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Raisonnement Chronologique
#21
Isengar lève un sourcil, constate qu'un point soulevé dans le fuseau le chagrine particulièrement et, prenant le risque de l'odieux et superfétatoire hors-sujet, prend sa plus belle plume pour quelques précisions...

>>Fantolkien : le souffle destructeur de Glaurung ressemble beaucoup dans sa soudaineté et sa violence à l'invasion des Wisigoths sur Rome

Haem... Que nenni !

Alaric et ses Wisigoths ont pénétré en Italie du nord par les cols des Alpes Juliennes dés 401.
Après une défaite à Pollentia en 402 et quelques années pour reprendre leur forces, ils profitèrent des nombreux troubles (406, invasion de la Gaule par les Vandales/Suèves/Alains et d'autres peuples) pour s'approcher dangereusement de la Ville éternelle.

Le raid des bandes de barbares de l'Ostrogoth Radagaise en 406 lui permit de réclamer un premier tribut au Sénat de Rome.
Mais grâce au puissant général vandalo-romain Stilicon l'aventure de Radagaise tournant mal (défaite devant Florence, à Fiesole en 407) et bien que Rome connaisse à présent le nom d'Alaric, aucune rançon n'est versée.

Mais Stilicon est assassiné en 408 par le parti anti-barbare à Rome. Des massacres de soldats impériaux d'origines germanique, sarmate et hunnique ont lieu et les familles de ces derniers sont décimées à Pavie, à Rome et à Ravenne dans de sanglantes purges, de véritables "Saint Barthélemy" anti-barbares.

Les survivants de ces massacres appellent Stilicon à l'aide. Celui-ci passe les Apennins, et avec une armée renforcée par le flot des proscrits, il met le siège devant Rome pour la première fois.
Il réclame un lourd tribut et des terres où installer son peuple.
Et Stilicon n'est plus là pour l'arrêter.

Honorius, l'empereur d'Occident (réfugié à Ravenne), refuse de négocier. Mais le Sénat romain, qui est aux premières loges, lui promet tout ce qu'il réclame.
Alaric lève alors le siège mais prend soin de ravager la plaine du Latium.

A nouveau, Alaric ne voir rien venir. Honorius, entouré de conseillers hostiles aux barbares, refuse de valider les promesses du Sénat et les fonds restent bloqués.

Et en 409, tandis que les hordes de Vandales, Alains et Suèves quittent une Gaule meurtrie et durablement choquée pour une Espagne tétanisée, Alaric met une seconde fois le siège devant Rome.
Un siège très dur. Le peuple de Rome est affamé, toutes les voies sont coupées et Ostie (la grande cité portuaire de Rome) est pillée.
L'évêque de Rome en appelle à la foi d'Alaric et l'avertit de la menace divine en cas d'assaut contre la ville éternelle...

Entretemps, un général romain nommé Attale renverse Honorius à Ravenne. Cet usurpateur est lié aux Wisigoths et couvre Alaric et ses capitaines de richesses et de titres militaires honorifiques.
Les Wisigoths lèvent alors le siège pour la deuxième fois.

Mais Attale n'a pas le soutien du Sénat romain. Et la présence de deux autres usurpateurs aux confins de l'Empire (Constantin III dans le nord de la Gaule, à la tête des légions qui ont évacué l'île de Bretagne, et un certain Maxime qui tente de sauver les meubles en Espagne) renforce l'autorité d'Honorius, seul Empereur légitime.

Alaric se débarasse d'Attale et fond alors pour la troisième fois sur Rome, durant l'été 410.
le 24 août 410, les romains affamés ouvrent les portes aux barbares.
Alaric, supersticieux, se souvient des menaces de l'évêque de Rome.
Il donne la consigne d'éviter les violences inutiles, d'épargner les clercs et les lieux saints.
Mais -s'en étonnera-t-on ?- plusieurs excès ont lieu malgré tout: viols, meurtres, quelques incendies. Mais dans l'ensemble, la population est relativement épargnée par les barbares qui ne s'en prennent qu'aux richesses.
Au milieu de la tumulte, on raconte qu'Alaric s'isole sur le tombeau de Saint Pierre et demande pardon à Dieu.

Au matin du troisième jour du sac de la Cité, Alaric ordonne brusquement le repli.
Les Wisigoths, étonnés, quittent Rome chargés d'un immense trésor et d'une foule d'esclaves.

Le choc de la nouvelle du pillage de Rome retentit dans tout le monde romain. Et la renommée d'Alaric s'étendit des côtes de Lusitanie jusqu'aux oasis de Syrie -pensez donc, 8 siècles que personne n'avait touché à Rome !

Mais Alaric, qui projette à présent d'entraîner ses armées vers la riche province d'Afrique, meurt brusquement à l'automne 410...
Athaulf lui succède.

En 411-412, Honorius réinstalle définitivement son autorité. Ses rivaux sont éliminés grâce à ses troupes restées fidèles.
Il négocie avec Athaulf le départ des Wisigoths de la péninsule italienne.
Tranquillement, sans excès supplémentaires, les barbares gagnent finalement le sud de la Gaule.


Trois sièges, donc. Et une présence menaçante de plusieurs années dans les environs de la Ville éternelle.

Isengar pose alors la question suivante : La comparaison avec la "soudaineté et la violence" de l'attaque du Dragon contre Nargothrond tient-elle toujours ?...

Puis il referme ses yeux et retourne vers ses rêves de Faërie... vous savez, Faërie, ce monde qui n'a pas besoin d'être comparé systématiquement à notre monde à nous...

I ;o)

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