11-11-2003, 06:25
11) Création(s) et alphabet(s)
On ne trouve pas dans la Bible de réponse précise à la question suivante : À quel moment les anges ont-ils été créés ? Nous avons vu que la tradition rabbinique proposait le troisième ou le cinquième jour (Gen. Rabba). Un verset biblique permet pourtant d’expliquer une tradition apocryphe (celle des Jubilés) qui a choisi le premier jour de la Création comme jour de la création des anges. En effet, si Dieu répond à Job du milieu du tourbillon en demandant : « Où étais-tu quand j’ai fondé la terre et que tous les fils de Dieu éclataient de joie ? » (Job 38:4-7), c’est que les anges avaient été créés avant que Dieu établisse la terre (prise pour la Création) sur ses bases et lui donne sa mesure…
Les Valar et les Maiar du Légendaire tolkienien relèvent de cette tradition puisque dans la Valaquenta, nous lisons qu’[emphase]« au commencement Eru (…) créa les Ainur. (…) Ceux des Ainur qui le voulurent se levèrent et entrèrent dans le Monde au commencement du temps, et ce fut leur tache que de l’achever »[/emphase] (p.25) ; nous apprenons également qu’[emphase]« avec les Valar vinrent d’autres esprits dont l’existence remontaient aussi avant la création du Monde (…) ce sont les Maiar (…) »[/emphase] (p.32).
Rúmil, appelé le Sage de Tirion, était bien placé pour connaître [emphase]« les récits des Eldar »[/emphase] rassemblés dans la Valaquenta puisqu’il fut l’auteur du récit parallèle qu’est l’Ainulindalë et qu’il était un Elfe noldorin de Valinor.
Ce sage fut également l’inventeur du premier alphabet, l’alphabet qui a servi à recueillir la pensée des Valar qui ont fondé le Monde. Imaginez alors la fascination de Rúmil devant un livre appelé le Séfer Yezira (Le Livre de la Création). Le livre est petit, à peine deux mille mots dans sa version longue, plus modeste même que l’Ainulindalë… mais Rúmil aurait étudié longuement ce « plus ancien texte hébreu de pensée systématique et spéculative qui nous soit parvenu » (Scholem, p.72) et qui présente les « 22 lettres élémentaires » de l’alphabet hébreu comme le fondement de la création toute entière :
[citation]« 22 lettres fondamentales : il [Dieu] les a gravées, sculptées, permutées, pesées, transformées. Avec elles, il a représenté tout ce qui a été formé et tout ce qui sera formé » (SY 2 :2)[/citation]
Il y a là, en résumé, l’enseignement de la Kabbale affirmant que les lettres de l’alphabet hébreu furent créées en premier et qu’ensuite, à l’aide de ces lettres, Dieu créa l’Univers. C’est la signification ésotérique de la première phrase de la Genèse : br`syt br` `lhym `t = Bereshit bara Elohim eth (Gn 1 :1), soit : « Au commencement Elohim créa ‘alèph-tav’ » ; c’est-à-dire qu’il créa les lettres depuis la première (Alèf : `) jusqu’à la dernière (Tav : t). De plus, non seulement cette première phrase de la Genèse (« Au commencement Elohim créa les cieux et la terre ») a pour initiales les lettres suivantes : Hé-Vav-Hé-Alèf-Alèf-Beith-Beith, dont la somme est égale, en guématria classique, à 22 (2+2+1+1+5+6+5), mais les trois premiers mots br`syt br` `lhym ont une guématria égale à 1202, tout comme l’expression : bkb `vtyvt br` ´vlmv « avec 22 lettres, Il a créé son Monde » (L’alphabet hébreu et ses symboles, Georges Lahy, p.20-1).
Est-ce alors un simple hasard si les seuls êtres célestes mentionnés dans la Valaquenta, dont on connaisse le nom et qui ont participé à la formation du Royaume d’Arda (à savoir, les 14 Valar avec leur « Shemêhaza » — Melkor, et les 6 Maiar avec leur « Asaël » — Sauron [*] ;) forment un groupe de…22 [emphase]« anges »[/emphase] ?
Car alors, pourquoi ne pas avoir mentionné Arien et Tilion, les Maiar qui auront le rôle non négligeable de régler les courses du Soleil et de la Lune (QS, XI) ?
Ainsi, dans la tradition judéo-chrétienne orthodoxe ou ésotérique comme dans le Légendaire du Silmarillion, on trouve liés la Création et le Verbe, la Vision et la Lettre. La parole est créatrice, le mot prononcé empli le Vide et le mot écrit traverse les Abîmes du Temps. Il n’est plus innocent de constater que Manwë, [emphase]« Légat d’Ilúvatar »[/emphase] en Arda, aime par dessus tout [emphase]« la musique et la poésie, car la poésie [normal](= la Lettre)[/normal] est son plaisir, le chant des mots [normal](= le Verbe)[/normal] sa vraie musique »[/emphase] (p.46) ; et l’exemple de Yavanna qui fait pousser les plantes [emphase]« grâce à son chant »[/emphase] à [emphase]« l’air sacré »[/emphase] (p.43) confirme qu’au commencement de la Création était le Verbe, la Grande Musique.
Ainsi, Valar et Maiar, lettres vivantes de l’alphabet d’Ilúvatar, sont antérieur à la création, et une fois la matière créée, ce sont eux seuls qui donnent forme au Monde.
[*] Pour mémoire :
[citation]Valar (14 Ainur-Valar = 8 Aratar + 6) :
(1-2) Manwë et Varda,
(3-4) Aulë et Yavanna,
(5-6) Námo (Mandos) et Vairë,
(7-8) Irmo (Lórien) et Estë,
(9-10) Tulkas et Nessa,
(11-12) Oromë et Vána,
(13) Ulmo,
(14) Nienna.
On ne trouve pas dans la Bible de réponse précise à la question suivante : À quel moment les anges ont-ils été créés ? Nous avons vu que la tradition rabbinique proposait le troisième ou le cinquième jour (Gen. Rabba). Un verset biblique permet pourtant d’expliquer une tradition apocryphe (celle des Jubilés) qui a choisi le premier jour de la Création comme jour de la création des anges. En effet, si Dieu répond à Job du milieu du tourbillon en demandant : « Où étais-tu quand j’ai fondé la terre et que tous les fils de Dieu éclataient de joie ? » (Job 38:4-7), c’est que les anges avaient été créés avant que Dieu établisse la terre (prise pour la Création) sur ses bases et lui donne sa mesure…
Les Valar et les Maiar du Légendaire tolkienien relèvent de cette tradition puisque dans la Valaquenta, nous lisons qu’[emphase]« au commencement Eru (…) créa les Ainur. (…) Ceux des Ainur qui le voulurent se levèrent et entrèrent dans le Monde au commencement du temps, et ce fut leur tache que de l’achever »[/emphase] (p.25) ; nous apprenons également qu’[emphase]« avec les Valar vinrent d’autres esprits dont l’existence remontaient aussi avant la création du Monde (…) ce sont les Maiar (…) »[/emphase] (p.32).
Rúmil, appelé le Sage de Tirion, était bien placé pour connaître [emphase]« les récits des Eldar »[/emphase] rassemblés dans la Valaquenta puisqu’il fut l’auteur du récit parallèle qu’est l’Ainulindalë et qu’il était un Elfe noldorin de Valinor.
Ce sage fut également l’inventeur du premier alphabet, l’alphabet qui a servi à recueillir la pensée des Valar qui ont fondé le Monde. Imaginez alors la fascination de Rúmil devant un livre appelé le Séfer Yezira (Le Livre de la Création). Le livre est petit, à peine deux mille mots dans sa version longue, plus modeste même que l’Ainulindalë… mais Rúmil aurait étudié longuement ce « plus ancien texte hébreu de pensée systématique et spéculative qui nous soit parvenu » (Scholem, p.72) et qui présente les « 22 lettres élémentaires » de l’alphabet hébreu comme le fondement de la création toute entière :
[citation]« 22 lettres fondamentales : il [Dieu] les a gravées, sculptées, permutées, pesées, transformées. Avec elles, il a représenté tout ce qui a été formé et tout ce qui sera formé » (SY 2 :2)[/citation]
Il y a là, en résumé, l’enseignement de la Kabbale affirmant que les lettres de l’alphabet hébreu furent créées en premier et qu’ensuite, à l’aide de ces lettres, Dieu créa l’Univers. C’est la signification ésotérique de la première phrase de la Genèse : br`syt br` `lhym `t = Bereshit bara Elohim eth (Gn 1 :1), soit : « Au commencement Elohim créa ‘alèph-tav’ » ; c’est-à-dire qu’il créa les lettres depuis la première (Alèf : `) jusqu’à la dernière (Tav : t). De plus, non seulement cette première phrase de la Genèse (« Au commencement Elohim créa les cieux et la terre ») a pour initiales les lettres suivantes : Hé-Vav-Hé-Alèf-Alèf-Beith-Beith, dont la somme est égale, en guématria classique, à 22 (2+2+1+1+5+6+5), mais les trois premiers mots br`syt br` `lhym ont une guématria égale à 1202, tout comme l’expression : bkb `vtyvt br` ´vlmv « avec 22 lettres, Il a créé son Monde » (L’alphabet hébreu et ses symboles, Georges Lahy, p.20-1).
Est-ce alors un simple hasard si les seuls êtres célestes mentionnés dans la Valaquenta, dont on connaisse le nom et qui ont participé à la formation du Royaume d’Arda (à savoir, les 14 Valar avec leur « Shemêhaza » — Melkor, et les 6 Maiar avec leur « Asaël » — Sauron [*] ;) forment un groupe de…22 [emphase]« anges »[/emphase] ?
Car alors, pourquoi ne pas avoir mentionné Arien et Tilion, les Maiar qui auront le rôle non négligeable de régler les courses du Soleil et de la Lune (QS, XI) ?
Ainsi, dans la tradition judéo-chrétienne orthodoxe ou ésotérique comme dans le Légendaire du Silmarillion, on trouve liés la Création et le Verbe, la Vision et la Lettre. La parole est créatrice, le mot prononcé empli le Vide et le mot écrit traverse les Abîmes du Temps. Il n’est plus innocent de constater que Manwë, [emphase]« Légat d’Ilúvatar »[/emphase] en Arda, aime par dessus tout [emphase]« la musique et la poésie, car la poésie [normal](= la Lettre)[/normal] est son plaisir, le chant des mots [normal](= le Verbe)[/normal] sa vraie musique »[/emphase] (p.46) ; et l’exemple de Yavanna qui fait pousser les plantes [emphase]« grâce à son chant »[/emphase] à [emphase]« l’air sacré »[/emphase] (p.43) confirme qu’au commencement de la Création était le Verbe, la Grande Musique.
Ainsi, Valar et Maiar, lettres vivantes de l’alphabet d’Ilúvatar, sont antérieur à la création, et une fois la matière créée, ce sont eux seuls qui donnent forme au Monde.
[*] Pour mémoire :
[citation]Valar (14 Ainur-Valar = 8 Aratar + 6) :
(1-2) Manwë et Varda,
(3-4) Aulë et Yavanna,
(5-6) Námo (Mandos) et Vairë,
(7-8) Irmo (Lórien) et Estë,
(9-10) Tulkas et Nessa,
(11-12) Oromë et Vána,
(13) Ulmo,
(14) Nienna.
Maiar (6) :
(15-16) Ilmarë (§Varda) et Eönwë (§Manwë),
(17-18) Ossë (§Ulmo) et Uinen (§Ulmo),
(19) Melian (§Vana),
(20) Olorin (§Lorien, §Nienna)
Ennemis (2) :
(21) Melkor (Ainu, ex Vala, ex Arata),
(22) Sauron (Maia, §Aulë , §Melkor),
Valaraukar (Balrogs), mais aucun nom n’est donné.
§X= serviteur de X[/citation]
Sosryko

