bonjour et bienvenue.
Je pense que ta question aurait pu être placée dans "Tolkien et la littérature", puisque l'on compare des succès, mais ce n'est pas très grave puisque l'on va parler de légendaire et de mythologie.
je tiens à répondre à une de tes questions mineures, nosu avions ene ffet commencé à traiter de cette importante question sur le fuseau: Pourquoi (l'homme et la nature) où je prétendais expliquer ce succès par le lien à la création que Tolkien refaisait surgir, ce que j'aurais mieux dit si j'avais lu à l'époque sone ssai sur les contes de fée par le fait qu'il nous permettait de communiquer à nouveau avec la création tout entière.
Le fuseau que je te donne en référence a offert d'autres pistes d'études, mais il est bon de le poursuivre ici.
>>"Parce que Tolkien, comme la plupart des conteurs de la plupart des sociétés à travers les siècles, considère les histoires comme des histoires, pas comme des essais déguisés. Tolkien ne veut pas que vous lisiez ses histoires en les décodant en chemin. Il veut que vous vous immergiez dans le récit"
dit Orson Scott Card... J'avoue que cela me laisse un peu perplexe et que j'ai du mal à être tout à fait d'accord.
Certes, Tolkien nous invite avant tout à plonger dans son "conte", à participer à cette évasion dont il nous parle dans son essai sur les contes de fée, évasion qui necessite un recouvrement (je reviendrais sur ce point capital).
Pour autant, est-ce que Tolkien ne veut pas que nous décodions ses histoires en chemin? Non, sans doute pas en chemin, mais bien après coup, comme tu le fais si bien, sosryko.
Mais Tolkien ne nous fais pas lire une simple histoire:
"Parce que Tolkien ne souhaite pas transmettre un message mais raconter une histoire qui enchante"
Là aussi, il faut bien comprendre. Des histoires qui enchantent, il y en a beaucoup, toutes n'ont pourtant pas atteint un tel engouement. elles étianet beaucoup plus courtes, certes, mais aussi beaucoup moins profondes, et surtout (surtout), n'atteignaient pas l'homme dans ce qu'il a de fondamental: ce que tolkien appelle "la satisfaction de certains désirs humains fondamentaux" = contempler la profondeur de l'espace et du temps, être en communion avec la création, mythologiser les beautés et les terreurs du monde, ...
ou, sous comme il le dit ailleurs, atteindre les trois faces du Conte: la Mystique (surnaturel), la Magique (la Nature), le mirroir du dédain et de la pitié (L'homme).
Il prétend que la Fëarie s'interesse principalement à la Magique, et son succès vient peut-être du fait que c'est en effet, parmis les autres contes qui réussissent à émerveiller, la dimension qui manque le plus.
Pour le mirroir du dédain et de la Pitié, je pense immédiatement comme exemple à un Roman comme La petite Princesse (princesse Sarah) (dont j'ai encore oublié l'auteur) qui parvient réellement à nous enchanter, et pour celui de la Mystique, tourné donc vers le Surnaturel, je n'en connais pas (je ne lis pas tant que ça) qui soit réellement capable de nous émerveiller (Adgar Allan Poe ? Mais c'est de la poésie.. ). Peut être que celui qui y parviendra dans notre culture cartésienne aura-t-il droit au même succès.
Mais en plus de tout ce qui a déjà été dit sur la spécificité de l'oeuvre de Tolkien, il y en a une sur lequel je veux mettre particulièrement l'accent: c'est le "recouvrement", le fait que les personnages reviennent à la vie ordinaire après avoir vécu l'extraordinaire. C'est là je pense une spécificité particulière de Tolkien (mais pas unique).
Le roman aurait pu s'achever sur le sacre d'Aragorn, et le fait que les Hobits demeurent tous en Gondor come pairs ou prince du nouveau royaume, et restent un peu sur leur petit nuage.
Il aurait pu aussi s'achever, après leur succès, par la mort des héros, au sommet de leur gloire. C'est en général le type de fin que nous offre de genre de roman. Peu vont jusqu'à rendre à leur héros la vie ordinaire qui était la leur. Et je pense que c'est à partir du "netttoyage de la Comté" que le livre distance tous les autres. L'aventure n'est pas temrinée come on s'y attendrait, mais c'est maintenant le temps du recouvrement, être capable de voir l'extraordinaire même à travers la vie ordinaire, "voir les choses comme nous sommes (ou étions) censés les voir - comme des choses séparées de nous-mêmes. Il nous faut, en tout cas, nettoyer nos vitres, de façon que les choses clairement vues soient débarassées de la grise buée de la banalité ou de la familiarité - du caractère de possession."
Après être passé en Feärie, nosu ne pouvons plus regarder ce qui nous entoure comme avant. Et ce recouvrement que subi le personnage est celui qui permet au lecteur de s'en imprégner lui aussi.
Sincèrement, je crois que sans ce retour à la Comté à une vie ordinaire, nous ne partagerions pas comme nous le faisons tout ce qu'ont vécu les personnages. Les Ents auront toujours été là, mais ils auraient disparus en même temps que le héros mis au delà de notre portée.
Certes, Frodon pars quand même là où nous ne pouvons le suivre, mais il est redevenu (un peu) lui-même entre temps.
C'est le reproche principal qu'on peut faire à tant d'autres contes (Disney en première ligne) où le héros reste souvent dans le monde fantastique qu'il a découvert.
Mais ce seul recouvrement ne suffit pas à expliquer le succès, il faut aussi voir ce que Tolkien utilise comme matériel plus profondément inscrit dans l'homme (ce que je voulais signifier au début du message), ce que Jung appelle l’âme collective historique (ou inconcscient collectif ailleurs). Je ne crois pas qu'il y ait un inconscient collectif historique acquis au cours du temps, pas en tant que réalité psychologique (qui est le "collectif" ??), mais il peut y avoir comme le dis Tolkien, des thèmes fondamentaux qui répondent à des désirs humains.
D'où viennent ces désirs ? D'où vient ce manque fondamental ? Je crois que Tolkien len parle assez dans les Home pour vous laisser suivre mon regard... :-)

