"Il n'est jamais trop tard". Ca j'aime bien, merci de me le rapeller :-). Nous sommes finalement tout à fait d'accord en ce qui concerne Tolkien, son oeuvre et ses opinions personnelles. J'ai dit plus haut sur ce fuseau (loin tout en haut, où le vent souffle et où l'air devient rare :-D...) que je comprenais très bien la déception d'un lecteur qui découvre qu'un écrivain qu'il aime, n'aime pas son pays (au lecteur). Et je pense tout comme toi, qu'il faut pouvoir passer au-dessus de cette déception pour se concentrer plutôt sur la valeur de l'oeuvre.
Mais sur la "fierté nationale", je suis moins enthousiaste, tu touche à un phénomène ambigü dont je me méfie énormément (je dirais même plus : qui me flanque une sacrée pétoche jusqu'au tréfond de mes fibres!). On peut aimer le pays où l'on est né, certainement, pour toutes les raisons possibles. On peut aimer la France, qu'on soit français ou non, parce que c'est une pays de grande culture, ou bien pour ses paysages et son climat, ou pour sa tradition culinaire, (ou son équipe de rugby, hein Silmo et Elwe ;-P ?), ou pour ses écrivains et philosophes qui ont inspiré les démocrates du monde entier, c'est vrai. On peut bien aimer d'autres pays pour les mêmes - ou un tas d'autres - raisons, c'est vrai aussi.
Mais être "fier d'être français" (ou n'importe quoi d'autre) n'a aucun sens à mes yeux. On nait en France ou ailleurs totalement par hasard. Ce dont on peut être fier, c'est uniquement les choses belles, bonnes, utiles et généreuses (ou rigolotes, faire rire les gens, c'est de salubrité publique!) que l'on a fait soi même personnellement tout seul. Le reste est illusoire.
Je me hérisse instinctivement et physiquement aux sentiments nationalistes d'où qu'ils viennent. Je pense au contraire que nous devrions nous méfier comme de la peste - surtout actuellement - de tous les discours qui nous poussent à être "fiers" de notre nationalité, et qui, que ce soit ou non leur but, finissent par monter irrésistiblement les communautés humaines les unes contre les autres. Alors qu'avec un peu moins de fierté et un peu plus de compréhension, on éviterait pas mal de confrontations inutiles et malheureuses. C'est aussi l'un des grands messages du Seigneur des Anneaux, et qui participe à la valeur de cette oeuvre. (Où ça les mène-t-il, d'être "fiers d'être elfes" face à ceux qui sont "fiers d'être nains", heh?)
Hé! Surtout ne va prendre mal ce que je viens d'écrire. Je ne t'accuse de rien, et je ne t'en soupçonne même pas ;-). J'explique simplement pourquoi à mon sens, la francophobie de Tolkien ne me parait pas plus dramatique que la belgophobie de Baudelaire. Ce sont les opinions personelles de deux individus qui avaient parfaitement le droit de ne pas aimer ce qu'ils ont trouvé chez nous. Dommage pour eux, sans plus. Mais leur opinion, pour désolante qu'elle nous paraisse, n'a fait aucun dégât, sauf qu'ils sont peut-être tous les deux passé à côté de plaisirs et de bonnes surprises à cause de leurs préjugés.
Mais à partir du moment où un peuple entier ou du moins une bonne majorité de ce peuple, commence à confondre amour du pays où l'on vit ou dont on vient, et sentiment de supériorité nationale sur "les petits malheureux qui n'ont pas eu la chance de voir le jour chez eux" (copyright à qui vous savez ;-P), là selon moi, on va droit dans le mur.
A part ça, je t'approuves tout à fait, parce que là, c'est un autre problème : tu as parfaitement le droit de ne pas aimer qu'on dénigre le pays que tu aimes et dont tu fais partie. C'est une sentiment absolument normal, et j'ajoute, normal dans le monde entier.
(Oh lalalala! J'espère vraiment que cette prose ne va pas te heurter d'une façon ou d'une autre, parce qu'alors là! c'était vraiment pas mon but, bien au contraire;° :-)))

