl" n'est cependant pas associé à Morgoth. (je vais trop vite, argh !)
Et dans l'autre citation de lettre 131, "approchant de la magie" signifie bien qu'il ne s'agit pas de magie (au sens où Tolkien l'emploie), si on veut le lire ainsi. Il parle plutôt, comme dans le passage que je citais, d'accomplissement plus parfait d'une qualité naturelle: "natural powers". Celui de faire du beau, de consoler, de reposer, de plaire, de soigner, de faire rire, de cuisiner, de comprendre, de communiquer, de forger, de coudre, de courir, de tirer à l'arc... (etc, etc...).
Faire monter l'eau d'une rivière ne fait pas à ma connaissance partie des "natural powers", qui pour Tolkien sont aussi ceux des hommes. ("Leur 'magie' est l'Art, délivré de beaucoup de ses limitations humaines: plus reposante, plus rapide, plus complète").
Mais on peut supposer que le barage construit est lui réalisé avec cet Art des Elfes, et j'accepterai d'imaginer que le barrage puisse être, lui, contrôlé un peu par ce qu'on appelerait magie, ou fonctionnerait un peu de cette manière.
Mj>>
Ma "position" ?? Parles-tu à Vinyamar en tant qu'homme religieux, ou que fan de Tolkien, (ou qu'auteur en devenir :-)) ? Ce terme de position a habituellement ce genre de connotation, il me surprend donc.
Mais c'est une intéressante question sur tous les points (alors pourquoi je complique, hein ?)
Euuh... C'est quand même difficile comme question. Tolkien a une conception de la magie très poétique et très belle, qui n'a heureusement rien à voir avec celle des jeux de rôle qui ont malheureusement déformé ma vision.
Je vais t'avouer que le seul point qui me gêne pour avoir une véritable opinion de la magie de Tolkien est l'éclair blanc que lance Gandalf sur les Nâzgul à Minas Tirith.
Il y a plusieurs types de magie:
- celle de l'ennemi
- celle des Istari
- celle des elfes
(on pourrait ajouter celle des Valar, qui en fait se rapproche de celle des Elfes, en plus puissant, et celle des êtres indépendant, que je qualifierai de naturelle (vieux saule, carahdras)).
La magie de l'ennemi est la véritable "magie" dans le sens où la condamne la Bible. Quel que soit le but recherché, bon ou mauvais, il fait appel à des forces qui asservissent l'homme à son insu, quand il n'est simplement pas subjugué par la magie elle même.
Tolkien l'associe très ingénueusement avec la Machine. Les deux n'ont pas leur place dans un monde naturel.
La magie des elfes (c'est cependant une discussion san fin) est (toujours selon moi) un pouvoir de communion avec la Création plus intime, plus intense, que les hommes, et un pouvoir, un contrôle sur eux même plus intense aussi.
Je ne le qualifie par d'Art (c'est trop facile) mais je ne trouve rien de mieux pour l'instant. Bon le sujet est trop difficile.
La magie des Istari est pour moi typiquement celle des anges dans la Bible quand il se rendent visible. Il guérissent, il font du feu avec leur bâton (Raphaël), ils protègent, ils guident... Leur magie (les istari) est très particulière, car elle est à la fois celle des elfes et celle de l'ennemi. C'est un pouvoir extérieur à la création, qui peut donc la brutaliser.
Je ne suis pas très clair, aprce que ta question n'est pas très précise, et parce que le sujet est discuté sans fin et n'est donc pas fixe.

