si dans un QCM on me proposait "Eru est-il..."
a/ bon
b/ méchant
c/ N.S.P.
je bifferais probablement la case A.
Ou plus probablement j'enverrai le sondage à la poubelle pour cause de total inintérêt!
la différence entre Eru et le Dieu biblique que je voulais mettre en lumière est la grande "discrétion" de ce premier, comparé au second dont on te loue la grande bonté et l'amour infini sur plus de mille pages (peut-être pour faire passer le déluge, sodome et gommorrhe et les dix plaies d'égypte? "mais si, mais si... puisqu'on vous certifie qu'il est sympa!on peut même vous le chanter";- ).
Eru est nettement plus nébuleux. Dix petites pages où on le "voit" réellement, et puis après POUF! il repart dans les limbes de l'in-connaissable.
Même ses motivations sont moins claires que celles du Dieu biblique. En effet, l'Ainulindale nous le présente avant tout comme un Créateur-artistique, plus que comme un directeur de conscience, ou le maître-étalon du Bien et du Mal.
Partant de là, on pourrait presque se demander si l'espérance que "tout finisse par concourir au bien de ses enfants" est une motivation chez lui, insufflée par l'affection qu'il leur porte, ou simplement le caprice du Créateur qui a décidé que "c'est comme ça que doit se conclure Mon Oeuvre, paske sinon c'est pas beau!".
Bon, sans aller jusqu'à voir en Eru un démiurge froid uniquement préoccupé d'esthétique... il faut avouer qu'il semble avoir un certain goût pour le drame, parfois d'avantage que pour le bonheur des individus (je lui trouve un petit côté dramaturge. étonnant, non?).
Car c'est celà aussi qui le différencie: AUCUNE relation personnelle avec les hommes! Pas si fréquent dans une cosmogonie !
alors Eru est-il bon?
bin... ok c'est plutôt pas une enflûre, mais il est surtout lointain et d'une sagesse insondable.
contrairement à ce que j'ai pu laisser entendre avec mon histoire de calque ainulindale/génèse, je ne trouve pas qu'il faille trop appliquer une lecture judéo-chrétienne à Eru, il lui manque une caractéristique essentielle pour être taxé de "Bon Dieu": la proximité !

