Revenons-en un peu aux livres... Quelques vacances : l'occasion de terminer ce soir la lecture de cette saga.
Elle commence par deux recueils de nouvelles plutôt plaisantes, jouant habilement avec les codes du genres et les contes traditionnels, sans trop de prétention, avec de l'humour et une belle plume — On pourra toujours objecter, quant à ce dernier point, que c'est une traduction et que cela ne dit pas forcément tout du style de l'auteur, mais je sais reconnaitre une trame narrative et une construction astucieuse... Et c'est bigrement bien fichu ! Peut-être que certains trouveraient que c'est une facilité de revisiter Blanche-Neige et Cie... Mais c''est fait non sans talent, d'une manière plutôt originale, et bien posée, avec respect.
Puis démarre la saga elle même, sur 5 volumes qu'une critique d'un "Caracole" citée plus haut par Hyarion disait "décevante" et bourrée de "poncifs"... Alors chacun ses goûts, sans doute... Parce que si le tout début est peut-être assez conventionnel dans la littérature de ce genre (ce qui n'est pas une critique, mais simplement le constat qu'il faut un peu de temps pour bien poser un univers), le récit part dans des directions assez inattendues, dans une forme de narration sans cesse renouvelée... Oui, cela progresse lentement — quoique toujours en crescendo. Oui, il y a pléthores de personnages secondaires — mais bien brossés, et à mon sens apportant tous quelque chose à la vue d'ensemble. La tension dramatique croit, sans que l'humour disparaisse pour autant, et la narration devient en même temps une sorte de déconstruction qui explose complètement son cadre, tant spatial que temporel. Au risque de me répéter, je parlais plus haut de trame narrative astucieuse : là cela devient une structure de haut vol, bourrée de références, de clins d’œils, d'emprunts malins, d'entrelacements osés, d'allers et retours puissants, de grands moments épiques, de discussions philosophiques ou de poésie pure. A l'apogée, tout le bestiaire du conte y est convoqué, elfes parfaitement non-humains, batailles et conflits, licornes, matière arthurienne, paysages féériques, ouroboros, et même hobbits (si, si !).
Les grands auteurs de fantasy se comptent sur les doigts d'une main. A mon sens, Sapkowski y a pleinement sa place. Sauf si un sorceleur ou une sorceleuse en ont tranché les doigts ;-)
EDIT: Si Netflix veut vraiment adapter ça, ils ont du cran. A côté, GoT, c'est de la gnognotte facile
Elle commence par deux recueils de nouvelles plutôt plaisantes, jouant habilement avec les codes du genres et les contes traditionnels, sans trop de prétention, avec de l'humour et une belle plume — On pourra toujours objecter, quant à ce dernier point, que c'est une traduction et que cela ne dit pas forcément tout du style de l'auteur, mais je sais reconnaitre une trame narrative et une construction astucieuse... Et c'est bigrement bien fichu ! Peut-être que certains trouveraient que c'est une facilité de revisiter Blanche-Neige et Cie... Mais c''est fait non sans talent, d'une manière plutôt originale, et bien posée, avec respect.
Puis démarre la saga elle même, sur 5 volumes qu'une critique d'un "Caracole" citée plus haut par Hyarion disait "décevante" et bourrée de "poncifs"... Alors chacun ses goûts, sans doute... Parce que si le tout début est peut-être assez conventionnel dans la littérature de ce genre (ce qui n'est pas une critique, mais simplement le constat qu'il faut un peu de temps pour bien poser un univers), le récit part dans des directions assez inattendues, dans une forme de narration sans cesse renouvelée... Oui, cela progresse lentement — quoique toujours en crescendo. Oui, il y a pléthores de personnages secondaires — mais bien brossés, et à mon sens apportant tous quelque chose à la vue d'ensemble. La tension dramatique croit, sans que l'humour disparaisse pour autant, et la narration devient en même temps une sorte de déconstruction qui explose complètement son cadre, tant spatial que temporel. Au risque de me répéter, je parlais plus haut de trame narrative astucieuse : là cela devient une structure de haut vol, bourrée de références, de clins d’œils, d'emprunts malins, d'entrelacements osés, d'allers et retours puissants, de grands moments épiques, de discussions philosophiques ou de poésie pure. A l'apogée, tout le bestiaire du conte y est convoqué, elfes parfaitement non-humains, batailles et conflits, licornes, matière arthurienne, paysages féériques, ouroboros, et même hobbits (si, si !).
Les grands auteurs de fantasy se comptent sur les doigts d'une main. A mon sens, Sapkowski y a pleinement sa place. Sauf si un sorceleur ou une sorceleuse en ont tranché les doigts ;-)
EDIT: Si Netflix veut vraiment adapter ça, ils ont du cran. A côté, GoT, c'est de la gnognotte facile

