MJ (bisous au passage :-*), nos opinions ne sont pas du tout incompatibles. (ici, je parle en mon nom propre, et plus à quatre mains, Lambertine n’est plus là – snif :,-( ). Je n’ai pas l’impression que Frodo ait « choisi la voie du renoncement ». Il choisit d’abord celle de la fuite, puis celle de l’action et de l’affrontement. Je suis d’accord, Tolkien ne plaide pas « en faveur d’un abandon » et ses personnages luttent. Ce que Frodo atteint en fin de roman, (enfin, c’est une interprétation parmi d’autres possibles – et j’en ai d’autres) c’est plutôt l’apaisement de celui qui a vécu un maximum des potentialités offertes par l’existence humaine. Qui en a retiré des expériences et des sentiments très divers allant du remord des erreurs commises à la conscience de la tâche accomplie. Bref : une vie pleinement vécue. Il peut ainsi faire face sereinement à sa propre mort. La compréhension qu’il y a gagnée lui permet aussi de pardonner – ce qui lui aurait sans doute été impossible au début du roman, où il regrette que Bilbo n’ait pas tué Gollum.
Donc, indispensablement, l’expérience de l’action et de la lutte précède celle de ce que tu appelles « le renoncement ». Pour moi, il ne « renonce » pas vraiment, au sens ou un bouddhiste ou un ermite chrétien renonce au monde : il se sait condamné, mais il a fait ce qu’il a pu, il a « règlé ses comptes », il a vécu sa vie aussi complètement qu’il le pouvait. Il peut donc partir, emportant à la fois ses triomphes et ses regrets.
Pour dire vrai, - mais là, on change de sujet – cette vision vient d’une autre interprétation bizarre du SdA qui m’est venue après une conférence de Vincent (bisous, Vincent ;-) ) voilà près d’un an. Certaines phrases qu’il a prononcées m’ont induite à interpréter l’expérience de Frodo comme celle d’un homme « confronté à l’échéance de sa mort » (je crois que ce sont tes mots, Vincent, pardon si je surinterprète ;-P ). Immédiatement, j’ai eu l’image d’un homme apprenant qu’il est atteint d’une maladie mortelle et à ses réactions face aux progrès de la maladie. Fuite, espoir, affrontement, lutte, échec et finalement acceptation de la mort. Je sais, je sais, d’autres se demanderont bien où je vais chercher tout ça. Et développer ce thème est un peu trop glauque pour moi. Je vous l’offre : amusez-vous bien. :-D

