05-06-2006, 12:41
Trop dur Vincent, "des extraits qui ne doivent pas être longs" ! ;o)
Je souscris assez aux propositions de Sos', mais pour son point 3 et son point 4, j'ai d'autres idées.
3/ Dans Beowulf, je trouve comme lui qu'il faut donner un extrait des pages 33 à 37: la réflexion sur la période charnière Chrétienté/Paganisme est importante
[citation]Son auteur [normal][l'auteur de Beowulf][/normal] s'intéresse encore essentiellement à l'homme sur terre et remanie un thème ancien dans une perspective nouvelle, à savoir que l'homme, chaque homme et tous les hommes, ainsi que toutes leurs œuvres, doivent mourir- thème qu'aucun chrétien ne saurait négliger. Cependant, ce thème ne serait pas traité de la sorte si l'époque païenne n'était encore si proche. L'ombre que jette son désespoir persiste comme profond sentiment de regret, si ce n'est comme état d'esprit. La valeur du courage vaincu en ce monde est profondément ressentie. Tandis que le poète, tourné vers le passé, étudie l'histoire des rois et des guerriers de l'ancienne tradition, il voit que toute gloire, (ou pourrions nous dire culture et civilisation), s'achève dans la nuit. Nous obtenons en fait un poème né d'un instant d'équilibre fécond, (...)
[/citation]
Ce n'est pas pour minimiser l'élément chrétien, bien au contraire! ;o) Mais je trouve que prendre un extrait qui suggérerait justement la période charnière serait mieux.
4/ Dans l"Anglais et le Gallois" (point 4 de Sosryko, mais ses suggestions sont fort bien ;o) ), je me place d'un point de vue "grand public" qui est le mien :o)
J'ai été surprise par un passage, parce qu'il me semble avoir des échos à notre époque dans le débat sur la reconnaissance des langues dites minoritaires, ou plus largement le souci de défendre les langues régionales pour leur riche diversité :
[citation]Les gouvernements (ou les prévoyants serviteurs de l'Etat à partir de Thomas Cromwell) comprennent assez bien la question de la langue quand il s'agit de leurs intérêts. L'uniformisation est naturellement une solution plus habile ; elle est aussi bien plus commode : il est plus facile pour un gouvernement anglais de contrôler un Anglais à cent pour cent. Peu importe ce qu'il était ou ce qu'étaient ses ancêtres. Un tel "Anglais" est un homme ayant pour langue natale l'anglais et qui a perdu toute tradition réelle provenant d'un passé plus ancien et plus indépendant. En effet, bien qu'une différence de langue puisse s'accompagner de traditions culturelles et autres, c'est essentiellement par la langue que celles ci sont maintenues et préservées. La langue est le premier facteur de différenciation des peuples, et non des races, quoi que puisse signifier ce terme fort mal employé dans l'histoire longtemps faite de mélanges de l’Europe occidentale.
Ces propos sont ceux d'un islandais peu connu du début du XIXeme siècle, Tomas Saemundsson. Il avait avant tout à l'esprit, bien sur, le rôle qu'a joué le maintien de la langue islandaise, en dépit de la pauvreté, d'une faible population et de l'absence de pouvoir, dans le maintien en vie des Islandais, en des périodes de détresse. Mais ces propos pourraient s'appliquer également aux Gallois du pays de Gallles, qui ont aussi aimé et cultivé leur langue pour elle même, et non comme prétendante à l'honneur exhorbitant de devenir la langue véhiculaire du monde, et qui par elle et avec elle, préservent leur identité.
[/citation]
Ce sont des propos que ne renieraient pas les personnes qui se consacrent à défendre des langues type occitan, et c'est étonnamment actuel de trouver cela sous la plume de Tolkien. C'est pourquoi, je trouve que cela devrait être cité. Si jamais c'est polémique, ce que j'ignore, autant s'en passer, bien sûr (... mais c'est quand même vachement bien, na! ;o)
Je souscris assez aux propositions de Sos', mais pour son point 3 et son point 4, j'ai d'autres idées.
3/ Dans Beowulf, je trouve comme lui qu'il faut donner un extrait des pages 33 à 37: la réflexion sur la période charnière Chrétienté/Paganisme est importante
[citation]Son auteur [normal][l'auteur de Beowulf][/normal] s'intéresse encore essentiellement à l'homme sur terre et remanie un thème ancien dans une perspective nouvelle, à savoir que l'homme, chaque homme et tous les hommes, ainsi que toutes leurs œuvres, doivent mourir- thème qu'aucun chrétien ne saurait négliger. Cependant, ce thème ne serait pas traité de la sorte si l'époque païenne n'était encore si proche. L'ombre que jette son désespoir persiste comme profond sentiment de regret, si ce n'est comme état d'esprit. La valeur du courage vaincu en ce monde est profondément ressentie. Tandis que le poète, tourné vers le passé, étudie l'histoire des rois et des guerriers de l'ancienne tradition, il voit que toute gloire, (ou pourrions nous dire culture et civilisation), s'achève dans la nuit. Nous obtenons en fait un poème né d'un instant d'équilibre fécond, (...)
[/citation]
Ce n'est pas pour minimiser l'élément chrétien, bien au contraire! ;o) Mais je trouve que prendre un extrait qui suggérerait justement la période charnière serait mieux.
4/ Dans l"Anglais et le Gallois" (point 4 de Sosryko, mais ses suggestions sont fort bien ;o) ), je me place d'un point de vue "grand public" qui est le mien :o)
J'ai été surprise par un passage, parce qu'il me semble avoir des échos à notre époque dans le débat sur la reconnaissance des langues dites minoritaires, ou plus largement le souci de défendre les langues régionales pour leur riche diversité :
[citation]Les gouvernements (ou les prévoyants serviteurs de l'Etat à partir de Thomas Cromwell) comprennent assez bien la question de la langue quand il s'agit de leurs intérêts. L'uniformisation est naturellement une solution plus habile ; elle est aussi bien plus commode : il est plus facile pour un gouvernement anglais de contrôler un Anglais à cent pour cent. Peu importe ce qu'il était ou ce qu'étaient ses ancêtres. Un tel "Anglais" est un homme ayant pour langue natale l'anglais et qui a perdu toute tradition réelle provenant d'un passé plus ancien et plus indépendant. En effet, bien qu'une différence de langue puisse s'accompagner de traditions culturelles et autres, c'est essentiellement par la langue que celles ci sont maintenues et préservées. La langue est le premier facteur de différenciation des peuples, et non des races, quoi que puisse signifier ce terme fort mal employé dans l'histoire longtemps faite de mélanges de l’Europe occidentale.
Málin eru höfuðeinkenni þjóðanna "Les langues sont les principales marques distinctives des peuples. Aucun peuple en vérité ne prend naissance avant de parler une langue qui lui soit propre. Que périssent les langues et les peuples périssent également ou deviennent des peuples différents.Mais cela ne se produit jamais, sauf comme conséquence de l'oppression ou de la détresse"
Ces propos sont ceux d'un islandais peu connu du début du XIXeme siècle, Tomas Saemundsson. Il avait avant tout à l'esprit, bien sur, le rôle qu'a joué le maintien de la langue islandaise, en dépit de la pauvreté, d'une faible population et de l'absence de pouvoir, dans le maintien en vie des Islandais, en des périodes de détresse. Mais ces propos pourraient s'appliquer également aux Gallois du pays de Gallles, qui ont aussi aimé et cultivé leur langue pour elle même, et non comme prétendante à l'honneur exhorbitant de devenir la langue véhiculaire du monde, et qui par elle et avec elle, préservent leur identité.
[/citation]
Ce sont des propos que ne renieraient pas les personnes qui se consacrent à défendre des langues type occitan, et c'est étonnamment actuel de trouver cela sous la plume de Tolkien. C'est pourquoi, je trouve que cela devrait être cité. Si jamais c'est polémique, ce que j'ignore, autant s'en passer, bien sûr (... mais c'est quand même vachement bien, na! ;o)

