Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
de la Malédiction
#1
Je lance ce sujet avant d'oublier que je voulais en parler, parce que la lecture des Monstres et Critiques va me faire lancer quelques autres débats. Pardonnez-moi donc si ma pensée n'est pas encore tout à fait mise en forme sur ce sujet.

Volà, en re-regardant dernièrement un Miyazaki (Le Château Ambulant), après avoir relu deux contes anciens (l'Oiseau Bleu et Peau d'âne), je me suis fait la remarque que les histoires de Miyazaki étaient comme ces anciens contes basées sur une histoire de malédiction.
Puis en poussant le raisonnement encore un peu plus loin, (connaissant de longue date les liens entre les oeuvres de Miyazaki et de Tolkien), je me suis demandé si toutes les grandes histoires n'étaient pas basées finalement non sur la quête, comme on le croit souvent , mais sur la Malédiction !

Et le Seigneur des Anneaux n'échappe pas à cette règle.
On dit souvent que toutes les histoires (aventures ou épopées) sont construites sur le même shéma, avec un héros lancé en quête d'un objet, dont l'aventure prend la forme d'un parcours initiatique, qui redécouvre son père ou ses origines en chemin, qui est guidé un temps par un mentor ou vieux sage, et dont les bonnes actions viennent le sauver du drame final.
Ce qu'on oublie de dire, c'est quel est le moteur de la quête. Ce n'est presque jamais seulement une histoire de gloire ou de richesse. pour qu'il y ait un héros, il faut que cette quête soit nécessaire.
C'est la quête du Graal, la quête du paradis perdu (ou de l'immortalité perdue) des anciens mythes, la quête de ce qui permettra à la malédiction d'être rompue.
Et ce pour quoi le thème de la malédiction me semble meilleur, c'est que même quand il n'y a pas de quête, le thème de la malédiction est toujours là.
Roméo Et Juliette, c'est l'histoire de deux êtres qui veulent briser la malédiction qui pèsent sur leurs familles (elles ne peuvent se rejoindre), le rouge et le Noir, c'est la malédiction d'un jeune homme amoureux d'une femme qu'il ne peut atteinde, Mme Bovary, c'est la malédiction d'une femme qui a cru être trop facilement heureuse...
Et même quand il n'y a pas d'objectif, ce qui nous touche finalement dans une histoire c'est la lutte du héros contre cette malédiction (quelle qu'en soit l'issue) : la malédiction d'un amour impossible, la malédiction d'une princesse (ou d'un prince) réduite à rien (Cendrillon, Sarah Crewe, Ivanhoé), la malédiction d'un rang ou des intrigues d'une cour, la malédiction d'un pouvoir, etc...

Ainsi avec cette nouvelle lecture, le vieux débat qui consiste à savoir si le SdA raconte une quête ou une anti-quête est peut-être résolu par cet autre concept : le SdA raconte comment des héros cherchent à se débarasser d'une malédiction.

Et il devient d'ailleurs très amusant alors de constater que cette malédiction, même vaincue et brisée, laisse nue dernière morsure à Frodon, dont il ne sera jamais tout à fait libéré.
Ce qui rend ce conte si adulte et si grandiose : un drame qui a été déjoué, mais pas complètement.
La malédiction emporte Frodon comme d'autres héros tragiques avant lui.

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)