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Sept étoiles
#5
Je propose - une fois n'est pas coutume - une double éclairage factuel (ce dont je ne suis pas peu fier...) dont le premier me semble nettement fiable et le second à la fois plus créatif et fantaisiste (et néanmoins peut-être juste...).

1/
Il me semble dommage que les Sept Étoiles, dont Soskyro a admirablement montré qu'elles appartiennent à l'emblème d'Elendil et donc des Rois du Gondor, ne soient qu'une sorte de doublet fort pragmatique des Sept Palantíri, via les sept navires qui les transportaient. Or, il me semble, dans l'univers de résonances qu'est le monde de Tolkien, qu'elles renvoient également à quelque chose de plus important, sachant que le chiffre 7 demeure, chez Tolkien comme ailleurs, un chiffre éminemment symbolique :


Tolkien a dit dans Le Silmarillion (p. 45, je traduis vaille que vaille) :

And high in the north as a challenge to Melkor she [i.e. Varda] set the crown of seven mighty stars to swing, Valacirca, the Sickle of the Valar and sign of doom.

Et, haut, au nord, comme un défi à Melkor, elle mit la couronne des sept puissantes étoiles en balancier, Valacirca, la Faucille des Valar et le signe du destin.

2/
Par ailleurs, dans HoMe 3, Christopher Tolkien évoque un autre nom de cette constellation qui n'est autre que La Grande Ourse, et qui reste pour lui une énigme que je me propose de résoudre, au moins de façon fantaisiste :

Christopher Tolkien a dit dans The Lays of Beleriand (p.170) / Les Lais du Beleriand (p. 238, Bourgois) au Commentaire du Chant II du Lai de Leithian (seule la dernière indication entre crochets est de mon fait) :

La "Faucille des Dieux" (Valacirca) est ici "la faucille dans le champ divin", maniée par Bridhil la Reine [des étoiles]. Je ne puis apporter aucun éclaircissement quant au nom Églantier Ardent qui apparait en B (vers 378) ; il réapparait dans la version de 1930 du "Silmarillion" :


Celles-ci [les Sept Étoiles] ont reçu maints noms ; mais autrefois dans le Nord on les appelait l'Églantier Ardent, tant chez les Elfes que les Hommes, et certains disaient la Faucille des Dieux.

Concernant le mythe primitif de la Grande Ourse, voir I. 136, 156 [114, 133 pour l'édition anglaise].


Bridhil est donc un autre nom de Varda à cette époque du Légendaire. La traduction par Églantier Ardent dans le Commentaire traduit par Daniel Lauzon, peut-être contraint pour la cause par la traduction poétique du Lai de Leithian fournie par Elen Riot, ne permet pas la résolution que je propose. Mais l'expression anglaise des HoMe est Burning Briar qui peut aussi bien, bien que plus prosaïquement, être traduite par "Bruyère Brulante" (encore que l'on conserve alors l'allitération tolkienienne). Or la bruyère, pour les amateurs de pipe dont je suis, après l'éminent Professeur, est aussi la plante dont est extraite le meilleur "bois de pipe" (il s'agit en fait du rhizome de la bruyère : cf. ce lien de référence :-)). D'ailleurs, le sens de "briar" pour signifier une "pipe" en bruyère est tout à fait attesté en anglais courant (cf. ce lien).
On peut donc imaginer que la Faucille des Dieux avait aussi, de façon plus comique (qui n'est peut-être pas étrangère à ce stade du développement du Légendaire), et d'un point de vue relativement plus humain ou plus hobbit (par anticipation de quelques années ;-) ), la forme d'une pipe ici évoquée dans sa vivacité brulante, en accord avec le scintillement de la Grande Ourse. What do you think of that ?


Shu.


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