13-11-2003, 14:10
Aussi, à chacun de se laisser interpeller et de s’entendre dire : « toi, tiens (…) cette vision », quand bien même « elle se rapporte à des temps éloignés » (Dn 8:26). Quand bien même tu serais le seul ; le texte dit : « Pour toi, tiens… », « quant à toi », en ce qui te concerne, et sans t’occuper pas des autres.
Se tenir comme on s’accroche, s’accrocher comme on se bat : devant celui qui « détruit », « édifier » encore, devant celui qui « comble », « creuser » encore, devant celui qui « abat », « élever » encore, devant celui qui « disperse », imposer le calme et l’unité (Ainulindalë, p.23).
Travailler sans relâche.
Mais pour quoi ?
Travailler pour être satisfait, pour aller jusqu’au bout de la joie que produit le « plaisir d’agir » :
travailler sans relâche
Mais pour qui ?
Laisser de côté son égoïsme.
Donner de soi, de son temps, de ses forces à d’autres comme les Valar qui préparent la Terre pour les Enfants d’Ilúvatar qui ne sont pas encore nés.
Travailler pour préparer un héritage.
Pour ceux qu’on ne connaît pas encore aussi bien que ceux qu’on ne connaîtra jamais.
Travailler sans même savoir comment son travail sera accueilli et respecté (cf. les craintes justifiées de Yavanna en QS II)
Se donner ainsi à l’Autre, pour que la vision de ma beauté et de mon histoire n’efface pas la Vision qui est la Vision de la beauté et de l’Histoire de l’Autre.
Se donner à l’Autre, pour ne pas se perdre soi-même. Pour ne pas devenir Melkor.
Ou lorsque se perdre revient à refuser la Vision pourtant « véritable », qui demeure, que je le veuille ou non.
Travailler « laborieusement », comprendre : avec diligence.
Comme si tout dépendait du travail d’aujourd’hui et de moi seul.
Voilà le secret.
Car tout dépend réellement du travail d’aujourd’hui, de mon amour de ce jour pour la création, de mon désir de la rendre parfaite pour les Enfants qui l’habitent, qui l’habiteront. Et si Melkor lui même venait à « le détruire ou le corrompre », mon travail « ne serait pas vain » pour autant (Ainul., p.23); il reste toujours la trace de la flamme dans l’étincelle, et la plus petite étincelle est un flambeau dans les ténèbres.
Sosryko
Se tenir comme on s’accroche, s’accrocher comme on se bat : devant celui qui « détruit », « édifier » encore, devant celui qui « comble », « creuser » encore, devant celui qui « abat », « élever » encore, devant celui qui « disperse », imposer le calme et l’unité (Ainulindalë, p.23).
Travailler sans relâche.
Mais pour quoi ?
Travailler pour être satisfait, pour aller jusqu’au bout de la joie que produit le « plaisir d’agir » :
L’alpiniste développe sa propre puissance et se la prouve à lui-même ; il la sent et la pense en même temps ; cette joie supérieure éclaire le paysage neigeux. Mais celui qu’un train électrique a porté jusqu’à une cime célèbre n’y peut pas trouver le même soleil. C’est pourquoi il est vrai que les perspectives du plaisir nous trompent ; mais elles nous trompent de deux manières ; car le plaisir reçu ne paie jamais ce qu’il promettait, alors que le plaisir d’agir, au contraire, paie toujours plus qu’il ne promettait.
(Alain, Propos sur le Bonheur (XLIV), Folio, p.108.)
travailler sans relâche
Mais pour qui ?
Laisser de côté son égoïsme.
Donner de soi, de son temps, de ses forces à d’autres comme les Valar qui préparent la Terre pour les Enfants d’Ilúvatar qui ne sont pas encore nés.
Travailler pour préparer un héritage.
Pour ceux qu’on ne connaît pas encore aussi bien que ceux qu’on ne connaîtra jamais.
Travailler sans même savoir comment son travail sera accueilli et respecté (cf. les craintes justifiées de Yavanna en QS II)
Se donner ainsi à l’Autre, pour que la vision de ma beauté et de mon histoire n’efface pas la Vision qui est la Vision de la beauté et de l’Histoire de l’Autre.
Se donner à l’Autre, pour ne pas se perdre soi-même. Pour ne pas devenir Melkor.
Ou lorsque se perdre revient à refuser la Vision pourtant « véritable », qui demeure, que je le veuille ou non.
Travailler « laborieusement », comprendre : avec diligence.
Comme si tout dépendait du travail d’aujourd’hui et de moi seul.
Voilà le secret.
Car tout dépend réellement du travail d’aujourd’hui, de mon amour de ce jour pour la création, de mon désir de la rendre parfaite pour les Enfants qui l’habitent, qui l’habiteront. Et si Melkor lui même venait à « le détruire ou le corrompre », mon travail « ne serait pas vain » pour autant (Ainul., p.23); il reste toujours la trace de la flamme dans l’étincelle, et la plus petite étincelle est un flambeau dans les ténèbres.
Sosryko

