Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Interventions divines et pichenette
#1
En continuant le texte sur la maîtrise des destinés, je suis arrivé à réfléchir sur les interventions d'Eru.
Outre le "hasard" qui a voulu que ce soit Bilbo qui trouva l'Unique et les rencontres de Frodo avec Gildor ou Faramir par exemple, il y a eu de nombreux "coups de chance" qui furent tous décisifs pour la destruction de l'Unique comme la présence inattendue d'un buisson pour réceptionner la chute des hobbits en Mordor (1) ou encore celle d'un ruisseau au moment où ils en avaient le plus besoin (2).

Une telle suite de coups de chance peut évoquer une sorte d'intervention divine, surtout pour ceux qui connaissent le reste du légendaire. Comment penser que ces événements n'étaient pas intentionnelles?

De plus, il semble que dans certains cas particuliers, Eru manipule plus ou moins directement les personnages afin que ces derniers réalisent ses desseins. La domination étant un pêché, Eru ne peut contrôler ses créatures directement, même pour les aider. Il arrive alors qu'il donne l'inspiration. Frodo et Sam l'avaient expérimenté à différentes reprises durant leur voyage en Mordor. (3)

Les intuitions qui guident les personnages peuvent être considérées comme des conseils soufflés par Eru. Dans ce cas, ce ne sont pas des ordres mais, instinctivement, ceux qui les réceptionnent savent qu'ils faut les suivre impérativement. Quand les conseils sont donnés de manières à ce qu'ils sont toujours suivis, la frontière qui délimite conseil et ordre devient floue.

Il arrive que les personnages soient aidés plus directement encore, par des manifestations physiques. Ainsi, Sam était étonné par la force qu'il avait pour porter Frodo sur la montagne du Destin. (4) Toutefois, le texte n'impose pas une seule interprétation, ce qui permet de supposer qu'il y a une autre raison autre qu'une d'origine divine pour expliquer ces "miracles" qui sont à la limite de l'extra ordinaire.

En résumé, pour quelques desseins particuliers d'Eru, tel que l'union des Elfes et des Hommes par exemple (cf l'autre fuseau), en plus des arrangements pour que le cours des choses favorise les personnages, il arrive qu'Eru inspire à ses enfants les actes qu'ils doivent faire.

Mais comment faut il interpréter alors la chute de Gollum dans le feu? Cette chute semble accidentelle mais un tel accident peut il exister sans une volonté précise d'Eru?
Supposons donc que c'était une intention d'Eru de faire tomber Gollum pour détruire l'Unique.
L'idée d'une "pichenette" d'Eru me dérange car c'est une forme de meurtre. Si Eru se permet de tuer ainsi ses créatures en intervenant directement pour accomplir ses desseins, on pourrait se demander pourquoi il n'avait pas fait de même avec Isildur ou pourquoi avait il tout simplement permis à Sauron de créer l'Unique?
L'hypothèse que la chute de Gollum serait une pichenette d'Eru me semble donc exclue.
Cette chute était entrevue peu de temps auparavant par Frodo qui avait prévenu Gollum:

[citation]— Va-t'en et ne m'importune plus ! Si jamais tu me touches encore, tu seras toi-même jeté dans le Feu du Destin ![/citation]

Bien qu'elle ne le parait pas, je crois que la logique de cette phrase est aussi évidente que si Frodo avait dit "si tu mets ta main au feu, elle va brûler". En s'attaquant encore une fois à Frodo, Gollum était prévenu mais était il conscient que cela serait inévitable ?

  • Si oui, Gollum se serait effectivement suicidé (foutu pour foutu, autant que ce soit avec son précieux).
  • Si non, cette chute serait accidentelle et dans ce cas, il faut soit admettre que cet accident était une volonté d'Eru (une forme de meurtre donc, ce qui est impensable, même si c'était dans une bonne intention), soit admettre que cette chute n'était due à nulle volonté, ce qui est aussi impensable pour ma part.

_______________________________________________

(1)
[citation=LE PAYS DE L'OMBRE]Redoutant à moitié un plongeon fracassant sur des rochers invisibles, les Hobbits atterrirent avec un bruit mat et un craquement, après une chute d'une douzaine de pieds seulement, dans la dernière chose à laquelle ils se fussent attendus : un fouillis de buissons épineux. Là, Sam resta immobile, à sucer doucement une main égratignée. Quand le son des sabots et des pieds fut passé, il se risqua à murmurer :
— Sapristi, Monsieur Frodon, je ne savais pas qu'il poussait quelque chose en Mordor ![/citation]

(2)
[citation=LE PAYS DE L'OMBRE]Ils avaient clopiné pendant plus d'une heure, quand ils entendirent un son qui les arrêta. Incroyable, mais indubitable. De l'eau qui dégouttait. D'une faille sur la gauche, si nette et si etroite qu'elle semblait tranchée dans l'escarpement noir par quelque hache géante, de l'eau dégoulinait : derniers restes, peut-être, de quelque douce pluie prélevée sur les mers ensoleillées, mais dont le mauvais sort voulait qu'elles tombassent finalement sur les murs de la Terre Noire pour se perdre en vain dans la poussière. Ici, elle sortait du rocher en une petite cascade, traversait le sentier et, tournant vers le sud, s'en allait rapidement disparaître parmi les pierres mortes.[/citation]

(3)
[citation=Chapitre 9, L'antre d'Arachne]Aiya Eärendil! Elenion Ancalima! s'écria-t-il sans savoir ce qu'il disait; car il lui semblait qu'une autre voix parlait par sa bouche, claire, aucunement troublée par l'air vicié du souterrain.[/citation]

[citation=Chapitre 10, Les choix du maître Sam Sagace]Alors, sa langue fut libérée et sa voix cria dans une langue qu'il ne connaissait pas :

A Elbereth Gilthoniel
o menel palan-diriel,
le nallon sí di'nguruthos!
A tiro nin, Fanuilos!
[/citation]

[citation=Chapitre 1, La tour de Cirith Ungol]La torche, qui ne brûlait déjà que faiblement à son arrivée, grésilla et s'éteignit; et il sentit les ténèbres le recouvrir comme une marée. Et puis, doucement, à sa propre surprise, là, à la vaine fin de son long voyage et de son chagrin, mû par il ne savait quelle pensée dans son cœur, Sam se mit à chanter.[/citation]

[citation=Chapitre 3, La montagne du Destin]Il s'étendit un moment tout de son long près de Frodon. Aucun des deux ne parla. La lumière crut lentement. Soudain, un sentiment d'urgence qu'il ne comprenait pas s'empara de Sam. C'était presque comme un appel : - Maintenant, maintenant, ou il sera trop tard ! Il s'arma de tout son courage et se leva. Frodon semblait avoir senti l'appel, lui aussi. Il se dressa péniblement sur les genoux.[/citation]

(4)
[citation=Chapitre 3, La montagne du Destin]Comme Frodon s'accrochait à son dos, les bras lâchement passés autour de son cou, les jambes fermement serrées sous ses bras, Sam se remit sur ses pieds en chancelant; et alors, à son grand étonnement, le fardeau lui parut léger. ll avait craint d'avoir à peine la force de soulever son maître seul, et il s'attendait, par-dessus le marché, à partager le terrible et écrasant poids du maudit Anneau. Mais il n'en était pas ainsi. Que ce fût du fait que Frodon etait tellement épuisé par ses longues souffrances, par la blessure du poignard et la piqûre venimeuse, ainsi que par le chagrin, la peur et l'errance sans abri, ou que quelque don de force finale lui était accordé, Sam souleva Frodon sans plus de difficulté que s'il portait un enfant hobbit à dos dans quelque jeu sur les pelouses ou les champs de foin de la Comté.[/citation]
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)