14-02-2020, 09:34
On n'est pas dans la littérature, mais je suppose que l'on ne s'en écarte pas beaucoup, avec cet article de presse et ses propos rapportés, que m'a fait lire Silmo — très bon article relatif à la dernière série de « l'univers étendu Starwars » : « The Mandalorian » ou la « western fantasy » comme nostalgie.
Avec cet article, le journaliste nous fait passer de George Lucas à J. R. R. Tolkien de façon assez convaincante. Partant du fait bien établi que George Lucas s’est inspiré des films de samouraïs pour réaliser La Guerre des étoiles en 1977 : [emphase]« les Jedi et leur philosophie, et même leur épée, doivent sans doute autant aux chevaliers arthuriens qu'aux guerriers du Japon médiéval »[/emphase]. Il enchaîne avec les très nombreuses références aux westerns du Mandolrien, rappelant au passage que [emphase]« les récits de la conquête de l'Ouest et ceux consacrés aux samouraïs, que ce soit au cinéma ou dans les mangas, se sont, au moins depuis les années 1950, réciproquement influencés »[/emphase]. Pourquoi ce mélange des genres ? s'interroge-t-il :
[citation=William Blanc, Le Point Pop, 20/01/2020]En réalité, le western et les récits de samouraïs partagent une profonde nostalgie, celle de temps condamnés à disparaître face à la modernité. Les guerriers nippons, dès les premiers films qui leur sont consacrés après la Seconde Guerre mondiale, sont ainsi souvent représentés comme des hommes âgés, en particulier dans Les Sept Samouraïs, qui laissent peu à peu place aux paysans. L'époque des cow-boys ne cesse jamais de s'effacer dans les westerns, notamment dans L'Homme qui tua Liberty Valance (1962) de John Ford où le gunslinger, incarné par John Wayne, est remplacé par l'homme de loi (joué par James Stewart). Le temps du samouraï comme celui du cow-boy ont en réalité été pensés comme des âges d'or révolus.[/citation]
D'après le journaliste, cette idée est également présente dans les récits de chevalerie arthuriens, auxquels ont pu être comparés les cow-boys de l'Ouest Owen Wister, The Evolution of the Cow-Puncher, 1895), ainsi que dans la fantasy :
[citation=Ibid.]Il est courant de rencontrer l'image d'un ordre de chevalerie idéalisé disparu (ou en train de disparaître), des Dúnedain du Nord, derniers survivants des hommes de Númenor dont descend Aragorn dans Le Seigneur des anneaux, jusqu'aux Jedi de la trilogie originale de Star Wars maniant le sabre laser : « l'arme noble, dit Obi-Wan Kenobi lors de sa première rencontre avec Luke Skywalker, d'une époque civilisée », mais désormais révolue.[/citation]
J'apprends pour ma part que George Lucas s'est inspiré de la fantasy pour créer son univers, et le journaliste de nous donner accès à cette interview :
[citation=George Lucas, Rolling Stone, août 1977] Je voulais juste oublier la science. […] Je ne voulais pas réaliser 2001 l'odyssée de l'espace, mais plutôt de la fantasy spatiale dans le genre d'Edgar Rice Burroughs avant que la science ne prenne le dessus dans les années 1950. […] Je pense que la SF est très intéressante, mais elle oublie le conte de fées, les dragons, Tolkien et tous les vrais héros.[/citation]
[citation=William Blanc, Op. Cit.]dans cet extrait, Lucas oppose une SF qui regarde vers le futur et la science (dont il a, on le sait depuis THX 1138, une vision très sombre) à sa nostalgie d'un passé idéalisé, fait de récits merveilleux et chevaleresques, une histoire située « il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine ».[/citation]
Ce contrepoint à la Modernité et à la Science-Fiction me paraît très bien vu.
Yyr
[small]PS : le même journaliste a signé un autre article où le lien est fait entre Tolkien et Runequest, le jeu de rôle : Greg Stafford, le Tolkien oublié des jeux de rôle. Un article bien vu, là encore, même si le titre me semble exagéré (néanmoins, pour avoir longtemps pratiqué Runequest, l'imagination de son sub-créateur est effectivement impressionnante).[/small]
Avec cet article, le journaliste nous fait passer de George Lucas à J. R. R. Tolkien de façon assez convaincante. Partant du fait bien établi que George Lucas s’est inspiré des films de samouraïs pour réaliser La Guerre des étoiles en 1977 : [emphase]« les Jedi et leur philosophie, et même leur épée, doivent sans doute autant aux chevaliers arthuriens qu'aux guerriers du Japon médiéval »[/emphase]. Il enchaîne avec les très nombreuses références aux westerns du Mandolrien, rappelant au passage que [emphase]« les récits de la conquête de l'Ouest et ceux consacrés aux samouraïs, que ce soit au cinéma ou dans les mangas, se sont, au moins depuis les années 1950, réciproquement influencés »[/emphase]. Pourquoi ce mélange des genres ? s'interroge-t-il :
[citation=William Blanc, Le Point Pop, 20/01/2020]En réalité, le western et les récits de samouraïs partagent une profonde nostalgie, celle de temps condamnés à disparaître face à la modernité. Les guerriers nippons, dès les premiers films qui leur sont consacrés après la Seconde Guerre mondiale, sont ainsi souvent représentés comme des hommes âgés, en particulier dans Les Sept Samouraïs, qui laissent peu à peu place aux paysans. L'époque des cow-boys ne cesse jamais de s'effacer dans les westerns, notamment dans L'Homme qui tua Liberty Valance (1962) de John Ford où le gunslinger, incarné par John Wayne, est remplacé par l'homme de loi (joué par James Stewart). Le temps du samouraï comme celui du cow-boy ont en réalité été pensés comme des âges d'or révolus.[/citation]
D'après le journaliste, cette idée est également présente dans les récits de chevalerie arthuriens, auxquels ont pu être comparés les cow-boys de l'Ouest Owen Wister, The Evolution of the Cow-Puncher, 1895), ainsi que dans la fantasy :
[citation=Ibid.]Il est courant de rencontrer l'image d'un ordre de chevalerie idéalisé disparu (ou en train de disparaître), des Dúnedain du Nord, derniers survivants des hommes de Númenor dont descend Aragorn dans Le Seigneur des anneaux, jusqu'aux Jedi de la trilogie originale de Star Wars maniant le sabre laser : « l'arme noble, dit Obi-Wan Kenobi lors de sa première rencontre avec Luke Skywalker, d'une époque civilisée », mais désormais révolue.[/citation]
J'apprends pour ma part que George Lucas s'est inspiré de la fantasy pour créer son univers, et le journaliste de nous donner accès à cette interview :
[citation=George Lucas, Rolling Stone, août 1977] Je voulais juste oublier la science. […] Je ne voulais pas réaliser 2001 l'odyssée de l'espace, mais plutôt de la fantasy spatiale dans le genre d'Edgar Rice Burroughs avant que la science ne prenne le dessus dans les années 1950. […] Je pense que la SF est très intéressante, mais elle oublie le conte de fées, les dragons, Tolkien et tous les vrais héros.[/citation]
[citation=William Blanc, Op. Cit.]dans cet extrait, Lucas oppose une SF qui regarde vers le futur et la science (dont il a, on le sait depuis THX 1138, une vision très sombre) à sa nostalgie d'un passé idéalisé, fait de récits merveilleux et chevaleresques, une histoire située « il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine ».[/citation]
Ce contrepoint à la Modernité et à la Science-Fiction me paraît très bien vu.
Yyr
[small]PS : le même journaliste a signé un autre article où le lien est fait entre Tolkien et Runequest, le jeu de rôle : Greg Stafford, le Tolkien oublié des jeux de rôle. Un article bien vu, là encore, même si le titre me semble exagéré (néanmoins, pour avoir longtemps pratiqué Runequest, l'imagination de son sub-créateur est effectivement impressionnante).[/small]

