1° transformés par leur expérience d'aventure/lecture
2° conscient de l'existence de la réalité cachée derrière les apparences du quotidien.
Les contraintes de la vie réelle, la plupart du temps nous apparaissent grises, répétitives et sans charme. Mais il arrive justement parfois qu'une expérience - qui peut en effet se limiter à la lecture d'un ouvrage particulièrement prenant - élargisse notre horizon et fait que nous captions désormais la vie sous un angle différent. Et nous nous rendons compte alors que nous n'avions jamais été coupés totalement des beautés de l'existence et de notre Terre, mais que la routine nous avait simplement aveuglés à celles-ci. On revient à la réalité, mais on a intégré le rêve, qui fait désormais partie, tant de notre être que de notre perception du monde. Et plus, une fois intégrée, cette dimension
du rêve, de l'imaginaire, nous permet à son tour d'agir sur le monde (et aussi sur notre être).
C'est ce qui arrive à Sam, Merry et Pippin. Le cas de Frodn est différent, son rôle aussi est différent, et ceci a été longtemps analysé sur d'autres fuseau. je ne pense pas - du moins je ne perçois pas -, comme tu dis, qu'il soit "redevenu un peu lui-même". l'impression qu'il me laisse est celle d'un détachement, progressif mais de plus affirmé, jusqu'à perte de contact définitive avec sa réalité d'autrefois. En perdant l'anneau, il perd tout le reste : ses espoirs, ses désirs, les illusions qu'il entretien sur lui-même, et finalement tout sentiment d'appartenance à l'humanité (euh... la Hobbitité?...). A ce moment, le lecteur a déjà cessé de s'identifier à lui depuis un bon moment, mais toujours inconsciemment, et son intérêt à glissé vers les autres personnages - chacun selon ses affinités.
Alors là, Esgal! Chapeau! Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître! LA Question qu'il fallait poser.
Gil Fustuor, t'as pas à t'en faire. Beaucoup d'entre nous ont découvert Tolkien assez jeunes, et se sont retrouvés emportés dans un torrent d'émotions (très bien décrit : on a tous ressenti ça à peu près comme tu dis!), - sans être capables d'en analyser la cause. (même adulte, d'ailleurs, c'est pas évident).
Vinyamar, en effet, la notion d'inconscient collectif peut être discutée, mais n'étant pas versée dans ce domaine, je vais me limiter à constater ceci. L'existence d'un monde imaginaire, peuplé de créatures tantôt menaçantes et mauvaises, tantôt bienveillantes et belles, se retrouve chez tous les peuples et toutes les cultures. Les littératures arabes, chioises et indiennes (d'Inde) foisonnent tout antant que l'occidentale de contes fantastiques, de fées, de génies, d'esprits et de démons, de Magique intégrant la nature (arbres et animaux pensants, parlants, détenteurs d'un pouvoir quelconque), de Mystique au sens de "conscience d'un dimension extérieure et supérieure à celle du quotidien". Exemples les plus bateaux : les Mille et Une Nuits et le Mahabaratta. Les contes - ou littérature orale d'Afrique noire, de l'Amérique indienne, et des Aborigènes australiens intègrent également ces mêmes données et ces mêmes dimensions. Chacune selon leur conception du monde.
Bien qu'inspiré en partie par la littérature médiévale occidentale, et par la mystique occidentale (chrétienne), le Seigneur des Anneaux garde donc une portée universelle et peut être lu, compris et apprécié partout et par tous.

