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Le rève de Boromir (et Faramir)
#37
Concernant la Tentation de Boromir :
Ah! L'Anneau! Dit Boromir, les yeux brillants. L'Anneau! N'est ce pas un étrange destin que nous devions endurer tant de peur et de doutes pour une si petite chose? Une si petite chose! Et je ne l'ai vue qu'un seul instant dans la Maison d'Elrond. Ne pourrais-je le voir de nouveau?
Frodon leva la tête. Son cœur se glaça soudain. Il avait saisi l'étrange lueur des yeux de Boromir, quoique le visage de celui ci fût toujours bon et amical.
[...]
Ces Elfes, semi-elfes et magiciens, il leur adviendrait Peut-
malheur. Mais je me demande souvent s'ils sont sages et non pas simplement timides. Mais à chacun selon son espèce. Les Hommes loyaux, eux, ne seront pas corrompus. Nous autres, de Minas Tirith, nous nous sommes montrés fermes pendant de longues années d'épreuve. Nous ne recherchons pas le pouvoir des seigneurs magiciens, mais seulement la force de nous défendre, la force au service d'une juste cause. Et voyez! Dans notre besoin, la chance met au jour l'Anneau de Puissance. C'est un don, dis-je, un don aux ennemis du Mordor. C'est folie de ne pas s'en servir, se servir du pouvoir de l'Ennemi contre lui-même. Les impavides, les sans merci, ceux là seuls acquerront la victoire. Que ne pourrait un guerrier, un grand chef, en cette heure! Que ne pourrait Aragorn? Ou, s'il refuse, pourquoi pas Boromir? L'Anneau me donnerait le pouvoir du commandement. Ah! comme je chasserais les armées du Mordor, et tous les Hommes se presseraient sous ma bannière!
Boromir allait et venait, parlant de plus en plus fort. Il semblait presque avoir oublié Frodon, tandis que son discours roulait sur les murs, les armes et le rassemblement d'Hommes, et il tirait des plans de grandes alliances et de glorieuses victoires à venir, il abattait le Mordor et devenait lui-même un puissant roi, sage et bienveillant.
[...]Il bondit soudain par-dessus la pierre et sauta sur Frodon. Son beau et agréable visage était hideusement changé: Il avait dans les yeux une fureur ardente.
[...]Trébuchant à ce moment sur une pierre, il tomba tout de son long et resta la figure contre terre. Pendant un moment, il demeura aussi immobile que s'il eût été abattu par sa propre malédiction, puis, soudain, il se mit à pleurer.
Il se leva et se passa la main sur les yeux pour en essuyer les larmes.
- Qu'ai-je dit? S’écria t’il. Qu'ai-je fait? Frodon, Frodon! appela t’il. Revenez! J'ai été pris de folie, mais elle est passée. Revenez!
L2C10

Citation un peu longue aussi, certes, mais pour montrer que Boromir est motivé par son amour pour son peuple, et que c'est son orgueil généreux ("roi sage et bienveillant") que l'Anneau utilise pour le tenter. J'ai gardé aussi la fin pour montrer les effets de la fin de l'Epreuve : les larmes et l'hébétude. Et aussi la mention de la folie passagère.

Concernant Faramir, je comble un trou dans la citation de Silmo :

«C'est ce qu'il semble, dit Faramir, lentement et d'une voix très douce, avec un étrange sourire. Voilà donc la réponse à vos énigmes! L'Anneau Unique que l'on croyait disparu du monde. Et Boromir a tenté de le prendre de force? Et vous vous êtes échappés? Et vous vous êtes encourus, sur toute cette distance, ... à moi! Et je vous ai ici, dans des régions désertes: deux Semi-Hommes, et une armée d'Hommes à mon service, et l'Anneau des Anneaux. Beau coup de la fortune! Une chance pour Faramir, Capitaine de Gondor, de montrer sa
qualité! Ha, ha! » Il se tenait tout droit, très grand et rigide, ses yeux gris étincelant.
Frodon et Sam bondirent de leurs tabourets et se mirent côte à côte le dos au mur, cherchant de la main la garde de leurs épées. Il y eut un silence. Tous les hommes présents dans la caverne cessèrent de parler et regardèrent vers eux avec étonnement. Mais Faramir se rassit et se mit à rire doucement, puis il reprit soudain sa gravité.
L4C5

ça ne m'aide pas à savoir si l'Anneau le tente à ce moment... Tout d'abord, voir l'Anneau n'est pas nécessaire pour succomber... néanmoins Boromir souhaite le voir encore une fois. Faramir, lui, refuse. Cependant, il présente les mêmes "symptômes" que chez Boromir : le regard étincelant, un aspect (franchement) inquiétant, puis l'acmé de l'Épreuve (le "coup de folie" de Boromir, la rigidité de Faramir), puis le relâchement (les larmes / le rire). Cependant, alors que Boromir disserte sur tout ce qu'il ferrait s'il avait l'Anneau (comme l'ont fait Gandalf, Galadriel, et comme le feront Sam et Gollum — juiccccy fisssshess), pour Faramir, on n'a qu'une allusion vague et courte : "montrer sa qualité".
Le reste de la citation (cf le post de Silmo-san juste au dessus) donne cependant des indications qui m'inclinent à penser que non, il n'a pas été tenté : "il est des dangers que l'on doit fuir". Puis il indique sa peur de chuter dans l'épreuve.

Or donc, je pense donc que pour Faramir, il n'y a pas de Résistance à l'Anneau, puisqu'il a refusé, pour reprendre ce vers (je ne sais si l'on dit ça pour une prière ? Il y a peut-être un autre terme ?), de se soumettre à la tentation.

Belle dérive du sujet initial :)

S.

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