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La francophobie de Tolkien
#72
Cher Anglin,

Je me suis sans doute exprimée peu clairement : disons que, pour accéder à l'enchantement, à la lecture "interniste" d'un texte, que ce soit un roman, un conte populaire ou une légende, il faut pouvoir "plonger dedans", y croire. Etre avec Frodon dans la Moria ou avec Nemo dans le Nautilus, peu importe. Et je crois que pour celà il faut pouvoir dépasser la simple compréhension.

Quant dans ce texte ( ou ce film, ou cette pièce de théâtre ) on tombe sur quelque chose qui heurte trop fort notre façon de penser, même "Faeriquement", si j'ose dire, on "sort" de l'histoire pour n'en avoir plus qu'une vision "externe". Et une différence culturelle ( ou d' "inconscient collectif" ) trop forte entre l'auteur et le lecteur peut être ce qui nous fait sortir de l'histoire ( ou nous empêche d'y entrer ).

Je ne peux parler que de moi-même. J'aime beaucoup les contes, les légendes et autres faeries. Je suis de ces adultes qui les lisent par plaisir, pas qui les étudient ( et je rejoins en celà le lecteur adulte dont parle Tolkien dans son essai ). J'ai lu des contes du monde entier, et si je n'ai aucun problème avec tous ceux qui proviennent de la sphère indo-européenne ( Inde exclue ) et sémitique, je n'arrive pas à franchir la barrière culturelle qui me sépare des contes d'afrique noire, des amérindiens, et plus encore des aborigènes d'australie. L'enchantement ne fonctionne pas. La lecture interniste m'est impossible. Alors que j'aimerais, pourtant. Je crois ne pas être la seule dans le cas, et que ce doit être aussi le cas en sens inverse : notre faerie européenne perle-t-elle de façon "interne" à des bantous ou des péruviens ?

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