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De la Mère dans le Légendaire
#42
Arf! Je sens qu'on va disgresser, là. Donc, j'écris petit. ;-P Dior.

C'est très vrai Dame Lamberte, et c'est vrai d'ailleurs pour tous les deuils, pertes et gros coups durs. On demande à l'endeuillé(e) de "tenir le coup", de "prendre sur soi", et ce le plus vite possible. Et beaucoup de gens agissent comme Morwen, ils "font semblant", par amour-propre, par défi, ou parce que leur éducation et la pression sociale les forcent à ignorer leur propres sentiments. Mais ceci est du aussi la "la gestion sociale du deuil", qui est outrageusement zappée dans notre culture. Il n'en va pas de même partout ni à toutes les époques, et ... heu ... bon, on va encore s'égarer vers l'anthropo, là. J'arrête. ;-P

Mais je maintiens qu'un personnage de roman n'est PAS un être humain ordinaire, même si son créateur lui donne suffisamment d'humanité et de complexité pour que nous puissions nous y identifier. Ce qui se passe, c'est que le lecteur "remplit les blancs". Le personnage de roman représente un type : la femme forte, même si elle a des moments de faiblesse, qui ne font que mettre en valeur son héroïsme lorsqu'elle les surmonte. Ou la femme-victime, même si elle a des moments de révolte qui la rendent plus sympathique qu'un pauvre paillasson geignard. Ou la femme fragile, même si elle doit surmonter de rudes épreuves, qui ne rendent sa fragilité que plus émouvante. Une vraie femme dans la vie quotidienne n'est pas un "type" (c'est une "nana", ou une "meuf", à la rigueur,non mais! ... Oups! pardon), elle peut être à la fois forte, fragile, victime, bourreau, active ou passive. Ou à différents moments de sa vie ou de la journée. Une femme en deuil peut être apparaître forte un jour, s'effondrer le lendemain matin, et avoir un fou-rire avec des copines le soir même. Pas Morwen. Ou le lecteur la croirait folle. L'auteur ne décrit pas son personnage minute par minute (ça serait d'un ***bîîîîp***) : il nous la montre telle qu'il veut qu'on la voie : aux moment où elle fait preuve des qualités qu'il lui a données. Le lecteur remplit les blancs avec sa propre expérience et ses propres sentiments (d'où les divergences d'interprétation et on en sait quelque chose!) :-D :-D :-D

J'imagine d'ailleurs mal Morwen avoir un fou-rire avec des copines. ;-P

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