Comme promis, Aerthil, je viens ajouter quelques précisions suite à ton post.
"Petite incohérence ..." : je me suis mal exprimé en effet. Je voulais mettre en lumière l'intégration d'envahisseurs au sein d'une structure pré-existante (l'Empire), par opposition à l'assimilation de non-latins (Gaulois Cisalpins, Narbonnais ... ), englobés par l'expansion de la République.
Au fait, pas d'empereur strictement "germain" (mais pléthore d'Illyriens, Panonniens ou Daces), mais Odoacre l'Ostrogoth Roi d'Italie en 476.
"...Rohirrims de barbares." : Mea culpa une fois de plus ! Loin de moi l'idée de faire de "Rohirrim" un synonyme de "barbare". Je voulais juste souligner la différence qu'ils pouvaient présenter face à un Gondorien de, mettons Pelargir. Je trouve en effet assez nette l'opposition entre un peuple guerrier de cavaliers Eothéod (Sarmates ? Vandales ?) et la civilation urbaine et centralisée du Gondor (Rome ? Byzance ?).
Bien que cousins, ce ne sont pas des frères. Le Gondorien de base considérait-il vraiment ces gens comme des parents ? Si Cirion traite Eorl en "frère", sa grandeur d'âme et son respect d'une ascendance commune sont-elles partagées honnêtement par ses sujets ?
Je suis, par contre, entièrement d'accord avec toi : le Rohan est un don aux Eothéods. Mais je ne peux m'empêcher d'y voir là (au moins en partie) une manoeuvre de Cirion, qui attribue certes un territoire où vivre aux Rohirrims, mais qui militarise aussi à peu de frais une marche de l'empire (j' avoue être assez "realpolitik" sur ce coup-là ;-)). Aurait-il donné aussi librement le Rohan à ... disons des Hobbits (même en d'autres circonstances) ?
"Pas d'accord.... vassalité sous-entendu dans le terme royaume-client,...." : j'admet que "Royaume-client" est un peu fort : les relations politico-économiques entre Rohan et Gondor ne supposent pas, en effet, un tel rapport de dépendance. Je persiste néanmoins à penser que le Rohan est plus l'obligé du Gondor que l'inverse. Ce dernier peut lui réclamer son aide (cf la flèche rouge) sans trop de possiblités de refus (à mon sens), alors que le Gondor n'intervient que si l'intendant le juge bon. Peut-être Tolkien préférait-il une relation "idéalisée" entre 2 seigneurs plutôt qu'un rapport de force et/ou de sujétion plus conforme aux réalités antiques-médiévales ? (probable qu'un fuseau disserte longuement de ce type de relations ;-))
"...une idée assez idéalisée des invasions barbares." : que nenni ! Je n'oublie pas que "se faire une place au soleil" suppose d'en déloger d'abord les précédents occupants, par le meurtre, le pillage et le viol comme de coutume ! Je voulais insister sur le fait qu'il n'y avait nulle volonté commune à tous ces peuples de détruire, ou de ruiner à tout le moins, Rome. Juste une possibilité, née de l'invasion, de croquer un gâteau appétissant. Alors que "festoyer" sur les supposées ruines du Gondor n'était qu'une conséquence et non le but principal des Wainriders, la volonté destructrice de Sauron étant à l'oeuvre derrière leurs agissement : "...gens de Sauron,..." (CLI éd. CBE p.687), "...les historiens qui s'accordèrent également à penser à penser que la haine portée au Gondor et l'alliance de ses ennemis en vue d'une action concertée (pour laquelle ils n'avaient, de leur propre chef, ni le vouloir ni le pouvoir), étaient dues aux machinations de Sauron." (CLI p.688)
"...je me demande si c'est applicable aux francs, ..." : rares sont les invasions sans destructions ! Néanmoins, les Francs (pour ne parler que d'eux, on pourrait en dire de même des Wisigoths de Septimanie ou des Burgondes des bords du Rhône) conservèrent les titres militaires (dux, comites, praefectii ..etc), civils (comte de la cité) : Théodoric l'ostrogoth est "magister militum". Les clercs et autres religieux voient leur statut de non-combattants en charge du culte préservé(certains successeurs de Clovis n'en resteront pas là !) ...etc, etc.
Il semblerait également que la réussite des Francs tienne en partie à leur paganisme originel : leur conversion au catholicisme romain (la France, fille ainée de l'église ;-))leur apporta le soutien enthousiaste des structures administratives, c'est à dire religieuses, de Gaule. Contrairement aux autres barbares (chrétiens aussi, mais ariens, qui furent toujours considérés comme hérétiques et combattus comme tels), qui ne purent donc bénéficier du même héritage.
Globalement, ces envahisseurs ont donc plaqué des valeurs germaniques (relations claniques, culte du "Roi-guerrier"...etc) sur des structures gréco-latines.
Voilà donc quelques précisions, en espérant avoir clarifié (mais peut-être ne fais-je que les obscurcir davantage ?) certains de mes points de vue sur ce vaste sujet
Maglor
P.S. Bien vu pour les Champs catalauniques ;-). On pourrait aussi y mettre Odoacre vs Théodoric et encore bien d'autres batailles de ces âges qu'on dit sombres.

