"Un "bon" livre, ça se lit bien partout et pour tous."
Je suis assez surpris par ce genre d'assertions. Pour faire dans la logique, la contrapose donne:
"un livre qui ne se lit pas bien partout et pour tous, n'est pas bon"
Cela gomme plusieurs choses:
- la traduction: certains bouquins sont detruit a la traduction d'autres sont ameliorer (Poe est plus popullaire en France qu'aux USA, est du a la traduction de Baudelaire, Goethe trouvait la traduction du premier Faust superieur a l'original)
- L'importance de la culture du lecteur dans a reception de l'oeuvre. Au sein d'une meme societe tout le monde ne recoit pas une oeuvre de la meme maniere et on peut etablir des correlations socio-culturelles. Et ce n'est pas parceque le SdA est un succes de librairie en Turquie, qu'une oeuvre se recoit de la meme maniere dans toutes les societes (pour faire caricaturale, la bible se vend moins bien en pays boudique qu'en pays catholique). Par ailleurs la Turquie, en tout cas dans sa composante urbaine est plus proche de l'europe qu'on veut bien le croire (le SdA chez les arborignes, c'est pas gagnes). Un autres l'exemple, "les souffrances du Jeunes Werther" est toujours un succes relatif de librairie outre rhin, pas fraiment chez nous.
- Les changements du aux epoques et a l'influences des auteurs passe.
"Paul et Virginie" ca ne se lit plus beaucoup de nos jours et la plus part de ceux qui se tapent ROusseau font des etudes de Lettres.
Les gouts changent et les oeuvres lus par le lecteur et/ou passees dans l'inconscient collectif, changent la reception du lecteur de nouvelles oeuvres et memes des vieilles (comme dirait Borges, l'influence de Dosteivski sur l'oeuvre de Shiller est probablement plus importante que l'influence de Shiller surl'oeuvre de Dosteivski).
Par ailleurs, on ne peut tout de meme pas trop raisoner en se forcant a respecter la creance secondaire (ou en raisonant de maniere interne au legendaire). Le procede de l'histoire dans l'histoire, et/livre suposse etre ecrit par un individu du monde fictif n'est pas exactement neuf (en vrac, Les milles et une nuit, l'illusion comique, Reve de Fer de Spinrad, Corto Maltese si on ajoute les bouquins sur le monde de Corto, les Personnages en Quete d'auteurs divers et varie).
Quoiqu'il en soit pour en revenir a nos moutons, la question de la reception d'une oeuvre est une une consideration eminament externes a la logique propre de l'oeuvre (ie si on veut en discuter serieursement, on ne peut pas respecter la creance secondaire).
Maintenant est ce que la francophobie reelle ou supposee de JRR affecte la reception du SdA en France ?
A mon avis la plus part des lecteurs de Tolkien sont -- du moins a leurs premieres lectures -- ignorant de cette francophobie.
De maniere plus generale, les opinions personnelles politiques ou autres des auteurs n'affecte peu la plus part des lecteurs (tant que ca ne transparait pas trop dans le bouquin qu'il sont entrain de lire.
Ainsi, Le Voyage au bout de la nuit, tend a faire une forte impression sur ses lecteurs (sans prejuges de leurs opinions politiques). D'ailleurs je m'interroge sur l'intensite des reactions sur la francophobie de Tolkien, comparer disons a l'anti-semitisme de Celine. Les lecteurs semblent nouer une relation particuliere avec le SdA et par extension avec son auteur, a t'elle point qu'ils semblent "blesses" par ceux qui serait "une attaque plus ou moins injuste du maitre. Avec Celine, c'est plus rare. Il est vrai que le SdA et le Voyage ne fond pas dans le meme registre.
Au risque de m'aventurer sur un sujet glissant qui a deja declamcher pas mal de polemique, je tenterais d'avancer que le SdA possede une tres forte teneur de numineux (numineux peu present dans le Voyage). Cela donne une dimension particuliere au SdA dans l'esprit du lecteur, qui tend a voulloir proteger ce numineux de toutes souillures (ie critiques de journalistes, accusation divers de non-poliquement correct, ...). A mon avis ce n'est pas propre a la France.
Maintenant, y a t'il une specificite de la reception francaise du SdA ? Et si oui qu'elle est il ? Est elle du a la traduction ou des facteurs intrinseque ?
CdC

