Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Le militarisme de Tolkien
#81
Bonjour à tous et salutations à chacun ! Je suis peut-être connu de certains d'entre vous et j'ai posté hier sans m'être présenté. J'espère avoir pallié à ce manque de correction.

Dire que Tolkien est antimilitariste me semble malgré tout un peu exagéré. Tolkien est un homme de son temps, il a vécu deux guerres mondiales et son oeuvre, sans être complaisant pour le fait guerrier, semble voir en lui une forme d'aboutissement, de déniaisement, en fait.
J'entends par là qu'aucun membre de la communauté n'a pu se tenir à l'écart de la guerre et qu'ils s'y sont tous compromis, si le terme peut être admis. Tolkien montre plutôt comment le devoir pousse des êtres insignifiants et pacifiques à se sublimer dans la lutte, qu'elle soit contre un individu.
Le moteur humain principal du livre est la fraternité, la camaraderie. L'atonie des histoires de coeur dénote au point que Tolkien ait été critiqué et jugé misogyne. Or cette apologie de la communion des frères d'armes est un trait typique des vétérans de la première guerre mondiale. Rappelons-nous des idéaux hélas issus de cette période, de la puissance des cercles d'anciens combattants dans tous les pays belligérants et de l'esprit si particulier qui était le point commun de tous revenus de cet enfer. Si la guerre est sale, elle peut être juste et magnifier les relations humaines. Elle contient des heures enivrantes (les charges diverses et les heures de gloire) et des périodes sombres (les heures de doute et d'échec).
Le cas le plus typique est la bataille des cinq armées. Juste avant l'arrivée des Orques, des Chauve-souris et des Loups, les armées humaines et elfiques allaient se heurter aux forces de Daïn pour le trésor des Nains. Cet épisode aurait été tragique, des forces du Bien se battant pour des questions éthiquement peu crédibles. Par contre, la lutte contre le Mal, elle, se justifie d'elle-même.

Je pense que Tolkien ne rejetait pas la guerre non plus qu'il ne l'ensençait. Elle pouvait être mal nécessaire et une expérience humaine enrichissante par elle-même. Mais si le droit néglige la force, la force se passera du droit. Tout un chacun doit se tenir prêt.
Un autre cas d'école est la campagne qui brisa Arthedain et Angmar. Lorsqu'Eärnur accoste, les arthedain voient son détachement comme une armée fantastique, alors qu'elle n'est qu'une partie congrue, assez petite pour être distraite des forts frontaliers sans risquer d'attiser l'intérêt des voisins envahissants. A l'image de l'Arthedain somnolent, indolent et par trop théorique s'oppose l'image d'un Gondor prêt à l'initiative et à l'action. La guerre doit être envisagée comme un moyen de se prémunir d'un péril, comme une extrémité mais une extrémité envisageable si le besoin s'en fait sentir. En cela, dire que Tolkien est antimilitariste me semble un avis trop prononcé.

Voilà mon avis...

Que vos barbes poussent toujours plus longues !

Thorïn II Ecu-de-Chêne, Roi Sous la Montagne

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)