« Depuis combien de temps Saroumane t’a-t-il acheté ? Quel a été le prix convenu ?».
Langue de Serpent est un modèle de duplicité. Il réussit ainsi à bannir Eomer et à gouverner de fait Edoras, même si tous ses habitants, hormis Theoden, le tiennent pour un être vil, l’appelant « Langue de Serpent ». Ceci tout à l’intérêt de Saroumane, qui désarme ainsi ses voisins immédiats.
La raison de sa trahison pour servir les intérêts de Saroumane me paraît obscure. Toutefois, mis dans ses derniers retranchements, on peut voir qu’il est prêt à toutes les compromissions pour éviter tout combat et qu’il n’obéit qu’à une lâcheté sans limite, « et si ce prétexte ne vous dispense pas de la guerre […] quel emploi moins honorifique accepteriez-vous ? Porter un sac de farine dans les montagne ? » le tance ainsi Eomer.
Il a ainsi été amené à trahir par lâcheté et trahison. Qu’avait à gagner celui qui ne paraît être que le jouet de Saroumane ? sans doute pas grand-chose. Mais avait-il la liberté de choix, mû par une lâcheté et une faiblesse d’âme sans borne ?
3- Gollum
Sam dans tous les cas ne lui a jamais fait confiance, de même Faramir (« méfiez-vous de ce guide, il a déjà commis un meurtre. Je l’ai lu en lui »), au contraire de Frodon qui croit sincèrement en sa rémission.
Frodon y voit comme son double, même race, même fardeau à porter, et ira jusqu’à jurer de sa vie pour le sauver près du lac interdit.
Le fait d’amener Frodon à Arachne peut donc paraître comme une trahison vis-à-vis de Frodon. Cependant, en relisant bien le serment qu’a fait Gollum lors de sa capture par les deux hobbits, ce serment a été prononcé sur le « Trésor ». Et Gollum respecte ce serment : « Et on sauvera le trésor, comme on a promis, oh oui » (cf. l’antre d’Arachne). Jusqu’au bout, il fera d’ailleurs tout pour sauver l’anneau.
De la part de l’esprit perverti par l’anneau de Gollum, il n’y a pas réelle trahison. Il a juré de protéger le « maître du Trésor », espérant bien devenir ce maître.
4- Boromir
Il est l’un, si ce n’est le déclencheur de la dissolution de la Communauté, en ayant voulu s’emparer de l’anneau, tenté par ce dernier.
Cependant, il est toujours resté fidèle à ce qu’il avait annoncé lors du Conseil d’Elrond, c’est à dire défendre le Gondor, persuadé, à tort, que l’anneau pourrait l’aider.
Là encore, comme pour Saroumane ou Gollum, on retrouve l’anneau comme responsable de sa chute et de l’image de trahison qu’il a pu avoir pour ses compagnons.
5- Frodon
L’idée est quelque peu osée de considérer Frodon comme un traître, mais plusieurs signes sont accablants.
Ainsi, la capture par ruse de Gollum au lac interdit peut être vue comme un acte de tromperie, de même lorsque dernier se rend compte sur les contreforts de la Montagne du Destin que Frodon a l’intention d’attenter à l’existence de l’anneau.
Vis-à-vis de la « mission », qui était de détruire l’anneau, Frodon la trahit au dernier moment en revendiquant sa possession, et il trahit par conséquence tout le labeur et le dévouement de Sam en abandonnant sa promesse.
Là encore, on retrouve l’anneau comme seul et unique déclencheur.
6- Dénéthor
Sa folie et son désespoir l’entraînent à abandonner son poste et le commandement général de son peuple. Ce n’est pas une vraie trahison dans la mesure où il ne passe pas à l’ennemi, mais les conséquences auraient pu être similaires en l’absence de Gandalf pour le remplacer en tant que commandant lors de la bataille.
Les raisons de ses actes sont avant tout le désespoir (mort de sa femme, de Boromir et, croit-il, de Faramir) et son sentiment de grande faiblesse et d’impuissance.
7- Bill Fougeron, Ted Rouquin, Lothon Sacquet, …
On rencontre également des personnages que je qualifierai de secondaires qui portent une image de traître.
Bill Fougeron qui « vend » les hobbits aux Nazgûls, Lothon Sacquet et Ted Rouquin qui semblent les seuls à se réjouir du saccage de la Comté.
Il n’y a pas de trahison car ils n’ont pas abandonné leur camp ou leurs convictions (ils n’en avaient pas ou si peu). Ce sont surtout des personnages faibles et misérables qui profitent de la moindre occasion pour se venger sur plus faible et misérable qu’eux.

