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La francophobie de Tolkien
#4
La "gallophobie" de Tolkien est à mon avis très "particulière" à la France. C'est à dire : on aime en France trouver ce genre de sentiments chez les "Rosebifs". :) :) :)

Il y a quelques remarques de Tolkien certes, mais rares et bien peu "convaincantes".

Grâce aux carnets personnels de Tolkien et à sa correspondance dans sa jeunesse on replace cette "gallophobie" dans son contexte ; qui est vraiment que très secondaire.

>Quoi qu'il en soit, la question que l'on peut, en définitive, se poser aujourd'hui (comme hier), c'est de savoir si une lecture "française" d'une oeuvre que l'auteur a conçu dans une perspective (on peut le supposer) aussi étrangère que possible à la culture française, est envisageable... Peut-on, en clair, apprécier pleinement et à sa juste valeur, nous public français (francophone), une oeuvre littéraire, magistrale certes, mais qui n'a pas été (vraisemblablement, et sans même parler des gros problèmes de traduction) écrite pour nous ?

Donc, si je comprend bien, nous ne pourrions pas lire, ni analyser, ni même apprécier 90% de la littérature mondiale?

Il n'y aurait que des auteurs français, qui écriraient pour des Français qui serait "compréhensibles" ou "analysables" ou "appréciables" par les Français?

C'est une proposition qui ne me semble pas avoir bp de sens.

Un auteur (littéraire) est par définition lisible ou analysable une fois qu'il est ecrit dans une langue "compréhensible" (càd connue). Il se trouve que le "Seigneur des Anneaux" ou "The Lord of the Rings" ou pour prendre son titre elfique "Heru i Million" est une traduction écrite par des Hobbits. Alors quoi, il n'y aurait que des Hobbits pour la comprendre? ;)

Un auteur écrit-il avec un lecteur? Ici, je vous renvoie à "Lector in Fabula" de U. Ecco.
Ce "lecteur" potentiel n'est pas à mon avis, chez Tolkien, chargé d'une identité culturelle. Bien au contraire. Le lecteur chez Tolkien doit se faire son "identité" ; il est souvent en "terra inconita" (quel anglais connaît le Gondor, même s'il à entendu parler d'un shire, ce n'est pas "The Shire").

Il y a quelques années on écrivait que Tolkien ne pourrait pas être compris dans les pays musulmans (les méchants à l'Est ; les Suderons). La popularité de Tolkien en Turquie démontre le contraire.
Ce genre de réflexion trachée montre la limité de la pensée en littérature (la valeur de la "literatournost" pour prendre un terme barbare russe; ou la "qualité de litéralité") de certains critiques "Européens". Le succès de Tolkien en Chine ou en Malésie (certes là nous parlons des films de PJ) le dément toujours et encore.
Un "bon" livre ça se lit bien partout et por tous. ;)

Edouard Kloczko

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