Il me semble cependant que Tolkien n'envisage la guerre que dans un cadre "militaire". Je m'explique : dans le cadre de l'histoire de Turin, Beleg ( qui me semble-t-il représente Tolkien à ce moment-là ) considère que la guérilla de harcèlement que son ami ^ène avec ses hors-la-loi est plus néfaste à long terme que bénéfique. Il essaie, d'ailleurs, d'abord de ramener Turin dans le cadre de l'armée régulière de Doriath.
Il y a aussi, toujours dans la même histoire, une condamnation de la guerre orgueilleuse, empanachée, que turin mène depuis Nargothrond, et qui finira par aboutir à la chute de la ville.
ET, pour en revenir au SdA, il me semble qu'un auteur militariste aurait donné plus d'importance aux actions militaires dans le dénouement de la guerre : elle ne se termine pas par une victoire des armes, mais par une défaite que je qualifierai "mistyco-magique" de l'ennemi. Aragorn n'écrase pas le Mordor "militairement".
Un autre aspect de ce "non-militarisme" ( qui n'est pas de l'ANTI-militarisme, attention ! ) est l'accession au trône d'Aragorn : il n'entre pas dans Minas Tirith comme un général vainqueur ( ce qu'il est ), mais comme un guérisseur caché.

