En ce qui concerne Gandalf, je rejoins plutôt Neiklot que Mehapito. Il se met lui-même au service d'un but qui n'est pas le sien. Il prend autant de risques et s'engage autant que les autres. Il n'hésite pas à se sacrifier lui-même (le Balrog). Et comme le dit Lambertine, il ne manipule pas : il incite, mais chaque personnage reste libre de prendre sa propre décision. Il agi sans aucun intérêt personnel puisque la Terre du Milieu ne lui reviendra pas. Quant à la dureté qu'il manifeste envers Bilbo, Pippin et Gollum :
- Bilbo : d'après ma compréhension du récit, il agi envers Bilbo comme envers Gollum, il dévoile une partie de sa puissance, qui effectivement est terrifiante. Dans le cas de Bilbo, il ne s'agit pas de le forcer à abandonner l'anneau, ce qui - il le dit lui-même, aurait été plus dommageable que bénéfique, - mais de calmer sa crise de rage, en utilisant son propre pouvoir pour faire face à celui de l'anneau et en délivrer Bilbo.
- Pippin : il agit comme le commandent les circonstances. A cet instant précis, ils sont tous en danger de mort potentiel. Il agit comme un chef de guerre, et pas comme un grand-papy gâteau "c'est pas grave, mon p'tit Pippin, tout va s'arranger!". Par la suite, il manifeste envers lui plus de compréhension et d'amitié que de rancune et de manipulation.
- Gollum : encore une fois d'après ma compréhension personnelle, je n' y pas vu de torture. Il fait d'abord preuve d'une très longue patience, il interroge sans brutaliser. Devant l'échec total de cette méthode, il utilise je pense la même qu'avec Bilbo. Par la suite, lui-même n'arrête pas de recommander que Gollum soit traité avec compassion et humanité. Privé de liberté, oui, parce que c'est la guerre et qu'il n'a pas le choix. mais combien d'autres l'auraient tout simplement tué, après renseignements obtenus? (en plus, il est si bien traité qu'il s'évade).
Jean, pour en revenir à mon post mal compris ou mal exprimé. D'accord avec toi sur l'engrenage et le premier pas fatal. C'est justement là-dessus que je voudrais revenir. On a déjà souvent discuté sur le fait qu'il était très facile de faire le mal par idéal, par obéissance aveugle, par loyauté à un pays, une tribu, une cause politique ou religieuse.
Ici je pose la question : ne vaut-il pas mieux faire passer notre libre-arbitre et notre responsabilité humaine personnelle avant toute appartenance, toute idéologie, toute foi, toute obédience, toute loyauté à qui ou à quoi que ce soit? Plutôt que de se dire : je fais ceci contre mon gré et contre ma volonté, mais pour servir une cause ou un idéal supérieur, - se demander simplement, que suis-je en train de faire? moi-même en cet instant?
Je pose juste la question. J'ai bien une réponse pour moi-même, mais elle n'est pas nécessairment universelle, ni valable absolument. (Et après tout, personne n'est obligé d'y répondre). ;-P

