J'en profite pour rééditer avec vigueur ma suggestion, s'il y a une autre édition, d'ajouter un résumé succinct de Beowulf ET de Gauvain et le Chevalier Vert (il se trouve que j'avais lu ce dernier, mais c'était un hasard et ce n'est sans doute pas le cas pour tous les lecteurs).
Tout d'abord, j'avoue avoir été un brin déçu par l'Essai "Des Monstres et des Critiques". Je m'attendais à un travail de la même portée que "Du conte de fée", expliquant la valeur symbolique ou du moins quel sens donner aux monstres dans ce type de récit. En fait, à part quelques paragraphes (que je reprendrai ailleurs) sur le dragon, il n'y avait pas grand chose à manger. C'est un essai qui est presque plus technique que donneur de sens, où Tolkien se perd parfois sur des questions débattues entre spécialistes, mais qui ne nous concernent pas franchement.
J'y ai donc trouvé quelques paragraphes intéressants, mais globalement je pensais trouver mieux.
Ensuite j'ai zappé l'essai sur la traduction de Beowulf, très technique et certainement passionnante pour les connaisseurs de saxon et amateur de poésie métrique anglaise... Je l'ai juste assez parcouru pour apprendre qui est Loki (ce que j'ignorais), et c'est toujours ça de pris :-))
Puis, je me suis délecté de l'essai sur Gauvain et le Chevalier Vert. Tolkien a su raviver en moi le souvenir de ce conte charmant (notamment par ses valeurs chevaleresques et sa courtoisie), et son analyse est assez vaste pour ne pas paraître trop technique. Il fait apparaître ce conte sous un nouveau jour (sans doute, je l'avais mal lu), notamment dans la dialectique qu'il propose, ce combat entre la courtoisie et la vertu, qui en viennent à se trouver en contradiction par la malice des ennemis de Gauvain. Un très bon texte, qui à l'habitude de Tolkien évite l'interprétation allégorique, mais curieusement non pas l'interprétation morale.
J'ai d'ailleurs bien noté une ou deux nouvelles phrases à ajouter à mon moulin sur la façon dont Tolkien percevait l'allégorie.
Mais rien de vraiment prodigieux n'en ressort, ni de vraiment pertinent pour aider notre compréhension de l'oeuvre du professeur.
Sinon un détail quand même. Tolkien dans cet essai semble porter en haute estime l'amour courtois dont Gauvain est le champion, même s'il le subordonne à la vertu religieuse. Pourtant, il me semble avoir lu dans quelques lettres qu'il n'était pas du tout adepte de cet amour courtois. Nous en avions longuement parlé sur ce fuseau...
Je suis au seuil de l'essai "Du conte de Fée". Je ne pense pas le relire une énième fois, mais je me demande ce qui a justifié une nouvelle traduction. Quelles étaient les erreurs si graves de l'ancienne ?
Je ne pense que survoler l'essai sur l'anglais et le gallois (je suis désolé de n'être pas passionné par les langues, c'est pourtant un sujet que je trouve passionnant, mais je n'ai pas assez de notions pour vraiment comprendre ces travaux), puis découvrir ce curieux "Un vice secret".
I'll be back, donc.

