Je t'écris pour te dire que je suis très mécontent de ton inqualifiable comportement.
Hier soir, tu as oublié de nourrir Behemoth, le soir d'avant, tu lui as donné des os d'enfants de deux ans alors que je t'est toujours expliqué que Behemoth était un chat délicat au palais sensible et qu'il ne pouvait digérer que des Os de bébés de MOINS de UN an.
De plus, la dernière vierge que tu m'as sacrifié sur l'autel de tes coupables passions avait un esprit simplet et vouait un culte sordide à Legolas! Non mais on aura tout vu! Crois tu qu'un Empereur comme moi se contente de tels produits de dernière fraîcheur. J'exige des âmes dignes de ce nom, pas des aliments lyophilisés dont même Belial ne voudrait pas.
En outre, lors de ta dernière invocation à la poule noire, tu étais en retard de trente seconde, trente secondes, dix de plus et crois-bien que tu aurais du faire face aux sévices les plus abominables.
Tu es devenu un serviteur fat, outrecuidant et négligé. Sache que les dons que je t'ai donné peuvent-t'être ravis tout aussi prestement si j'estime que tu manques à tes devoirs les plus rudimentaires (comme réciter le pater noster en quenya, grec et latin à l'envers tout les vendredi soirs).
Ne crois pas que tu puisses rassembler sous ta bannière immaculée les scouts de France, si tu n'as pas reçu mon consentement au préalable, ne crois pas que tu puisses bouter les hérétiques hors de Jrrvf, si tu n'accomplis pas ta besogne quotidienne, et n'espère même pas faire un jour partie du Saint Conseil, si ta soumission ne m'est pas totale, principes primordiaux que bien des papes et des évèques ont appliqués et qui leur sont avérés fort bénéfiques.
N'oublie pas que sans mon ombre, point de lumière, sans mon fardeau, point de bonté dont tu fais de trop grandes louanges.
Et si tu vénères l'amour de Ton Seigneur, alors tu dois me vénérer au centuple car je suis celui par qui ta foi est possible.
Et lorsque par les froides soirées d'hiver le doute t'étreint, que l'amour infini te dégoute ou t'ennuie, alors tu sais que je suis en toi et qu'il faut me rendre gloire, sinon ton monde n'existerait plus, sans mes dons, sans mes tentations auxquelles tu te prêtes parfois aisément, l'unité des scouts ne seraient qu'absurde chimère, Tolkien un anarchique libertaire et le Concil papal une réunion saugrenue dont l'existence inutile ne changerait rien au monde.
N'oublie pas que c'est l'ombre qui a fait ta lumière et rend moi hommage avant qu'il ne soit trop tard et que Behemoth fatigué de tant de relâchement ne décapite ton âme.
Bien à toi,
Satan, Empereur des septs mondes, Prince de l'Exil, Protecteur des Savants, Père des Pariah, Patron des conspirateurs et Egide des Assassins.

