Tout d'abord, parce que la pratique de la cérémonie de la coupe est liée dans les sociétés anglo-saxonnes du haut Moyen Age à une organisation socio-politique pré-féodale, fondée sur les liens réciproques entre eorldoman et thegns. Ensuite, et découlant du premier point, les représentations de la cérémonie de la coupe sont exprimées à cette époque dans la poésie héroïque anglo-saxonne qui est historiquement datée du Ve au XIe siècles.
Pratique et idéalisation de la cérémonie de la coupe apparaissent ainsi liées à un contexte socio-historique précis et particulier.
Enfin, comme Priscille Adadjidi l'a bien démontré*, les rois du bas Moyen Age ont, entre autres, appuyé la légitimité de leur souveraineté sur des construits idéologiques portant sur les rois et empereurs les plus "prestigieux" du haut Moyen Age, notamment dans leur rôle de souverains prodigues et dispensateurs de bien - dont la cérémonie de la coupe était l'un des moments clés de la pratique du don et du contre-don dans ces sociétés médiévales.
Sans trop m'avancer, je pense que l'on peut appliquer peu ou prou son analyse à certaines sociétés monarchiques de l'époque moderne ; mais fonction et représentation de la cérémonie de la coupe n'étaient alors plus les mêmes que durant le haut Moyen Age anglo-saxon...
Cordialement,
T.
* « L’image des rois des premiers siècles au service de la grandeur de la dynastie française à la fin du Moyen Âge : l’exemple de la pratique de la vertu de charité », in Isabelle Durand-Leguern (éd.), Images du Moyen Age, Rennes, P.U.R., coll. "Interférences", 2006, 365 p.

