Il y a une logique également au fait que, dans le SdA, l'ennemi soit situé au sud et à l'est, si l'on se rappelle que Tolkien était un passionné de littérature médiévale, anglo-saxonne, germanique et nordique. Dans les oeuvres épiques de cette époque, et en miroir de la situation géopolitique contemporaine ou subcontemporaine à leur élaboration, l'ennemi, c'est le Hun (dans les Niebelungen, envahisseurs venus de l'est) ou le Sarrasin (dans toute la littérature inspirée par les croisades). Le Maure aussi, dans la littérature espagnole, mais j'ignore si Tolkien s'y est intéressé.
Dans un roman contemporain, mais d'esprit médiévisant écrit par un auteur levantin ou maghrébin, tout aussi logiquement, on peut s'attendre à ce que le "mauvais" soit décrit comme un européen chrétien.
Je pense aussi qu'il est inutile de rechercher des concordances historiques exactes dans les romans de Tolkien (avis personnel, mais je reconnais que l'exercice est vraiment très amusant ;-D ). D'abord, il s'agit d'une oeuvre de fantaisie, d'un monde créé - bien qu'il nous soit présenté par l'auteur même comme le nôtre dans un très lointain passé -. Ensuite, ses sources d'inspiration sont multiples et couvrent plusieurs époques parfois très éloignées les unes des autres, tant culturellement que temporellement - depuis le dernier âge du Fer (voire même l'Antiquité romaine, hébraïque ou égyptienne) jusqu'à la Renaissance européenne. Je verrais plutôt l'ensemble comme un "digest" rassemblant les éléments de plusieurs cultures historiques, mais sans en décalquer exactement aucune, pour arriver à former un univers cohérent et crédible en lui-même. (hé hé! un tout qui est plus que la somme de ses parties :-D :-D :-D ).

