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les raisons du succès du SDA ?
#11
Pourquoi le "Seigneur des Anneaux" ?
Pour parler en ce qui me concerne personnellement, ma première réponse devrait être "je ne sais pas" . Explique-t-on un coup de foudre ?
Non, à première vue.
Oui, en grattant un peu.

Le Seigneur est, comme d'autres l'ont dit avant moi, un livre qui peut être qualifié de "littérature d'évasion" au sens large. Je dis bien "au sens large", pour moi. Autrement dit, une littérature qui nous plonge dans un monde qui n'est pas le nôtre tout en l'étant. Un monde qui n'est pas parfait, ou les personnages ont leurs défauts, un monde qui va vers la guerre et l'anéantissement, mais un monde que ses habitants aiment, pour lequel ils sont prêts à se battre, à tout donner. Et ils donnent tout, Frodon en particulier.
Et ce monde, à la lecture du livre, nous emporte comme un torrent. Nous sommes "à l'intérieur". Nous découvrons avec les Hobbits les dangers et les merveilles de la Terre du Milieu. Avec les Hobbits, mais aussi avec Gimli, avec Legolas, avec Eomer, dont les oeillères tombent au fil de l'histoire - je devrais dire de l'Histoire car c'est ce qu'elle est pour eux - et qui découvrent eux aussi leur monde et les personnes qui le peuplent avec d'autres yeux.

Les personnages retournent à la fin du livre à une vie "normale" a dit Vinyamar. Normale, oui, mais différente, car eux même ont changé, ont grandi et se sont ouverts. Et, encore une fois, ce n'est pas seulement vrai pour les Hobbits, même si la vie "normale" d'un Eomer est celle d'un Roi de Rohan. Parce que c'est pour sauver cette vie "normale" qu'ils ont combattu, pas pour la gloire, ou par ambition. Pour que le brave Sonnecor puisse continuer à planter de l'herbe à pipe, le fils d'Erkenbrand à faire de l'élevage de chevaux, que les fermiers du Pellenore ne vivent plus sous la menace des Orcs etc... Peut-être est-ce ce qui nous les rend plus proches, chère Beruthiel, que les héros classiques des chansons de geste ou des légendes, avant tout préoccupés par eux-mêmes, leur amour, leurs hauts faits et leur gloire. Peut-être est-ce pour çà qu'un Aragorn qui pourrait être le plus éloigné possible de nous nous semble au contraire si humain, lui qui préférerait se promener avec Arwen à Fondcombe que partir à la rescousse du royaume de ses ancêtres, mais qui y va quand même, bien plus par devoir que par ambition. Comme Frodo pour la Comté, ou Legolas pour Mirkwood. Comme tous ces garçons qui sont partis il y a peu à l'échelle du monde se battre pour ce qu'ils croyaient juste et dont Tolkien faisait partie. Pas comme un Gauvain chez Chrétien de Troyes, ou un Achille chez Homère.

C'est un fleuve qui nous emporte, dans lequel nous plongeons, mais qui nous fait réfléchir, après coup ( sinon nous ne serions pas ici... ). Pas pour tenter de trouver "l'os du bouillon" comme aurait dit le professeur, mais pour mieux goûter le bouillon. Car il y a tant de choses dedans. Tant de niveaux de lectures possibles. Tant de possibilités de découvertes, d'analyses, de comparaisons. Rappels de mythes ancestraux, d'épopées médiévales, de la Bible, de tout ce qui fait l'imaginaire du monde depuis l'aube des temps...

Et aussi, pour en venir à ce que Beruthiel disait des personnages, qui pour moi, et là je ne peux parler que de moi : lorsqu'on referme le livre, ils continuent de nous accompagner, comme des amis. Nous nous y sommes attachés, ou plutôt, comme le dit Frodo au sujet d'Aragorn à Gandalf " Je veux dire qu'ils nous sont chers" .

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