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Le militarisme de Tolkien
#21
Il y a respect des armes de la part de Faramir ( et de Tolkien, si on peut penser que cette phrase reflète son état d'esprit ) aprce que ces armes défendent quelque chose. Et que ce quelque chose est justement la paix, la vie, les gens ( de son peuple d'abord, mais n'est-ce pas normal ? ). Il n'y a pas d'admiration de la guerre pour elle-même. L'exploit chevaleresque n'existe pas non plus "pour lui-même". La guerre est là parce qu'elle est un passage obligé, parce que, quand on est attaqué, on a le devoir de défendre les siens. Je crois qu'on ne peut pas parler là de "militarisme", mais de respect de l'aspect militaire qui est parfois indispensable.

Il me semble cependant que Tolkien n'envisage la guerre que dans un cadre "militaire". Je m'explique : dans le cadre de l'histoire de Turin, Beleg ( qui me semble-t-il représente Tolkien à ce moment-là ) considère que la guérilla de harcèlement que son ami ^ène avec ses hors-la-loi est plus néfaste à long terme que bénéfique. Il essaie, d'ailleurs, d'abord de ramener Turin dans le cadre de l'armée régulière de Doriath.

Il y a aussi, toujours dans la même histoire, une condamnation de la guerre orgueilleuse, empanachée, que turin mène depuis Nargothrond, et qui finira par aboutir à la chute de la ville.

ET, pour en revenir au SdA, il me semble qu'un auteur militariste aurait donné plus d'importance aux actions militaires dans le dénouement de la guerre : elle ne se termine pas par une victoire des armes, mais par une défaite que je qualifierai "mistyco-magique" de l'ennemi. Aragorn n'écrase pas le Mordor "militairement".
Un autre aspect de ce "non-militarisme" ( qui n'est pas de l'ANTI-militarisme, attention ! ) est l'accession au trône d'Aragorn : il n'entre pas dans Minas Tirith comme un général vainqueur ( ce qu'il est ), mais comme un guérisseur caché.

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