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Vent
#1
Alors voilà : je m'intéresse au rôle du vent chez Tolkien, particulièrement dans les descriptions des morts des grands ennemis dans le Seigneur des Anneaux. Je m'explique avec quelques citations :
D'abord la plus évidante : la mort de Saruman.

A l'effroi des assaillants, une brume grise s'amassa autour du corps de Sarumane ; elle s'éleva lentement à une grande hauteur comme la fumée d'un feu et, sous la forme d'un corps enveloppé d'un linceul, s'estompa par-dessus la Colline. Elle flotta un moment, tournée vers l'Ouest ; mais de là vint un vent froid, elle s'infléchit et, sur un soupir, se résorba en néant.

T3, Chap. VIII. LE NETTOYAGE DE LA COMTE, Page 412

Il me semble que le vent représente ici le jugement des Valar (par Manwë ?), ou d'Illuvatar quant à la destination de l'âme de Saruman, à qui on refuse la destination de Valinor. A cette lumière, on peut comparer avec la chute de Sauron.

[...] noire sur le voile de nuages, s'élevait une ombre, impénétrable, couronnée d'éclairs, qui remplit tout le ciel. Elle se dressa, énorme, sur le monde et étendit vers eux une vaste et menacante main, terrible mais impuissante : car, au moment où elle se penchait sur eux, un grand vent la saisit, tout fut emporté et disparut ; et un silence tomba.

T3, Chap. IV. LE CHAMP DE CORMALLEN, Page 309

Ici, on n'a pas d'indication de la provenance du vent, mais la soudaineté du vent semble indiquer son origine divine. Comme si les Valars eux-même portaient le coup de grâce à Sauron. Moins évidant maintenant, la mort du Roi-Sorcier :

[...]un cri monta dans l'air frémissant et se perdit dans un gémissement aigu ; il passa avec le vent, voix mince et incorporelle qui mourut, fut engloutie pour ne plus jamais être entendue en cet âge du monde.

T3, Chap. VI. LA BATAILLE DES CHAMPS DU PELENNOR, Page 155

Et, cette fois vu par Pippin :

Mais au moment où Gandalf et ses compagnons arrivaient avec la civière à l'entrée principale des Maisons, ils entendirent, venant du champs qui précédait la Porte, un grand cri, lequel s'élevant aigu et perçant dans le ciel alla mourrir dans le vent.

T3, Chap. VII. LE BUCHER DE DENETHOR, Page 174

Le vent ne semble pas ici jouer un rôle important, bien qu'il se retrouve dans les deux descriptions ; mais on peut tout de même rapprocher sa présence aux deux autres cas.
Beaucoup plus vague, il reste la "mort" de l'Armée des Ombres à pelargir, qui

s'évanouit comme une brume repoussée par un vent soudain

T3, Chap. IX. LA DERNIERE DELIBERATION, Page 204

Dans les deux premiers cas, il me semble que le vent représente la volonté des Valar (ou d'Illuvatar ?). Pensez-vous qu'il serait hasardeux de dire de même pour les deux autres situations ?
Par ailleurs, plusieurs apparitions du vent sont chez Tolkien d'origine divine, ou en tout cas mystérieuses : comme le "grand vent d'ouest" qui marque la fin de Nirnaeth Arnoediad, ou celui du Sud qui pousse les navires d'Aragorn vers les champs de Pelennor et repousse les nuages.
Que représentent vraiment ces vents ? Une intervention divine, ou une simple chance ? Et pourquoi cette utilisation du vent par Tolkien ? Je serais étonné que ce soit une idée qui lui soit propre, mais pourtant je n'ai pas le souvenir de représentation similaire chez d'autres auteurs. Pourquoi pas dans la Bible ?...

>Nico, qui se met à l'html et qui croise les doigts pour que ca marche.

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