10-03-2006, 21:48
J'ai lu ce midi ton article. Je suis en train de faire des annotations - The Annotated TarMeneldil - et bientôt je te donnerai mon avis. Je t'ai posé ma question sur le structuralisme uniquement pour voir si nous pouvions communiquer. Il est important de s'entendre sur des notions avant de pouvoir échanger, sinon c'est inutile.
Ce soir, j'interviens uniquement sur une phrase de ton article :
[citation]En fait, la nécessité de l'analyse interne vient de ce que la séparation qui existe de fait entre Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, Le Silmarillion, Les Contes Inachevés etc. est purement accidentelle, c'est une nécessité éditoriale, et rien de plus. En réalité il ne faudrait pas les considérer comme une suite de romans mais comme un seul long roman, une seule saga au sens médiéval du terme.[/citation]
Je viens de faire parvenir à 9 éditeurs une étude sur Bilbo dans laquelle je développe justement la thèse que Bilbo est une oeuvre à part entière. Pour moi la séparation n'est pas une nécessité éditoriale. Quand Tolkien écrit Bilbo, il n'a aucune idée du pouvoir de l'anneau, le Nécromancien n'est pas Sauron, Gandalf n'est pas le Gandalf du SdA, Gollum accepte sa défaite au jeu des énigmes: il n'est pas le Gollum du SdA.
Quand son éditeur lui demande une suite, Tolkien a bien du mal à l'écrire. Il a tout dit sur les Hobbits. Puis il écrit la suite. Cela devient le SdA. C'est à la suite d'un quiproquo que la nouvelle version du Hobbit paraît. Dans un premier temps Tolkien est en colère, puis il accepte les DEUX versions. Pour revenir à ton article, où est la cohérence d'un corpus de texte à étudier quand le lecteur, le passionné ou le chercheur universitaire sont confrontés à de multiples ébauches. Certes tout romancier écrit des brouillons, rature. Certains brûlent leur brouillon ! Mais existe-t-il deux versions imprimées, éditées du Père Goriot ? Existe-t-il deux versions de Madame Bovary, l'une qui se suicide et une autre qui vit une merveilleuse passion avec son mari ?
Cordialement.
Alain
Ce soir, j'interviens uniquement sur une phrase de ton article :
[citation]En fait, la nécessité de l'analyse interne vient de ce que la séparation qui existe de fait entre Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, Le Silmarillion, Les Contes Inachevés etc. est purement accidentelle, c'est une nécessité éditoriale, et rien de plus. En réalité il ne faudrait pas les considérer comme une suite de romans mais comme un seul long roman, une seule saga au sens médiéval du terme.[/citation]
Je viens de faire parvenir à 9 éditeurs une étude sur Bilbo dans laquelle je développe justement la thèse que Bilbo est une oeuvre à part entière. Pour moi la séparation n'est pas une nécessité éditoriale. Quand Tolkien écrit Bilbo, il n'a aucune idée du pouvoir de l'anneau, le Nécromancien n'est pas Sauron, Gandalf n'est pas le Gandalf du SdA, Gollum accepte sa défaite au jeu des énigmes: il n'est pas le Gollum du SdA.
Quand son éditeur lui demande une suite, Tolkien a bien du mal à l'écrire. Il a tout dit sur les Hobbits. Puis il écrit la suite. Cela devient le SdA. C'est à la suite d'un quiproquo que la nouvelle version du Hobbit paraît. Dans un premier temps Tolkien est en colère, puis il accepte les DEUX versions. Pour revenir à ton article, où est la cohérence d'un corpus de texte à étudier quand le lecteur, le passionné ou le chercheur universitaire sont confrontés à de multiples ébauches. Certes tout romancier écrit des brouillons, rature. Certains brûlent leur brouillon ! Mais existe-t-il deux versions imprimées, éditées du Père Goriot ? Existe-t-il deux versions de Madame Bovary, l'une qui se suicide et une autre qui vit une merveilleuse passion avec son mari ?
Cordialement.
Alain

