L’inconscient collectif, tel que décrit par C.G. Jung, véhicule des archétypes, des figures fortes communes à l’humanité entière, telles que la Mère, le Père, la Femme, le Héros guerrier, etc. Ces différents archétypes seront évidemment interprétés, habillés et maquillés si tu veux, de manière différente non seulement par chaque individu en fonction de son vécu personnel, mais aussi - et influençant forcément l’individu - par chaque culture, en fonction de ses particularités propres.
Prenons un exemple concret, issu de Tolkien lui-même : le personnage de Galadriel Elle peut être interprétée par chaque lecteur suivant ses goûts comme une image de la Femme idéale mais inaccessible (le don de ses cheveux à Gimli), d’une mère salvatrice (le don de la lumière à Frodo), etc... Mais on peut aller plus loin encore, et là interviennent les archétypes : un lecteur chrétien y verra une image de la vierge Marie, mais un celtisant y cherchera la fée Morgane ou la Dame du Lac, un lecteur chinois pourrait y associer Quan Yin (ou Kwan Yin? Je ne suis pas sûre de l’orthographe) déesse compatissante et secourable, un japonais ferait peut-être la relation avec Amaterasu, déesse du soleil ( les cheveux d’or, le rayonnement de sa personne), un Hindou avec Sarasvatî (la sagesse), un lakota l’identifierait sans doute à PtesanWin, White-Buffalo-Calf-Woman, qui d’après le mythe apporta à son peuple avec la pipe sacrée, la sagesse et le moyen de communiquer avec le grand mystère, l’équivalent du grand dieu créateur. Un africain de l’ouest penserait à Oshun (pron. Ochoune), esprit féminin de la beauté, de la séduction, associée à la couleur dorée. Etc…
Telle que décrite dans l’œuvre de Tolkien, il s’agit « simplement » d’une Elfe de haut lignage, blonde et très belle, d’âge immémorial, devenue reine par ambition personnelle, mais qui a acquis au cours de sa longue vie une très profonde sagesse, et détentrice secrète d’un puissant talisman (l’anneau blanc).

