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La francophobie de Tolkien
#27

Or donc ...


A la problématique que formule Vincent : cette question est d'autant plus intéressante qu'elle pose, à partir d'un lieu commun (la 'gallophobie' plus ou moins avérée de Tolkien) un problème de fond : quels contresens commet forcément un lecteur qui ne partage pas la culture d'un auteur ? (vaste question :-) je me permettrai (;)) d'ajouter un cadre théorique ; en l'occurrence, nous nous posons la question non dans le cadre de la littérature en général, mais celui des Contes.

Donc, si celui qui retient notre attention prenait place en Angleterre pourquoi pas ...

Ici il prend place en Terre-du-milieu, donc, pour saisir pleinement son sens la seule culture nécessaire est celle de la Terre-du-milieu. Je suis bien d'accord avec Edouard : Un auteur (littéraire) est par définition lisible ou analysable une fois qu'il est ecrit dans une langue "compréhensible" (càd connue). Il se trouve que le "Seigneur des Anneaux" ou "The Lord of the Rings" ou pour prendre son titre elfique "Heru i Million" est une traduction écrite par des Hobbits. Alors quoi, il n'y aurait que des Hobbits pour la comprendre? ;) mais j'irai même encore plus loin ;) en répondant OUI à sa dernière question : c'est exactement cela ! Pour pénétrer dans l'histoire du Seigneur des Anneaux, il faut devenir hobbit, apprendre à devenir hobbit. C'est la culture et la seule dont il est besoin ! Il faut d'ailleurs, pour un anglais abandonner sa culture anglaise, et pour nous, notre culture française.

Nous nous rejoignons ainsi avec Dame Melilot : Mais j’en arrive ici à ma dernière remarque : on ne lit pas Tolkien « en tant que » français, ou anglais, ou espagnol ou turc. On le lit en tant qu’individu. On l’apprécie ou non, on le lit profondément ou superficiellement, on entre ou pas du tout dans cet univers, avant tout individuellement, en fonction de ses goûts et de sa sensibilité personnelle, en tant que lecteur indifférent, intéressé, passionné ou séduit. C’est pourquoi la question de savoir si « les » français, ou « les » musulmans, ou quelque autre catégorie de lecteurs envisagée comme un groupe homogène, est capable ou non de lire et de comprendre Tolkien - ou n’importe quel autre auteur étranger à sa culture propre - est un faux débat (enfin, à mon humble et personnel avis! Rien ne vous empêche d’en débattre, si le cœur vous en dit :-D). Car Faërie n'est pas de la "littérature" c'est un Enchantement. Percevoir le sens de Faërie se fait au moyen et au seul moyen de l'Enchantement. Par lui, nous intégrons la culture secondaire (ici hobbite), petit à petit, humblement ... comme n'importe quel petit d'homme : ainsi un petit anglais qui intègre petit à petit la culture de l'Angleterre, ainsi un petit français qui intègre petit à petit la culture de la France.

Nous sommes des invités, des hôtes de Faërie, et c'est justement le dépouillement consenti de nos références externes qui nous donne d'intégrer les références (culturelles et autres) internes qui nous permettent d'appréhender le sens de l'histoire qui y est vécue. Il s'agit d'un apprentissage, ni plus ni moins qu'en notre monde. Il s'agit de l'Etoile de Ferrant.

C'est donc en fuyant ce genre de question externe ;) qu'on corrige les biais et surtout pas en essayant d'y répondre ... :)

Pour finir sur les goûts du Professeur, soyons sûrs d'une chose : peu importe leurs langues, les étoilés avaient sans aucun doute toute sa préférence :)

Lire Smith of Wootton Major & Faërie : On Fairy Stories (édités en français - dont en 2003 dans une nouvelle très belle édition - merci Vincent ;))


Yyr


PS : Silmo : Pour le reste, on serait prêt à pardonner beaucoup de choses au professeur y compris une partie de sa gallophopbie, mais sûrement pas d'avoir eu le mauvais goût de préférer la cuisine anglaise à notre illustre gastronomie !!! Non mais (y a des trucs avec lesquels on ne rigole pas) !!!

Farpaitement ! Dans mes bras ! :)

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