05-10-2003, 10:37
Bonjour à tous aussi!
En voila un sujet : "du matriarcat chez Tolkien"! Lui que l'on disait misogyne.
Pour répondre à Laegalad :
Hmm... C'est une théorie, née au 19e s., remise à l'honneur par les travaux de Marija Gimbutas dans le dernier quart du 20e s., et surtout popularisée par le mouvement féministe américcain. Sans entrer dans les détails, elle se base exclusivement sur le très grand nombre de représentation féminines découvert sur les sites néolithiques et leur répartition sur presque tout le terroire de l'Europe et du Proche-Orient. Vu qu'aucun autre fait objectif ne vient l'appuyer, cela reste une théorie, séduisante certes, mais contestée et non prouvée. A titre de contre exemple : le culte marial est fortement développé dans tous les pays de tradition catholique, soit la moitié de l'Europe, presque toute l'Amérique latine, et plusieurs régions d'Afrique et d'Asie. Les représentations de la Vierge y son innombrables. Si dans, mettons 300 ans, toute trace de notre écriture a disparu, les archéologues du futur pourront-ils en conclure que ces sociétés étaient matriarcales?
Pour en revenir à Tolkien, je vois ici un fameux argument contre sa prétendue misogynie. Il admet le pouvoir féminin, sans doute, comme le dit bien Cynewulf, sous l'influence de l'ère victorienne et des coutumes monarchiques anglaises. Dans le Silmarillion, il parle aussi de Haleth qui, après la mort de son père et de son frère, a pris la tête de son peuple. (Il y a aussi trois reines de Numenor, mais si je me rappelle bien, aucune n'est particulièrement sympathique ni efficace dans son rôle).
Dans l'esprit de Tolkien, la grand-mère de Smeagol devait être la veuve d'un homme important, ou d'un chef de clan. Autoritaire et déterminée, - et peut-être mais là je m'avance un peu, en l'absence d'homme capable ou en âge de le faire, - elle aura pris la tête de la famille, et avec succès semble-t-il, puisque Tolkien la décrit prospère et nombreuse.
Et au fait, dans cet aperçu de l'ancienne organisation sociale hobbitte, plutôt qu'un matriarcat, on voit clairement un structure clanique : une famille élargie, rassemblée sous l'autorité d'un ancêtre commun : ici, la vieille dame. Ce qui concorde avec les sources d'inspirations de Tolkien qui décrivaient bien des sociétés (celtiques, germaniques et finnoises, à l'âge du fer et durant le haut Moyen-âge) organisées sur le modèle clanique.
Voilà Corbeillon, ta curiosité est-elle satisfaite?
En voila un sujet : "du matriarcat chez Tolkien"! Lui que l'on disait misogyne.
Pour répondre à Laegalad :
Hmm... C'est une théorie, née au 19e s., remise à l'honneur par les travaux de Marija Gimbutas dans le dernier quart du 20e s., et surtout popularisée par le mouvement féministe américcain. Sans entrer dans les détails, elle se base exclusivement sur le très grand nombre de représentation féminines découvert sur les sites néolithiques et leur répartition sur presque tout le terroire de l'Europe et du Proche-Orient. Vu qu'aucun autre fait objectif ne vient l'appuyer, cela reste une théorie, séduisante certes, mais contestée et non prouvée. A titre de contre exemple : le culte marial est fortement développé dans tous les pays de tradition catholique, soit la moitié de l'Europe, presque toute l'Amérique latine, et plusieurs régions d'Afrique et d'Asie. Les représentations de la Vierge y son innombrables. Si dans, mettons 300 ans, toute trace de notre écriture a disparu, les archéologues du futur pourront-ils en conclure que ces sociétés étaient matriarcales?
Pour en revenir à Tolkien, je vois ici un fameux argument contre sa prétendue misogynie. Il admet le pouvoir féminin, sans doute, comme le dit bien Cynewulf, sous l'influence de l'ère victorienne et des coutumes monarchiques anglaises. Dans le Silmarillion, il parle aussi de Haleth qui, après la mort de son père et de son frère, a pris la tête de son peuple. (Il y a aussi trois reines de Numenor, mais si je me rappelle bien, aucune n'est particulièrement sympathique ni efficace dans son rôle).
Dans l'esprit de Tolkien, la grand-mère de Smeagol devait être la veuve d'un homme important, ou d'un chef de clan. Autoritaire et déterminée, - et peut-être mais là je m'avance un peu, en l'absence d'homme capable ou en âge de le faire, - elle aura pris la tête de la famille, et avec succès semble-t-il, puisque Tolkien la décrit prospère et nombreuse.
Et au fait, dans cet aperçu de l'ancienne organisation sociale hobbitte, plutôt qu'un matriarcat, on voit clairement un structure clanique : une famille élargie, rassemblée sous l'autorité d'un ancêtre commun : ici, la vieille dame. Ce qui concorde avec les sources d'inspirations de Tolkien qui décrivaient bien des sociétés (celtiques, germaniques et finnoises, à l'âge du fer et durant le haut Moyen-âge) organisées sur le modèle clanique.
Voilà Corbeillon, ta curiosité est-elle satisfaite?

