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Le Destin des Orcs
#34
En implorant par avance votre indulgence pour ce qui va suivre, je vous propose une piètre tentative de traduction du second paragraphe de l'extrait cité plus haut du brouillon de Lettre n°153 à Peter Hastings.
(>Cher Vinyamar, non seulement il y a des phrases plutôt tordues et interrompues par de longues parenthèses de l'auteur, mais en plus, j'avais fait des fautes de frappe, ce qui ne simplifiait pas le travail sans le bouquin sous les yeux... merci encore pour la première partie):

deuxième partie de l'extrait: I am not sure about Trolls. I think they are mere'counterfeits', and hence (though here I am of course only using elements of old barbarous mythmaking that had no 'aware' metaphysic) they return to mere stone images when not in the dark. But there are other sorts of Trolls beside these rather ridiculous, if brutal, Stone-trolls, for wich other origins are suggested. Of course (since inevitably my world is highly imperfect even on its own plane nor made wholly coherent - our Real World does not appear to be wholly coherent either; and I am actually not myself convinced that, though in every world on every plane all must ultimately be under the Will of God, even in ours there are not some'tolerated' sub-creational counterfeits!) when you make Trolls speak you are giving them a power, wich in our world (probably) connotes the possession of a 'soul'. But I do not agree (if you admit that fairy-story element) that my trolls show any sign of 'good', strictly and unsentimentally viewed. I do not say William felt pity - a word to me of moral and imaginative worth: it is the Pity of Bilbo and later Frodo that ultimately allows the Quest to be achieved - and I do not think he showed Pity. I might not (if The Hobbit had been more carefully written, and my world so much thought about 20 years ago) have used the expression 'poor little blighter', just as I should not have called the troll William. But I discerned no pity even then, and put in a plain caveat. Pity must restrain one from doing something immediately desirable and seemingly advantageous. There is no more 'pity' here than in a best of prey yawning, or lazily patting of creature it could eat, but does not want to, since it is not hungry. Or indeed than there is in many of men's action, whose real roots are in satiety, sloth, or a purely non-moral matural softness, though they may dignify them by 'pity's'Name.

NB: je me suis permis pas mal de libertés pour ne pas faire du mot à mot et tenter de fluidifier un peu la traduction. Les principaux écarts sont en italique. J'espère qu'il n'y a pas trop de faux sens ou de contre-sens. Les appartés de Tolkien sont en petits caractères.

[...]Je ne suis pas sûr au sujet des Trolls. Je pense qu’ils sont de pures ‘contrefaçons’ d’où le fait (encore qu’ici j’utilise, bien sûr, uniquement des éléments d’anciennes formes barbares d’élaboration du mythe qui n’avaient pas de ‘connaissance {conscience ?}’ métaphysique) qu’ils retournent à l’état de simples figures de pierre quand ils ne sont pas dans le noir. Mais il y a d’autres espèces de Trolls à côté de ces assez ridicules, plutôt brutaux, trolls de pierre, pour lesquels d’autres origines sont suggérées. Bien sûr (puisque inévitablement mon Monde est grandement imparfait même à son propre niveau et pas même conçu {de manière} entièrement cohérente – notre Monde Réel n’apparaît pas plus comme complètement cohérent, et, en fait, je ne suis pas personnellement convaincu, bien que dans chaque monde à chaque niveau tout en fin de compte soit sous la Volonté de Dieu, que même dans les nôtres il n’existe pas de contre-façons {sub-créées} qui soient tolérées) si vous faites parler les Trolls, vous leur donnez un pouvoir, qui dans notre monde indique (probablement) la possession d’une ‘âme’. Mais je ne suis pas d’accord (si vous admettez cet élément d’histoire féerique) pour que mes trolls montrent quoi que ce soit de ‘bon’ d’un point de vue strict et dépourvu de sentiment. Je ne dis pas que William éprouve de la pitié – un mot pour moi de valeur morale et imaginative : C’est la pitié de Bilbo et plus tard de Frodo qui, en définitive, permet que la Quête soit achevée - et je ne pense pas qu’il a montré de la pitié. Je n’aurais pas dû (si « The Hobbit » avait été écrit plus prudemment, et mon monde plus encore quoiqu’il y a presque 20 ans) utiliser l’expression ‘pauvre petit bonhomme’ tout comme je n’aurais pas dû appeler le troll William. Mais je n’ai en ce temps-là discerné aucune pitié et j’ai produit une évidente opposition. La pitié doit empêcher quelqu’un de faire quelque chose d’immédiatement désirable ou apparemment profitable. Il n’y a pas plus de pitié ici que dans le bâillement d’une bête de proie, ou la caresse paresseusement donnée à la créature qu’il peut manger, mais qu’il ne veut pas [manger] tant qu’il n’a pas faim. Ou, vraiment, en comparaison, il y a beaucoup d’actions des hommes dont les fondements réels sont dans la satiété, l’indolence, ou une pure mollesse amorale et mûrie, bien qu’ils puissent leur donner de la dignité au nom de la ‘pitié’.

Et maintenant, au boulot pour le troisième et dernier paragraphe de la citation.

Silmo

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