Ceci dit tu poses une question très intéressante en parlant d'Anduril, question qui relève qui plus est un flou dans mon raisonnement :
Vinyamar a utilisé l'exemple de l'épée pour montrer qu'une technologie n'était pas neutre comme je l'avais avancé.
Ce à quoi j'ai répondu que l'épée ne constituait pas la technologie en elle-même mais son résultat, et qu'un résultat maléfique n'impliquait pas que la technologie est maléfique (la technologie de la forge débouchant sur d'autres résultats, bénéfiques).
Qouiqu'il en soit, autant Vinyamar que moi considérons qu'une épée est un objet intrinsèquement maléfique puisque destiné à tuer. Que se passe-t-il quand cet objet est amené à combattre le mal ? Devient-il bénéfique ?
Pour ma part je ne pense pas : un objet maléfique le reste, même s'il est amené à combattre le mal. Dans le cas contraire nous admettons par exemple que l'Unique est un objet bénéfique puisqu'il a permis de vaincre Sauron. Et, plus généralement, que combattre le mal autorise non seulement à utiliser les mêmes moyens que lui, mais en plus à accorder une légitimité à ces moyens.
Déontologiquement je m'oppose à cette vision des choses. Mais, en même temps, si Aragorn, Théoden, Eomer, Eowyn, Imrahil, Faramir et tous les autres n'avaient pas pris les armes pour répandre la mort et la douleur, Sauron aurait envahi la Terre du Milieu et Tom Bombadil lui-même y aurait perdu sa liberté et son insouciance.
Finalement la question n'est pas seulement de déterminer ce qui est maléfique et ce qui est bénéfique, mais aussi de savoir ce que nous sommes prêts à sacrifier et ce que nous souhaitons préserver.

