Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Le Destin des Orcs
#27
Ylla: "Nous ne parlions pas de mécaniques au sens propre, bien sûr."
(Je l'entendais bien ainsi)

"Et concernant l'instinct de survie, j'ai mon hypothèse à avancer : il ne s'agit pas d'échapper à la mort, mais aux griffes d'ennemis dont on leur a vanté la cruauté ; en d'autres termes, c'est la souffrance que fuient les orcs. Le réflexe est plus physique que psychologique."

J'apprécie l'intelligence de tes arguments. Toutefois, l'ensemble de ton assertion (ce n'est qu'un extrait ci-dessus) vise à relativiser cet instinc de survie orc, là où j'y verrais un point d'achoppement plus complexe. Ce que tu avances convient davantage aux Spectres de l'Anneau.
D'abord, la seule proposition que les Orcs craignent uniquement la cruauté des Elfes et des Hommes légitimerait leurs méfaits. Ainsi, le Mal n'est pas consciemment de leur côté mais bien de celui des Enfants d'Iluvatar. Cette idée me gêne. Sachant aussi que les Orcs, forts de cette prétendue "légitimité", adopteraient une attitude plus défensive.
Par ailleurs, élevés ("breeded") et sélectionnés dans le seul but du combat et de la férocité (pourquoi ne pas imaginer une forme d'eugénisme au sein de la population orque, les "faibles" étant éliminés), ils sont voués à la tuerie et à la souffrance. Les Orcs, me semble, vivent dans et par le groupe au fanatisme forcé et appris. Dans une bataille tournée au désavantage du groupe, pourtant, ils fuient et crient et redeviennent des individualistes. Ils sont capables de doute et d'anticipation des conséquences en cas d'issue fâcheuse pour chacun d'eux. Cette attitude n'a rien de systématique ni de mécanique à mon sens et relève davantage d'une forme individualisée de l'instinc de survie, si tronqué et rudimentaire soit-il. Ce n'est donc pas tant la souffrance que la mort, le néant qu'ils redoutent, hormis toute la dimension proprement humaine (et elfique)bien entendu.
Enfin, eu égard au génie pointilleux de Tolkien, je ne peux imaginer une épopée de dimension si merveilleuse et eschatologique dans laquelle chaque acteur, en bien ou en mal, n'ait son rôle particulier. A défaut, les Orcs ne seraient que des faire-valoir. Et je n'ai trouvé aucun exemple chez Tolkien d'un rôle uniquement réduit à staisfaire l'action. (Bon d'accord, je n'ai lu que Bilbo, le SdA et le Silmarillion. Que les contradicteurs me fassent signe ;-)
Bref, je vois bien un souci de survie et de l'intérêt propre lorsque la cohésion du groupe, cimentée par la peur et le mal viscéral, se délite.

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)