Il me semble très étonnant que vous insistiez plus sur le comportement d'Aragorn que sur celui de Gandalf. Aragorn, après tout, est un soldat en guerre (ceci est une explication pas une excuse, hein!), il cherche à ontenir des renseignements qu'il considère comme vitaux pour sauver (ou sauvegarder) son monde. Il brutalise Gollum, mais il semble que ses 'valeurs morales' le lui reprochent. Mais, nous le verrons par ailleurs décimer ses ennemis (méchants orques ou autres) sans aucun scrupule: c'est la guerre :-#
Gandalf ne répond pas au prototype du guerrier, c'est un prêtre-roi et on peut voir en lui l'incitateur au combat (mais laissons à Sauron ce qui lui appartient). Ses valeurs morales son beaucoup plus variables, chez lui tout justifie le but ultime, en cela ressurgit son 'caractère divin':
- il cache des connaissances essentielles au maître de son ordre,
- il menace ceux qui lui résistent ou semblent hésiter à lui obéir (Bilbo, Gollum, Pippin pour ne citer qu'eux),
- il manipule ceux qui l'entourent pour atteindre ses objectifs (Hobbits, Nains, Elfes, rois ou héros, Aragorn lui-même est bien téléguidé),
- entre la discrétion ou une action de protection, il choisit bien sûr de rester caché pour ne pas dévoiler son but (Thrain ne sera pas sauvé, ni Radagast recherché).
Je ne cherche pas à charger le personnage, mais simplement à montrer que, comme tout caractère divin, il agit selon ses buts, et la somme de ses actes positifs contrebalance largement ceux-ci. Mais Gandalf est un personnage qui choisit d'agir 'durement' (comme il le dit), s'il le juge nécessaire. Et je pense qu'il le sait : il refuse d'être tenté par l'anneau, arriverait-il à résister ?
Aragorn semble éprouver du repentir, en cela c'est un personnage humain dans lequel nous pouvons nous reconnaître. Gandalf me semble correspondre beaucoup plus au profil égoïste de ces 'instances supérieures' (divinités, catastrophes naturelles...) qui agissent selon leurs propres schémas, il est bien de la même essence que Saroumane ou Sauron.
Mehapito

