Ce lieu est associé dès les premières pages au motif du départ, implicitement ou plus clairement, puisque selon la tradition des navires elfiques y attendent des passagers pour un voyage sans retour 1 . Cette pierre d’attente est relayée par la vision dans le Miroir de Galadriel d’un « petit navire, scintillant de lumières » qui disparaît dans la brume, ou par l’image de la Lorien « [glissant] lentement, en arrière, comme un brillant navire mâté d'arbres enchantés, en partance pour des rivages oubliés, tandis [que les Compagnons sont] assis là impuissants à la lisière du monde gris et défeuillé » - nef dont le « dernier Vaisseau » du poème de Tolkien est un écho 2.
(rivages, p. 264)
Vincent
1. S 60 ; S 61
2. S 398 ; S 412 ; « The Last Ship » dans TB, p. 150-159. On peut également estimer que l’exil de Frodo représente le Départ par excellence (mais non pas la mort), et que toute mention d’un personnage quittant un lieu où il vivait annonce les Havres Gris : on sait par exemple que Frodo ressent durement l’absence de Bilbo, parti vivre à Fondcombe (S 51).

