Les armées du bas-empire sont décidément bien mal connues de mes contemporains... et les puissantes cavaleries composées des imposants cataphractaires, clibanaires ou de scutaires tombent dans l'oubli après des siècles d'études classiques et de mépris de la soi-disante décadence de l'Empire...
Je prendrais bien le temps de faire un exposé sur les mutations de la cavalerie classique vers une cavalerie arme d'élite des armées romaines et barbares à partir du IIIème siècle, mais le hors-sujet serait tellement flagrant... Cédric va finir par faire les gros yeux, d'autant que je suis censé travailler sur tout autre chose ;o)
Notons seulement que si les étriers ne se sont développés que sous le règne des premiers rois francs (cf la bataille de Poitiers (732) où ils sont pour la première fois utilisés en masse par la cavalerie lourde des francs de Charles Martel), les cavaliers des armées des empires d'Orient et d'Occident (et des armées des princes barbares) maniaient déjà le Contus (lance lourde) dés le IIIè siècle en pleine charge et tous bardés d'armures de plates ou de mailles sans forcément glisser de leur monture à chaque galop... Certaines techniques de l'art equestre des steppes se sont perdues avec le temps et les équipements de confort ;o)
Notons enfin que d'Alésia et ses auxiliaires germaniques jusqu'aux Champs Catalauniques (pour reprendre les deux exemples cités par Thorin II), il y a 500 d'histoire militaire et une enorme évolution dans les techniques de combat.
Et puis Alesia (-52), c'était un siège d'une place forte où, sommes toutes, la cavalerie ne pouvait de toute façon jouer qu'un rôle marginal (cf l'échec de la cavalerie gauloise devant les remparts de bois et l'intervention poncutuelle des auxiliaires montés germains pour repousser les assauts gaulois).
Et Les Champs Catalauniques (451), c'était une bataille en rase campagne entre deux puissantes coalitions d'armées où les cavaleries des deux camps jouèrent un rôle fondamental. Il y avait les fédérés Alains et Wisigoths (ainsi que la garde d'Aetius, composée de cavaliers germaniques et huns) pour les cavaleries de la coalition romaine, et du côté des armées sous le contrôle d'Attila, il y avait la cavalerie légère des Huns, bien entendu, plus les cavaleries lourdes des Ostrogoths et des Gépides, ainsi que quelques groupes de solides lanciers montés Alains.
Thorin II, tu évoques des mercenaires ? Pas de mercenaires connus aux Champs catalauniques, ou alors peut-être au service d'Attila (cf Odoacre et ses Hérules, les futurs tombeurs du titre impérial, en 476, mais ils n'était pas des cavaliers), mais ce n'est attesté par Jordanès, la seule source dont l'historien dispose au sujet des descriptions de cette bataille.
Bref, tout ça pour dire qu'Alésia et les Champs Catalauniques ne sont pas du tout des exemples comparables :o)
I.

