07-09-2005, 21:48
Le problème de Féanor, justement, c'est qu'il n'oublie rien, à commencer par son propre talent... Qui pourtant ne valait pas les Arbres en eux-mêmes. Et dans sa réponse (je cite de tête, désolée pour l'inexactitude) " si je devais les briser, j'en mourrais" pointe le double aspect de l'attachement légitime d'un artisan à son oeuvre et son profond orgueil. J'en connais qui ont fait des sacrifices plus douloureux, ou du moins accepté de les faire. C'est là où l'on voit que l'histoire uchronique de Tolkien est située en amont de la révélation judéo-chrétienne : s'il avait eu l'exemple d'Abraham en tête, Féanor aurait peut-être fait un choix différent. Cela me fait penser : il y a-t-il dans les temps précédant la chute de Féanor une notion de 'sacrifice' mise en évidence ? Je veux dire, est-ce que quelqu'un a du renoncer à quelque chose de plus précieux que sa propre vie jusqu'à lors? Je n'ai pas les livres à disposition, et dans mon souvenir, il n'y a rien de tel de manière significative. Mais cela consolide la figure de Frodo comme celle de la rédemption (et donc christique, mais ce n'est plus à débattre) vis à vis de celle de Féanor (sans compter celle d'Isildur).
Bref, pour n'être pas trop hors sujet et revenir à Féanor, le fait qu'il chute de cette manière, c'est à dire en renoncant à un sacrifice pour le bien (et son refus vis à vis des Silmarils m'a toujours paru, si compréhensible qu'il soit, comme une marque 'd'appropriation' pour une majeure part illégitime, puisque la lumière qui fait la véritable beauté des Silmarils n'est pas venu de lui. Je ne trouve pas anodin que le 'mal' ou la 'chute' soient occasionnés par des artefacts et non des réalités naturelles : les Silmarils pour Féanor, l'Anneau pour ceux qui tombent en son pouvoir, le Palantir, d'une certaine façon pour Denethor... mais sans doute n'est-ce pas ici le lieu pour en parler. Pourtant, cette question du rôle à la fois bénéfique et maléfique (selon le choix des 'humains', entendez par là toutes les races) de l'artefact m'a toujours paru importante, notamment vis à vis du processus de subcréation, engendrant de lui-même des artefacts... Sans doute ce sujet a-t-il déjà été abordé ?
Bref, pour n'être pas trop hors sujet et revenir à Féanor, le fait qu'il chute de cette manière, c'est à dire en renoncant à un sacrifice pour le bien (et son refus vis à vis des Silmarils m'a toujours paru, si compréhensible qu'il soit, comme une marque 'd'appropriation' pour une majeure part illégitime, puisque la lumière qui fait la véritable beauté des Silmarils n'est pas venu de lui. Je ne trouve pas anodin que le 'mal' ou la 'chute' soient occasionnés par des artefacts et non des réalités naturelles : les Silmarils pour Féanor, l'Anneau pour ceux qui tombent en son pouvoir, le Palantir, d'une certaine façon pour Denethor... mais sans doute n'est-ce pas ici le lieu pour en parler. Pourtant, cette question du rôle à la fois bénéfique et maléfique (selon le choix des 'humains', entendez par là toutes les races) de l'artefact m'a toujours paru importante, notamment vis à vis du processus de subcréation, engendrant de lui-même des artefacts... Sans doute ce sujet a-t-il déjà été abordé ?

