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Gandalf le Tortionnaire
#6
Qui osera jamais prendre le parti de la torture ? Et pourtant combien comme Gandalf ou Aragorn semblent admettre dans les faits que la possibilité de sauver ou de préserver des vies humaines justifient bien quelques brutalités à l’encontre d’un individu menaçant.
A mon avis on ne peut pas nier ce droit et même ce devoir.
Le problème comme dans tous ces dilemmes cruciaux est de savoir jusqu’où une éthique humaniste permet d’aller et également si le fait d’en accepter le principe n’est pas de nature à autoriser tous les excès.
En quoi tout d’abord la torture est-elle condamnable ?
On ne conteste pas la brutalité d’une punition légitime ni la sanction juste ?
L’individu qui transgresse les lois s’il constitue une menace pour les autres ne saurait être abandonné à sa propre notion de justice La société a sans aucun doute le droit de l’empêcher de nuire.
C’est dans les moyens utilisés que se jugera la société qui exerce son pouvoir. Tolérance n’est pas complicité et le laxisme en ce sens est condamnable.
La justice dans la sanction, son adéquation à la faute commise est sûrement ce qui justifie notre vigilance, mais le devoir de sanctionner n’est pas contestable.

Dans le cadre de la torture, le problème se complique parce qu’il faut agir contre la logique d’un individu pour obtenir ce que l’on veut . On s’attaque à son idéologie , à ses convictions qui se traduisent par une vérité différente de celui qui détient le pouvoir de punir.
Ce sont deux vérités qui s’affrontent et l’un des deux adversaires doit être moralement brisé.
Je serais tentée de dire qu’on n’a pas le droit précisément de briser un individu en s’attaquant à son intégrité morale.
Pourtant, tandis qu’on punit un criminel de n’avoir pas respecté la loi commune , ici on impose à quelqu’un une loi qu’il ne reconnaît pas pour sienne.
Prenons le cas du terroriste, comme Gollum pouvait subir le pouvoir de l’Anneau qui l’asservissait à la volonté de Sauron , le terroriste dans ses actes exécute ce que ses convictions légitiment.
Sauf à réussir à lui démontrer que ses convictions sont fausses , sa raison ne l’autorisera pas aux aveux requis .
Alors il faut bien se rendre à la. seule considération de l‘enjeu.
Quelle que soit la méthode employée on devra la qualifier de torture et notre seul devoir sera d’en limiter les effets en appliquant les règles que les philosophes citées par Adam Rosman ont défini :
- le besoin impératif d’obtenir immédiatement des informations
- ne disposer d’aucun autre moyen de se procurer ces informations
- ces informations doivent permettre de sauver de nombreuses vies

Encore que la dernière relative au nombre de vies a à sauver me semble superflue .
Position bien sévère ? Pour la vie d’un seul enfant menacée j’autoriserai la société à torturer son tortionnaire .

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