Il est donc dit qu'Aragorn n'est pas fier d'avoir, euh, disons, brutalisé Gollum. Je pose une simple question : aurait-il éprouvé le même "malaise" si a la place d'un vieux bonhomme malingre et geignard il s'était trouvé face à un robuste - j'allais dire Troll, mais je vais rester dans les enfants d'Illuvatar non dévoyés - général Dunlending ou traître Rohirrim ? Probablement pas (je crois d'ailleurs que dans ce cas, le "duel mental" aurait suffit). Or, pourquoi "brutaliser" un général Dunlending serait-il moins condamnable que de brutaliser un Gollum ?
Gollum a un excellent moyen de défense : il ne s'agit pas de son agilité (qui est quand même hors du commun) mais de sa capacité à inciter la pitié. Tout le monde a, finalement pitié - à raison d'ailleurs, parce que son addiction à l'anneau fait réellement de lui un être malheureux - du pauvre, pauvre Smeagol. Et Smeagol "joue" de cette pitié (ce n'est pas Thorïn que les "hommes" de Thranduil auraient emmené promener dans les bois) à son avantage (et c'est d'ailleurs paradoxalement parce qu'il se joue de la pitié de Frodon que l'Anneau finit par être détruit.).
Maintenant...
Il est bien évident qu'il n'est pas question ici de "torture légale", , mais bien plus probablement de moments d'exaspération dans des instants critiques. Il n'y a pas de "volonté de briser un être". Il n'y a pas de systématisation de la "torture", comme par exemple au Chili ou en Algérie.
Et je me pose néanmoins une question : il est considéré - à juste titre, quelque part - comme déshonorant de malmener un prisonnier. Mais pas de balancer des chapelets de bombes sur une ville endormie...

